La commune d’Hussein-Dey a vibré, samedi après-midi, au rythme d’une ferveur empreinte de nostalgie, de reconnaissance et de profonde émotion. L’association des anciens joueurs du NAHD a brillamment réussi son pari : réunir toute la grande famille des Sang et Or pour rendre un hommage retentissant, à la hauteur de son immense œuvre, au patriarche absolu de la formation du club, le vénérable Amar Boudissa.
Par Omar Yahiaoui
Le coup d’envoi de cette journée mémorable a été donné au Centre Culturel Aïssa-Messaoudi, transformé pour l’occasion en un véritable temple de la mémoire footballistique. Les travées de l’établissement ont rapidement fait le plein, refusant du monde pour accueillir des figures légendaires, des anciens dirigeants et des supporters de toutes les générations, venus témoigner leur affection à celui qui a consacré sa vie à façonner les blocs de marbre du football national. Le point d’orgue de cette première partie a sans doute été l’intervention surprise, via l’application WhatsApp depuis le Qatar, de la légende mondiale et enfant chéri d’Hussein-Dey, Rabah Madjer. L’ancien crack du FC Porto a tenu à adresser un message vibrant de respect à son ancien mentor, rappelant à quel point l’ADN du NAHD devait tout à la rigueur et à la passion de Boudissa.
Le stade Zioui renoue avec sa légende
La fête s’est ensuite déplacée vers le temple mythique du club, le stade Zioui, enveloppé pour l’occasion d’une ambiance des grands jours. Pour honorer l’homme qui a veillé sur les destinées des catégories jeunes des années soixante jusqu’à la fin des années quatre-vingt-dix, deux matchs de gala d’un niveau exceptionnel ont été programmés entre vétérans. Le premier acte a vu les anciens du NAHD croiser le fer avec leurs voisins de l’ES Leveilley, ravivant de vieux et savoureux derbys de quartier. Le second acte a proposé une affiche de gala royale qui a tenu toutes ses promesses, opposant les légendes du RC Kouba (RCK) à celles du MC Alger (MCA). Sur la pelouse, le poids des ans s’est effacé le temps de quelques roulettes, transversales millimétrées et gestes de classe pure, sous les applaudissements nourris d’un public conquis.
Le formateur des héros de 1982
Dans les tribunes comme sur le terrain, l’unanimité était totale pour saluer le parcours hors-norme de ce grand monsieur. Si l’Algérie a ébloui le monde lors de la Coupe du Monde 1982 en Espagne, elle le doit en grande partie au travail de l’ombre d’Amar Boudissa. C’est lui qui a poli, couvé et propulsé les plus grandes stars des Verts de cette épopée fantastique : Rabah Madjer, ChaâbaneMerzekane, Mahmoud Guendouz, Ali Fergani, pour ne citer qu’eux.
Le parterre de stars présent sur les lieux donnait le tournis. On pouvait croiser au détour d’une accolade des monuments du football national, à l’image de MézianeIghil Ali, Samir Alliche, Ali Bendebka, Samir SiMoussi, Mohamed Idirem, ou encore MahiedinneSafsafi. Tous partageaient la même certitude : sans Boudissa, le NAHD n’aurait jamais décroché son statut historique de «l’école du football algérien».
Les larmes de Boudissa : Un appel vibrant à l’unité
Couvert de cadeaux symboliques et entouré d’une haie d’honneur historique, Amar Boudissa n’a pu retenir son émotion. Submergé par les larmes, le vieil homme a confié que sa plus belle récompense, bien au-delà des trophées et des présents, restait cette image d’une famille du NAHD enfin unie et rassemblée autour de sa personne pour lui dire merci.Fidèle à son image de sage et de guide, le patriarche a profité de ce moment suspendu dans le temps pour lancer un message fort à l’adresse de la nouvelle génération et des forces vives du club. Prenant la parole, il a exhorté tout le monde à dépasser les querelles, à continuer sur la voie de l’union sacrée et à multiplier ce genre d’initiatives afin d’accompagner le NAHD vers un avenir plus radieux.
O. Y.
