Le week-end a été particulièrement intense du côté d’Hussein-Dey. Alors que l’avenir du Nasria semblait s’écrire en pointillés, une réunion qualifiée de «décisive» s’est tenue pour sceller le sort du club et enclencher la préparation de la nouvelle saison. Si le rendez-vous a tenu ses promesses sur le plan financier, il a également été marqué par des absences notables qui font jaser dans l’entourage du club.
Omar Yahiaoui
Le NAHD est à la croisée des chemins. Pour débloquer une situation administrative et financière étouffante, les forces vives-et potentielles futures têtes pensantes- du club s’étaient données rendez-vous ce week-end. L’objectif était clair : tracer une feuille de route immédiate pour entamer le recrutement et l’organisation de la saison à venir.
Ighil et le maire d’Hussein-Dey aux abonnés absents
Les négociations devaient initialement réunir un tour de table prestigieux et influent : l’ancien président du conseil d’administration de l’USM Alger, AthmaneSahbane, le P/APC (maire) d’Hussein-Dey, Adel Benyahia, le maire de Leveilley, Ali Djenki, l’ancien président du Nasria, Abdeslam Zemmouri, ainsi que Meziane Ighil, candidat pressenti à la présidence.
Pourtant, au moment de s’asseoir, le compte n’y était pas. Si AthmaneSahbane, Abdeslam Zemmouri et Ali Djenki étaient bien fidèles au rendez-vous, Meziane Ighil et le président de l’APC d’Hussein Dey,Adel Benyahia, ont brillé par leur absence. Les deux hommes n’ont pas daigné répondre aux nombreux appels téléphoniques des présents. Un faux bond qui a jeté un froid, mais qui n’a pas démonté pour autant le reste du groupe. La réunion s’est tenue et les présents ont décidé de passer aux choses sérieuses en établissant une première feuille de route concrète.
Un trésor de guerre de 22 milliards de centimes se dessine
La grande et bonne nouvelle de ce rassemblement réside dans les garanties financières apportées, principalement par AthmaneSahbane. L’ex-dirigeant usmiste n’est pas venu les mains vides, il a officiellement promis de ramener trois investisseurs d’envergure, prêts à injecter immédiatement 15 milliards de centimes pour lancer la saison.
Une bouffée d’oxygène inespérée pour le NAHD, qui voit ainsi son horizon s’éclaircir. Mais ce n’est pas tout. En additionnant les différentes promesses de subventions et de partenariats, le budget de départ s’annonce des plus confortables, avec 15 milliards apportés par les investisseurs de Sahbane, 5 milliards promis par l’APC d’Hussein-Dey (via son maire Benyahia, malgré son absence), 1 milliard de centimes de la part du sponsor, la Sonelgaz, 1 milliard de centimes octroyé par un opérateur pharmaceutique. Au total, c’est un pactole de 22 milliards de centimes qui est sur le point d’être mobilisé. De quoi permettre au Nasria de débuter le championnat de Ligue 2 dans d’excellentes conditions, de régler les affaires courantes et d’attaquer le marché des transferts avec de réels arguments.
UneAGEx fixée à ce dimanche ou rien !
Cependant, tout cet échafaudage financier ne tient qu’à un fil, ou plutôt à une date. AthmaneSahbane s’est montré catégorique et inflexible, il exige des garanties juridiques et structurelles avant de concrétiser ses promesses.
«Si l’Assemblée générale extraordinaire (AGEx) du club ne se tient pas d’ici ce dimanche, je ne pourrais pas m’engager et je me retirerais définitivement du projet», a-t-il fermement prévenu.
Cet ultimatum place désormais la balle de manière exclusive dans le camp du président démissionnaire, Yacine Hanied. Ce dernier se retrouve au pied du mur et doit impérativement s’activer pour convoquer et formaliser cette AGEx cruciale avant la fin du week-end. Le calcul est simple : si Hanied fait le nécessaire, le NAHD bascule dans une nouvelle ère de stabilité financière. S’il tergiverse, le projet Sahbane s’effondrera, replongeant le club des Sang et Or dans le doute et l’austérité. Le compte à rebours est lancé.
Mais si Hanied…
Dans ce scénario qui montre que Hussein Dey est dans le meilleur des mondes, il y a quand un même un facteur X. Celui-ci est représenté par l’actuel président du CSA, Yacine Hanied. Le président du Nasria refuse d’organiser une Assemblée générale extraordinaire. Il ne le dit pas clairement, mais dans les faits, il le montre sans trembler.
Président sans agrément, il n’est pas reconnu par la DRAG, il avait annoncé sa démission, il y a plus d’un mois. Mais à côté de tout cela, le monsieur reste en poste et refuse toute idée d’organiser une AGEx. Hanied cache son jeu mieux que quiconque. Il ne dit pas refuser cette AG, mais dès qu’on évoque le sujet avec lui il parle de dettes qu’il doit, lui et les membres de son bureau, récupérer.
Une dette colossale.
Le chiffre donne le tournis, Hanied et les membres de son bureau parlent de 18 milliards de centimes qu’ils ont dépensés et qu’ils doivent récupérer faute de quoi, ils refuseraient de partir.L’opinion sportive à Hussein Dey et certains observateurs du football national ont du mal à comprendre la «grosseur» de cette dette. D’aucuns estiment que les chiffres sont grossièrement gonflés. Ceux qui parlent ainsi en veulent pour preuve le fait que cette dette est l’apport personnel des membres du Bureau exécutif du CSA, or ceux-ci sont connus pour ne pas être de grosses fortunes, ni de grands industriels ou autre investisseur, ni de grands commerçants.
Et puis, il faut savoir que le personnel administratif et les membres des différents staffs du club, n’ont pas touché le moindre centime de toute l’année. Cela sans parler de certains joueurs qui n’ont pas perçu la totalité de leur dû.
Alors la question que tout le monde se pose est : où et quand ont été dépensés ces 18 milliards ?
O. Y.
