Le RCK a assumé son rôle d’arbitre face au SKAF et a respecté l’éthique sportive en s’imposant 3 à 0 dans un duel maitrisé de bout en bout par les camarades de Boubakour.
Par Youcef Mimoune
Un succès qui consolide aussi le statut de dauphin pour le Raed. Dans un match déterminant pour l’issue de la saison, le RCK a brillamment rempli son rôle d’arbitre du championnat en s’imposant avec autorité face au SKAF grâce à Boubakour, Kermiche et Zouari. Cette rencontre, bien plus qu’un simple affrontement sportif, incarnait un enjeu éthique pour les Koubéens. Dès les premières minutes, le RCK a imposé un rythme soutenu, traduisant une volonté claire de jouer le jeu jusqu’au bout, sans céder à la tentation d’un calcul partisan. Face à un SKAF très fragile, fébrile et en quête de points pour éviter la relégation, le Raed aurait pu, à l’image d’autres équipes dans des circonstances similaires, se contenter d’un match sans relief et marquer ainsi un précieux point sur le calepin de son adversaire du jour. Il n’en fut rien. Les coéquipiers du capitaine Bouchina ont livré une prestation sérieuse et engagée, marquant à trois reprises, tout en maîtrisant le jeu défensivement. Une victoire nette qui dissipe tout soupçon et honore la vocation sportive du club. Désormais, la seconde place symbolique est à portée de main et les Vert et Blanc n’ont qu’à gagner leur ultime match de la saison pour s’assurer de terminer dauphin pour la deuxième saison d’affilée…
Tirer les leçons de l’échec
Le RCK, malgré une saison globalement maîtrisée, voit une nouvelle fois son rêve d’accession s’éloigner. Pour la deuxième année consécutive, le club échoue aux portes de l’élite, frustrant à la fois ses ambitions sportives et les attentes légitimes de ses supporters. Un constat amer, mais qui doit servir de point de départ à une réflexion profonde et à une remise en question constructive. Sur le plan purement sportif, le Raed a montré des qualités indéniables : une stabilité dans le jeu, une défense globalement solide et une capacité à tenir tête au leader incontestable du championnat. Mais ces atouts n’ont pas suffi. Des points cruciaux ont été laissés en route lors de matchs décisifs, souvent contre des adversaires bien lotis et surtout lors de rencontres à l’extérieur, révélant un manque de régularité dans les moments clés. Plus qu’une question de performance, c’est une problématique de gestion de la pression et de profondeur d’effectif qui semble se poser. Le groupe, bien que valeureux, a parfois manqué de fraîcheur mentale ou physique à des instants critiques. De même, certaines décisions tactiques et choix de joueurs ainsi que des erreurs de concentration ont coûté cher. En somme, la responsabilité demeure collective et chaque partie doit assumer pleinement ses responsabilités…
Penser à la saison prochaine
Pour avancer, il est essentiel que le club adopte une nouvelle posture et fasse l’impasse sur les erreurs de gestion des deux dernières saisons. L’échec peut devenir un puissant levier de progression s’il est analysé avec lucidité. Cela passe par une évaluation objective de la saison : qu’est-ce qui a fonctionné ? Qu’est-ce qui a fait défaut ? Et surtout, quels ajustements doivent être opérés à court et moyen termes ? La direction koubéenne doit ouvrir un nouveau chantier en renforçant l’effectif avec des joueurs d’expérience capables de gérer la pression et capitaliser sur les jeunes talents en formation mais surtout ramener un staff qui maitrise son boulot mais aussi la communication. Il faudra également maintenir l’adhésion des supporters autour du club, en gardant un discours de vérité et d’engagement vis-à-vis des fans. Le RCK dispose d’un vivier, d’une histoire et d’une base fidèle et ne manque pas de potentiel. Mais pour transformer l’espoir en réussite concrète, le club devra franchir un cap en matière de rigueur, de gestion et d’ambition structurée. L’accession n’est pas une fin en soi, elle est le résultat d’un projet cohérent, pensé sur la durée. C’est à cette condition que le RCK pourra, dès la saison prochaine, briser ce plafond de verre et retrouver sa place parmi l’élite
Y. M.
