Longtemps resté dans l’ombre alors que la crise secouait le NA Hussein Dey, le portier Mohamed Amine Yacoubi a finalement décidé de vider son sac. Entre accusations graves, déstabilisation programmée et fin de saison en fiasco, le gardien de but revient sur les dessous d’une rupture brutale avec la direction de Yacine Hanied. Un témoignage sans concession.
Entretien réalisé par Omar Yahiaoui
Comme la plupart de vos coéquipiers, vous avez décidé de boycotter les derniers entraînements et les matchs de fin de saison. Etait-ce uniquement par solidarité financière ?
En réalité, mon cas est un peu différent de celui des autres. Bien sûr, la question des impayés est un droit légitime, mais ce n’est pas seulement l’argent qui m’a poussé à me retirer de l’équipe. Ma situation est plus profonde, elle touche à l’humain.
Qu’est-ce qui a provoqué cette rupture alors ?
C’est une question de dignité. J’ai enduré des choses inacceptables. Figurez-vous qu’on m’a accusé directement d’avoir «arrangé» des matchs, notamment celui contre le RC Kouba ! C’est une insulte à ma carrière et à mon éducation. Tous ceux qui me connaissent savent que je ne pourrais jamais faire une chose pareille. Je me suis donné à cent pour cent pour ce club toute la saison, j’ai fait tout mon possible pour atteindre les objectifs sportifs, et au final, on tente de salir mon nom. C’est écœurant.
Vous êtes donc entré en conflit direct avec le président Yacine Hanied ?
Absolument. C’est une situation que je n’avais jamais vécue auparavant. Partout où je suis passé, j’ai toujours été exemplaire et je me suis donné à fond. Je n’ai jamais eu le moindre problème de ce genre, mais au NAHD, les choses ont pris une tournure très malsaine.
Pensez-vous que cette situation était préméditée par la direction ?
J’en suis convaincu. Dès l’entame de la saison, j’ai senti que quelque chose ne tournait pas rond. Ils ont recruté le gardien Sofiane Khedaïria uniquement pour me déstabiliser. Dans leur esprit, c’est lui qui devait être le titulaire indiscutable. Mais j’ai déjoué tous les pronostics en travaillant d’arrache-pied. J’ai prouvé sur le terrain que j’étais le plus apte à jouer, ce qui semble avoir dérangé certains plans.
Est-ce la raison pour laquelle on ne vous a plus revu dans les cages lors des dernières journées ?
En fin de saison, ma décision était prise : je devais me retirer. J’ai préféré laisser la place au jeune Hadj Sadek et au gardien des juniors. Sincèrement, je n’avais plus la tête au football. Quand on vous attaque sur votre intégrité, il devient impossible de se concentrer sur le terrain.
Regrettez-vous aujourd’hui d’avoir porté les couleurs du Nasria ?
Ce n’est pas que je regrette le club, car le NAHD reste un grand nom, mais je ne m’attendais pas à ce qu’on me cherche des noises de la sorte. J’ai toujours laissé une image propre derrière moi. J’ai joué au MC Alger, un club avec une pression immense, et je n’ai jamais vécu ce que j’ai subi ici. C’est désolant de voir un club comme le NAHD géré de cette manière.
Comment envisagez-vous l’avenir désormais ? Avez-vous déjà des pistes pour la saison prochaine ?
Pour l’instant, je prends le temps de souffler. J’ai deux contacts concrets avec des clubs de Ligue 2 qui ont l’ambition de jouer l’accession. Je ne veux pas révéler leurs noms pour le moment, mais je trancherai prochainement. L’essentiel pour moi est de retrouver un projet sportif où le respect et l’honnêteté sont les bases du travail.
O. Y.
