25 mai 2026

Zouaoui, l’illustration d’un plan de formation en échec 

Alors que le rideau est tombé sur la saison 2024-2025 de la Division 2 amateur, un nom s’impose dans les bilans de fin d’exercice du RCK : celui de Zouaoui Abdelilah, jeune attaquant de l’équipe réserve, meilleur buteur de la catégorie avec 19 réalisations, sans compter un autre but inscrit avec les seniors en coupe d’Algérie face à Khemis Khechna. Pourtant, malgré ses statistiques impressionnantes, Zouaoui n’a jamais bénéficié d’une réelle opportunité en équipe première. Une situation paradoxale, surtout lorsque l’on connaît la réputation de l’entraîneur Boualem Charef, considéré comme un promoteur des jeunes talents. Ce constat amer met en lumière l’échec du plan de formation de la direction du Raed, qui, en misant sur l’accession, a fini par sacrifier ses jeunes, avant même que le rêve de montée ne s’évanouisse définitivement, plusieurs journées avant la fin du championnat.

Des chiffres qui plaident en sa faveur

Avec 19 buts inscrits dans le championnat réserve, Zouaoui s’est hissé au sommet du classement des buteurs. Mieux encore, il a su briller à chacune de ses apparitions, se montrant régulier. Son style de jeu allie vivacité, sens du placement et une bonne finition, rare à ce niveau. Lors du match de coupe d’Algérie contre Khemis Khechna, son entrée en cours de jeu avec l’équipe première s’est soldée par un but, preuve que le niveau supérieur ne lui fait pas peur. Ce match devait être une rampe de lancement, une reconnaissance de son potentiel et un appel à plus de confiance. Il n’en fut rien. Zouaoui n’a plus jamais été convoqué avec les seniors. Un cas symptomatique d’une gestion incohérente de la jeunesse koubéenne, cette saison.

Le paradoxe Charef 

Quand le coach Boualem Charef a été nommé à la barre technique du RCK, nombreux étaient ceux qui se félicitaient de ce choix. L’homme a bâti sa carrière sur sa capacité à lancer des jeunes joueurs, à leur faire confiance et à construire des effectifs compétitifs à partir de la classe-biberon. Cette signature semblait donc en phase avec la stratégie de la direction, qui prônait depuis deux saisons une politique centrée sur la formation et l’éclosion de talents du club. Mais dans les faits, la promesse ne s’est jamais matérialisée. Zouaoui, pourtant flamboyant en réserve, n’a pas eu droit à la moindre minute en championnat, alors même que le compartiment offensif des seniors a souvent péché par manque de tranchant. La gestion du jeune buteur ne fut pas un cas isolé : d’autres espoirs du club ont été relégués au second plan, parfois même écartés sans explication. Ce décalage entre le discours et la réalité pose question. Pourquoi Charef, pourtant connu pour donner leur chance aux jeunes, a-t-il tourné le dos à ses principes cette saison ? Était-ce la pression du résultat ou des consignes venues d’en haut ou tout simplement un manque de conviction dans la génération actuelle ? Des questions qui restent suspendues…

La direction du RCK pointée du doigt

Au début de la saison, la direction du RCK n’avait pas manqué de communiquer sur son projet : capitaliser sur la formation et valoriser l’école du Raed. Une ligne stratégique ambitieuse, dans l’air du temps, et qui faisait sens pour un club aussi réputé que Kouba. Mais très vite, la pression de l’accession a pris le pas sur toutes les autres considérations. L’équipe-type s’est figée autour des mêmes éléments qui n’ont pourtant pas apporté un plus. Les jeunes, eux, ont été cantonnés aux matches de la réserve, sans intégration progressive ni suivi individualisé. Lorsque l’objectif de l’accession a été mathématiquement hors de portée, à plusieurs journées de la fin, on aurait pu s’attendre à un changement de cap et à l’intégration des jeunes dans le onze de départ. Mais rien de tout cela n’a eu lieu. L’encadrement est resté sur ses positions, comme si la saison n’avait plus d’autre enjeu que de se finir dans le silence.

Il est encore temps de rectifier le tir !

Qu’on le veuille ou pas, Zouaoui est le meilleur buteur de toute une division. Le voir terminer une saison brillante sans récompense et sans promotion est le signe d’un dysfonctionnement profond. L’impact psychologique est considérable. Pour un jeune joueur, ne pas être reconnu malgré ses performances, c’est subir une forme d’injustice qui peut briser une carrière. Le cas Zouaoui illustre l’échec d’un plan de formation. Combien de jeunes comme lui, talentueux et motivés, travaillent dur chaque semaine dans l’ombre sans voir leurs efforts récompensés ? Combien se découragent, envisagent de quitter le club ou même de mettre un terme prématuré à leur carrière ? Ce papier n’est pas un réquisitoire, mais un signal d’alarme. Il est encore temps de corriger le tir. Encore temps de bâtir un vrai projet pour la jeunesse. Encore temps de faire du RCK un club formateur digne de ce nom…

Youcef Mimoune

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