26 mai 2026

L’attaque toujours en panne

Face au MCS, le RCK a encore laissé filer une victoire à domicile malgré des choix offensifs assumés. Avec un trio d’attaque inédit, le Raed s’est procuré des occasions franches sans jamais trouver le chemin des filets, confirmant une inefficacité persistante qui commence à peser lourd.

Par Mehdi Allel

Pourtant, sur le papier, Benhaddad avait misé sur l’audace. Kermiche, Ghazali et Deffar ont été lancés d’entrée avec la mission claire de débloquer une attaque en manque de réussite depuis plusieurs journées. L’intention était visible, la volonté également, mais la traduction sur le terrain est restée insuffisante. Le RCK a eu le ballon, s’est installé dans le camp adverse et a réussi à se créer des situations intéressantes, sans parvenir à les exploiter. Le problème ne réside pas uniquement dans le volume d’occasions, mais surtout dans leur gestion. Dans le dernier tiers, les décisions ont souvent manqué de justesse. Centres mal ajustés, frappes précipitées, passes mal choisies dans la surface, autant de détails qui ont empêché le Raed de concrétiser sa domination. L’attaque donne l’impression de forcer son football, comme si la pression du résultat à domicile pesait sur chaque prise de décision. En seconde période, le staff a tenté de provoquer un électrochoc. L’entrée de Lehbiri devait apporter plus de tranchant et de présence dans la surface. Mais l’attaquant a manqué une occasion immanquable, symbole cruel d’un manque de lucidité qui touche l’ensemble du secteur offensif. Bougoursa a également été lancé, sans que cela change réellement la physionomie du match. Les intentions étaient là, mais l’efficacité a encore fait défaut. Ce manque de réussite commence à devenir un sujet récurrent. Match après match, les attaquants du RCK peinent à faire la différence, même lorsque les conditions semblent favorables. La confiance semble fragile, et chaque occasion ratée renforce un peu plus le doute. À domicile, où l’équipe est censée imposer son rythme et sa loi, cette inefficacité devient un frein majeur. Il serait toutefois réducteur de pointer un seul joueur ou un seul match. L’attaque du RCK traverse une période compliquée où les automatismes tardent à se mettre en place et où la sérénité fait défaut dans les moments décisifs. Tant que cette spirale ne sera pas brisée, le Raed continuera de laisser des points précieux en route. Le RCK ne manque ni d’envie ni de présence offensive, mais l’essentiel fait toujours défaut. À force de multiplier les occasions sans les concrétiser, l’attaque s’enferme dans un cercle de frustration. Une réaction est attendue rapidement, sous peine de voir cette panne offensive s’installer durablement.

Le Raed piégé par les blocs bas

Ce match contre le Mouloudia de Saida a mis en lumière un problème récurrent dans le jeu du RCK. Lorsque l’adversaire choisit de défendre bas et de fermer les espaces, le Raed peine à imposer son rythme et à créer de véritables décalages. La circulation du ballon reste souvent horizontale, sans accélération suffisante pour désorganiser la ligne défensive adverse. Les transmissions manquent de surprise et permettent aux blocs regroupés de se replacer sans difficulté. Dans l’entrejeu, le manque de jeu entre les lignes se fait ressentir. Les milieux ont du mal à se projeter ou à casser les lignes balle au pied, ce qui réduit considérablement les options pour les attaquants. Le ballon arrive souvent sur les côtés, mais les centres se révèlent prévisibles et rarement dangereux. Sans appels croisés ni dédoublements efficaces, la défense adverse reste en contrôle. Le problème ne concerne donc pas uniquement l’attaque. Les défenseurs et les milieux participent également à cette construction stérile, marquée par un manque de verticalité et de prise de risque. Le jeu manque de tempo et d’intensité, deux éléments essentiels pour bousculer une équipe qui évolue en bloc bas. À force de jouer devant un adversaire bien regroupé, le RCK finit par s’exposer à des pertes de balle et à des transitions mal maîtrisées. À domicile, cette difficulté devient encore plus visible. Le Raed est souvent attendu, contraint de faire le jeu, sans toujours disposer des armes nécessaires pour le faire efficacement. L’adversaire, lui, se contente de défendre et d’exploiter les erreurs, ce qui installe un climat de frustration dans les rangs du RCK. Plus les minutes passent, plus la précipitation s’installe, au détriment de la lucidité. Ce constat pose la question des ajustements nécessaires. Varier les schémas, accélérer la circulation, multiplier les mouvements sans ballon et proposer davantage de solutions entre les lignes apparaissent comme des pistes incontournables. Sans ces évolutions, le Raed continuera à rencontrer les mêmes obstacles face aux équipes qui choisissent de fermer le jeu. Le RCK dispose du ballon, mais pas toujours des idées pour en faire un véritable outil de domination. Tant que le jeu collectif ne gagnera pas en créativité et en verticalité, les blocs bas resteront un piège récurrent. Un défi majeur attend le Raed s’il veut retrouver de la constance à domicile.

M. A.

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