Longtemps resté dans l’ombre, boudé par les différents staffs techniques qui se sont succédé à la barre technique du NAHD, cette saison, le jeune attaquant Anis Oughidni a enfin eu sa chance. Titularisé lors du déplacement périlleux à Béchar face à l’USBD, il ne s’est pas contenté de figurer sur la feuille de match : il a été l’un des grands artisans de la victoire en inscrivant un but plein de sang-froid. Pour sa première apparition dans le onze de départ, l’enfant du club prouve qu’il est une alternative sérieuse pour l’avenir des Sang et Or.
Vous avez joué votre premier match avec les seniors et vous avez été immédiatement décisif en marquant face à l’US Béchar Djedid. Un scénario de rêve, non ?
C’est un sentiment indescriptible. Attendre toute une saison pour avoir sa chance et réussir à la saisir de cette manière, c’est une immense satisfaction. J’ai travaillé dur dans l’ombre, sans jamais baisser les bras malgré le manque de temps de jeu. Marquer pour mon premier match en tant que titulaire et aider l’équipe à ramener les trois points de Béchar est la meilleure réponse que je pouvais donner sur le terrain.
Quel a été votre ressenti au moment d’apprendre votre titularisation, dans ce contexte particulier marqué par le boycott des cadres ?
Le coach Aziz Abbas m’a parlé et m’a fait comprendre que c’était le moment de montrer ce que je valais. Forcément, il y a une petite pression car le NAHD est un club historique, mais l’envie de jouer a pris le dessus. Malgré l’absence des joueurs cadres, je me sentais prêt physiquement et mentalement. Je connais mes qualités et je savais que si on me faisait confiance, je pouvais apporter un plus au compartiment offensif.
Justement, quel est votre avis sur ce boycott de vos coéquipiers seniors qui réclament leurs arriérés de salaire ?
C’est une situation délicate qui concerne les joueurs et la direction. En tant que jeune joueur qui débute, mon rôle est de rester concentré sur le terrain et de répondre présent quand on fait appel à moi. Ce sont mes coéquipiers, je respecte tout le monde, mais je préfère ne pas m’étaler sur ce sujet administratif.
Le staff a dû intégrer de nombreux joueurs de l’équipe U20 pour parer à l’urgence. Comment avez-vous trouvé leur rendement, vous qui vivez aussi votre première saison en seniors ?
J’ai été agréablement surpris par leur maturité. Jouer à Béchar n’est jamais facile, encore moins pour des jeunes qui découvrent le haut niveau. Ils ont joué avec beaucoup de cœur et de solidarité. Le fait que je sois moi-même dans ma première année chez les seniors m’a permis de les encourager, car nous sommes dans la même dynamique de progression. Le réservoir du NAHD est riche, et ce match l’a prouvé.
Comment jugez-vous cette victoire à l’extérieur, sachant que le club n’a plus d’objectif majeur en cette fin de saison, avec un maintien déjà assuré ?
Une victoire reste une victoire, surtout pour le prestige du club. Même si nous ne jouons plus l’accession, nous portons un maillot lourd de sens. Chaque match est une opportunité de progresser et de terminer la saison sur une bonne note pour honorer nos supporters. Gagner à l’extérieur, dans des conditions de voyage difficiles, montre que ce groupe a du caractère.
Pour finir, comment voyez-vous l’avenir du NAHD ?
Le club traverse une période de transition, mais le potentiel est là. On voit que les jeunes sont capables de relever le défi. Si le club arrive à stabiliser sa situation et à faire confiance à ses enfants, je suis convaincu que le NAHD retrouvera la place qu’il mérite dans l’élite du football algérien. De mon côté, j’espère que cette performance n’est que le début d’une longue série.
Entretien réalisé parO.Y.
