25 mai 2026

La démission de Hanied est-elle une autre manœuvre ?

Le NA Hussein-Dey traverse l’une des zones de turbulences administratives les plus complexes de son histoire récente. Alors que le flou sportif est loin d’être levé après une saison éprouvante, c’est désormais dans les coulisses que se joue l’avenir des Sang et Or. Jeudi dernier, lors d’une conférence de presse très attendue, le président du club amateur (CSA), Yacine Hanied, a réitéré de manière ferme sa décision de démissionner de son poste. Une annonce qui sonne comme une confirmation, puisque le dirigeant avait déjà exprimé son souhait de passer la main lors de la dernière Assemblée générale ordinaire (AGO). Cependant, au-delà de ce départ annoncé, ce sont les conditions posées et les révélations financières qui suscitent aujourd’hui de profondes interrogations au sein de la famille du Nasria.

Vers un blocage de Meziane Ighil ?

La principale nouveauté de cette sortie médiatique réside dans l’appel lancé par Hanied. Ce dernier s’est dit «prêt à aider tout éventuel candidat à la reprise du club». Mais le diable se cache dans les détails, et la condition sine qua non posée par le président sortant interpelle : le prétendant doit se manifester impérativement avant la tenue de l’Assemblée générale extraordinaire (AGEX). L’objectif affiché ? Permettre à la direction actuelle d’intégrer ce candidat de l’extérieur en tant que « membre d’honneur », afin de lui ouvrir légalement les portes de l’éligibilité.

Cette manœuvre, qualifiée par certains de calcul politique, soulève une question brûlante : cherche-t-on à barrer la route à un retour de l’ancien président, Meziane Ighil ? Figure emblématique du club, Ighil est membre de facto de l’Assemblée générale. Contrairement à un investisseur externe, il n’a nullement besoin de ce statut de « membre d’honneur » pour postuler à la présidence. Pour de nombreux observateurs de la scène husseindéenne, privilégier une candidature extérieure et baliser le terrain de la sorte ressemble fort à une tentative de court-circuiter l’ancien coach national, en espérant voir émerger un repreneur plus malléable ou plus enclin à négocier les affaires courantes de la transition.

Le grand déballage financier : Le pactole des 11 milliards

L’autre point nodal de la conférence de presse, et sans doute le plus polémique, concerne le volet financier. Le bureau sortant s’attend clairement à négocier avec le futur président le remboursement des dettes cumulées. Bien que Hanied ait tenté de désamorcer les tensions en affirmant qu’il «ne ferait pas de forcing» et que le futur élu aurait «toute la liberté de rembourser selon sa convenance», les chiffres avancés ont jeté un froid glacial parmi les amoureux du club.

Le passif financier du club s’élève à un total vertigineux de 11 milliards de centimes, réparti comme suit :4 milliards de centimes dus à l’ancien dirigeant Bouderouaya, 5 milliards de centimes injectés par Yacine Hanied lui-même, 2 milliards de centimes de créances au nom de Tata.

Subventions publiques vs caisses vides, le paradoxe !

Ce montant astronomique de 11 milliards de centimes de dettes personnelles soulève une vive polémique et pousse les supporters ainsi que certains membres de l’AG à se poser de sérieuses questions sur la gestion financière globale du CSA. Comment le club a-t-il pu accumuler un tel déficit alors qu’il a bénéficié, tout au long de l’exercice, de subventions étatiques non négligeables de la part de l’APC d’Hussein-Dey, sans oublier les apports financiers de certains sponsors ?

Le paradoxe est d’autant plus saisissant et douloureux que cette manne financière n’a visiblement pas profité aux principaux acteurs du club. Sur le terrain, le constat est alarmant : les joueurs de l’équipe première de football attendent toujours la régularisation de plusieurs mois de salaire, tandis que les athlètes des autres disciplines (qui font pourtant la renommée omnisports du NAHD) se plaignent, eux aussi, d’un gel total de leurs indemnités.

Où est donc passé l’argent des subventions et des sponsors si les dettes privées explosent et que les salariés du club ne sont pas payés ? C’est à cette équation à plusieurs inconnues que devra faire face la prochaine AGEX.  

 O.Y.

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