Avec une carrière qui semble sur une courbe sérieusement descendante, on aurait pu penser que, comme certains binationaux qui se montrent tout d’un coup plus enclins à représenter l’Algérie quand l’équipe de France devient inaccessible, Yacine Adli changerait de discours. Cependant, le milieu de terrain d’Al Shabab FC (Arabie saoudite), a campé sur sa position initiale : il n’a pas – pour sa part – l’intention de représenter les Verts.
Par Mohamed Touileb
Quelque part, Adli sait que sa sortie de mars dernier lorsqu’il était avec la Fiorentina en Serie A le suivra à jamais. Dans une interview accordée à La Gazetta dello Sport il avait déclaré : «Je suis supporteur de l’Algérie, mais en tant que joueur j’ai choisi la France. J’ai choisi la France pour le haut niveau». En outre, il avait reconnu avoir «parlé avec Djamel Belmadi, les choses allaient dans le bon sens, il m’appréciait beaucoup, mais la situation s’est compliquée après son départ».
Indésirable à l’AC Milan et loin de l’équipe de France
Adli venait donc de balayer l’éventualité de représenter El-Khadra même s’il a montré un certain attachement émotionnel pour son pays d’origine tout en ayant le mérite d’être clair : pour le sportif, il est tourné vers les Bleus. Quelques mois après, l’ancien pensionnaire du Paris Saint-Germain et des Girondins de Bordeaux se retrouve dans une situation sportive «précaire». De l’Europe il a dû se rabattre sur le championnat saoudien où il a décidé de rejoindre Al Shabab FC.
Au début, il semblait convaincu de pouvoir s’imposer à l’AC Milan sous les ordres de Massimiliano Allegri. Adli avait même pris le risque de demander à la Fiorentina de ne pas lever l’option d’achat en pensant qu’il aurait sa chance avec le nouveau coach des Rossoneri. Cependant, le technicien italien l’a tout simplement blackboulé lui signifiant qu’il n’envisage absolument pas de compter sur lui alors qu’Adli avait espéré – jusqu’au derniers instants du mercato – pouvoir voir la tendance s’inverser même s’il avait vu que l’expérimenté Luka Modric, Ballon d’Or 2019, était venu renforcer l’entrejeu des Lombards.
La FAF ne l’a absolument pas relancé
Compte tenu de la trajectoire, on peut penser que la dégringolade a commencé pour Adli qui s’éloigne sensiblement du haut niveau. Assez pour le faire revenir sur ses propos ? Absolument pas. Vendredi, dans une entrevue parue sur L’Equipe, le Franco-Algérien a réaffirmé son choix : «J’avais annoncé mon objectif de jouer pour l’équipe de France. À partir du moment où j’ai pris cette décision, je ne reviens pas dessus, c’est clair. Peu importe que je joue en Arabie saoudite ou en Europe. Pour moi, il n’y a rien qui change et c’est par pur respect pour l’Algérie».
Après, à 25 ans, rien ne dit que les choses ne changeront pas à l’avenir car Adli insiste sur le «pour moi» et qu’il ne peut pas revenir sur sa position par respect pour l’Algérie. Ces derniers jours, des rumeurs ont évoqué un intérêt de la Fédération algérienne de football (FAF) pour son profil. Cependant, on est en mesure d’affirmer que l’actuelle équipe dirigeante de l’instance fédérale n’a aucunement approché le concerné et n’envisage pas de le faire. Surtout que le risque de rejet est plus important chez les supporters que celui chez le footballeur.
M.T.
