

N’ayant disputé que trois des derniers matchs de l’équipe nationale, Rayan Aït-Nouri voit sa place de titulaire en sélection menacée. La forme de Jaouen Hadjam peut inciter Vladimir Petkovic à revoir sa hiérarchie pour le poste du latéral gauche. Et les deux rencontres de mars contre le Botswana et le Mozambique devraient donner plus d’indications sur la tendance de choix en sélection.
Par Mohamed Touileb
Sur le talent, Aït-Nouri part avec un avantage net sur les volets techniques mais aussi physiques. Cela se voit chaque week-end avec son club Wolverhampton Wanderers. Pour l’instant, l’ancien pensionnaire d’Angers SCO a fait 30 apparitions pour 4 buts et 5 passes décisives dans toutes les épreuves. On parle d’un latéral moderne qui est très porté vers l’avant avec une faiblesse qu’on pourrait relever : il n’est pas vraiment un très bon défenseur, chose qu’on demande en priorité pour un latéral.
Esthétisme vs robustesse
On est plus dans un profil de piston gauche qui devient quasiment ailier sur les transitions offensives. Si c’est clairement le profil que requiert le football moderne en Europe, en Afrique, cela n’est pas franchement un gage de solidité car le football de notre continent demande plus l’impact défensif que celui offensif. D’où la nécessité de recourir à des latéraux qui sont plus dans l’athlétique que l’aspect esthétique.
Et il se trouve que Jaouen Hadjam, son concurrent au poste à El-Khadra, présente plus de certitudes dans ce registre, comme on a pu le voir récemment où avec son équipe les Young Boys de Berne (Suisse). Loin d’être aussi spectaculaire qu’Aït-Nouri, notamment pour ce qui est de l’art du dribble et l’aisance avec la balle, l’ex-sociétaire du FC Nantes est un joueur de devoir qui sait faire le dos rond dans toutes les situations. Même quand ça va mal sur le plan psychologique. En effet, on a pu voir comment il est sorti du creux de la vague après l’averse du côté des Canaris et le « RamadanGate » qui lui a valu d’être poussé vers la sortie.
Aït-Nouri devra passer un palier
Une année plus tard, il s’est retrouvé dans le onze de Petkovic assumant complètement le rôle qui lui a été confié de remplacer Aït-Nouri blessé. Cela a été permis par sa capacité à s’imposer chez les Bernois où il enchaîne les matchs (35 apparitions cette saison pour 1 but et 1 passe décisive). Il a aussi pu disputer la Ligue des Champions UEFA (en perdant les 8 matchs de la phase de groupes malheureusement sur les 6 qu’il a joués), une épreuve que son compatriote n’a jamais connue en carrière. En revanche, d’ici la saison prochaine, Aït-Nouri devrait découvrir la C1 sachant qu’Arsenal et Liverpool l’ont mis comme cible pour le mercato d’été. Un montant de 60 millions est évoqué pour s’attacher les services du Dz que les Wolves ne comptent pas céder facilement. Son contrat s’étend jusqu’à janvier 2026 et le club est menacé par la relégation (5 longueurs sur la ligne de flottaison). Il est évident que, pour Aït-Nouri, il faudra penser à franchir un palier et rejoindre une écurie plus « huppée » s’il veut se garantir une place de titulaire au sein des Verts car, actuellement, il y a match entre lui et Hadjam.
M.T.
