Dans un entretien exclusif accordé à Infosport, Amine Tata, le président de la section football du NAHD, a brisé le silence. Entre déception face à la gestion passée et fierté devant l’éclosion des jeunes talents lors des dernières journées de Ligue 2, il livre un diagnostic sans concession sur la situation du club et l’urgence de protéger son patrimoine humain.
L’histoire récente du NAHD est marquée par une cassure. Amine Tata ne s’en cache pas : s’il s’est retiré de la gestion directe des seniors dès le dernier mercato, c’était par conviction. «Je ne pouvais plus cautionner le refus des autres dirigeants de procéder au recrutement nécessaire pour jouer l’accession», explique-t-il d’emblée. Loin de démissionner de ses responsabilités morales, il a alors basculé toute son énergie vers la restructuration des catégories jeunes, en particulier les U20. Un travail de l’ombre, souvent ingrat, mais essentiel. Pour Tata, il s’agissait de nettoyer un environnement devenu toxique. Il évoque sans détour les pressions parentales et les interventions extérieures qui dictaient parfois les compositions d’équipe au détriment du mérite : «Il y avait des comportements nuisibles qui empêchaient ces jeunes d’exprimer leur plein potentiel dans leur propre catégorie».
«Ce qui m’intéressait, c’était de former pour les seniors»
Le passage réussi des U20 vers l’équipe fanion, suite au boycott des seniors pour des raisons financières, n’est pas le fruit du hasard, mais d’une vision claire. En reprenant les commandes, Amine Tata a imposé une ligne directrice à l’entraîneur des U20 : l’objectif n’est pas le résultat immédiat en catégorie jeune, mais la forge de joueurs capables d’encaisser le choc du niveau professionnel.
«J’ai été très clair : ce qui m’intéressait, c’était de former des éléments prêts pour les seniors. C’est grâce à cette préparation mentale et technique qu’ils ont pu répondre présent dès qu’ils ont été injectés dans le grand bain», précise-t-il. Ce succès, il le partage avec une figure emblématique du club, Amar Boudissa, qu’il qualifie de «formateur numéro un à Hussein-Dey» et dont il suit scrupuleusement les conseils.
Aujourd’hui, les noms de Laâba, Latrèche, Guennounou ou encore du très jeune Bourouina (surclassé depuis les U18) sont sur toutes les lèvres. Ces pépites ont redonné de la fierté aux supporters, mais leur avenir au club ne tient qu’à un fil. Le président de la section football tire la sonnette d’alarme sur la fragilité juridique du Nasria. «Ces joueurs ont de grandes qualités et peuvent briller au plus haut niveau. Malheureusement, notre statut amateur nous empêche de les verrouiller avec des contrats professionnels solides. Le risque de les voir débauchés par les « cadors » du championnat est réel et imminent.»
« Meziane Ighil sera le bienvenu»
Face à cette situation critique, Amine Tata prépare aussi l’avenir administratif du club. Conscient que le NAHD a besoin d’une figure d’envergure pour se stabiliser, il a déjà ouvert la porte à un retour aux sources pour une légende locale. «J’ai discuté avec Meziane Ighil. Je lui ai dit qu’il serait le bienvenu s’il décidait de se présenter pour la présidence.»
En attendant que le flou institutionnel se dissipe, Amine Tata continue de veiller sur ses protégés, espérant que le club saura enfin capitaliser sur son ADN de formateur pour retrouver son lustre d’antan.
O.Y.
