6 mai 2026
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Benstiti fait mûrir les Vertes 

Pour être francs, on ne s’attendait pas vraiment à ce que l’équipe nationale « dames » passe l’écueil du Cameroun dans le dernier tour des éliminatoires de la CAN féminine 2026 qui se tiendra au Maroc en mars prochain. Mais les Vertes ont éliminé, d’une manière nette et sans bavure, les Camerounaises, qui semblaient favorites d’après leur classement en Afrique (5e). On peut donc parler d’un exploit pour nos féminines qui ont pu compter sur une stratégie remarquable de Farid Benstiti, leur sélectionneur. Depuis la venue de ce dernier, on a clairement l’impression que la sélection a pris une nouvelle dimension.

Par Mohamed Touileb

Benstiti est une plus-value véritable. Sous ses ordres, l’EN « dames » est complètement décomplexée et affiche un esprit de conquête sans précédent. On a pu voir cela sur les deux confrontations face au Cameroun dans le 2e et dernier tour avant de pouvoir assurer un « pass » pour la CAN-2026.

Des qualifications survolées

La tâche était délicate car, dans le camp adverse, il y avait une équipe réputée pour être l’une des meilleures en Afrique. De quoi faire peur aux camarades de Marine Dafeur ? Absolument pas. Les Algériennes ont semblé sûres de leurs forces et ont pu signer deux victoires sur les deux duels dont celui à Douala mardi (0-1) qui était remarquable. On soulignera aussi le large succès lors du 1er tour contre le Soudan (5-0/0-3). Sur les 4 sorties, Ines Belloumou & cie ont planté 11 buts contre 1 encaissé sur penalty. Il y avait une maîtrise claire.

Au terme de ces qualifications, Farid Benstiti et ses joueuses ont fait un triple exploit. Le premier était de battre pour la toute première fois dans l’histoire les Camerounaises. Mieux, il les a battues en « aller-retour ». C’est pour dire que ce n’était aucunement un hasard. En plus, il permet à l’Algérie de se qualifier pour la deuxième CAN d’affilée après l’avoir emmenée – pour la toute première fois – en quarts de finale lors de la défunte édition (2024, jouée en mars 2025) au Maroc.

69% de taux de victoire

Avec Benstiti, coach spécialisé dans le foot féminin et jouissant d’un CV qui plaide pour lui avec des passages sur les bancs de l’Olympique Lyonnais et le Paris Saint-Germain, connaît une greffe très réussie aux commandes techniques algériennes. Jusque-là, il présente un bilan de 16 victoires, 2 nuls et 5 défaites en 23 sorties. On parle d’un taux de victoire de 69%. Ce qui reste remarquable.

L’investissement technique ainsi que celui moral sont là. Et c’est ce qui fait la différence. « Ce qui m’a convaincu, c’est aussi une dimension personnelle. Je me suis toujours dit qu’un jour, je devais rendre quelque chose à l’Algérie, en hommage à mes parents, à mon père qui avait beaucoup travaillé pour ce pays », déclarait Benstiti en mai dernier. Concernant son choix de coacher la sélection, il a indiqué que cette démarche « représente énormément. L’Algérie, c’est l’histoire de toute ma famille : mes arrière-grands-parents, mes grands-parents, mes parents, mes cousins… C’est historique, culturel, traditionnel, religieux.  C’est inscrit dans mes gènes. Et dans ceux de mes enfants aussi. En tant que binationaux, on sait ce que nos parents ont sacrifié pour traverser la Méditerranée. Et on sait que notre patrimoine, c’est d’abord celui qui a été construit sur le sol algérien ».

Il a convaincu les binationales en présentant un projet fiable

Aussi, Benstiti a joué un rôle majeur pour convaincre certaines joueuses à la plus-value avérée de venir jouer chez les Vertes. « On a longtemps sous-estimé nos qualités. Le plus dur, ça a été de convaincre les joueuses de haut niveau comme Ghoutia Karchouni, Marine Dafeur, Chloé N’Gazi, Inès Belloumou ou Lina Boussaha.  Ce n’était pas une question de leur dire “viens, c’est un honneur”. Oui, c’est un honneur. Mais ça ne suffit pas pour cette génération. Il faut leur proposer un vrai projet.  Je ne pouvais pas leur raconter des bobards. Il fallait leur montrer le type d’équipe qu’on voulait construire, les objectifs, la vision. Et je crois qu’aujourd’hui, elles ne regrettent pas », racontait le technicien dans une interview accordée au site officiel de la CAF.

Le projet qu’il s’est imaginé tient clairement la route. La 7e présence, après celle de 2004, 2006, 2010, 2014, 2018 et 2024, de l’Algérie à la CAN est le fruit d’un travail sincère et une vision à la fois compétente et ambitieuse. Comme quoi, la bonne volonté conjuguée à la mentalité de la gagne, paient toujours. Et on espère que cette réussite durera à l’avenir. Surtout pour la CAN-2026 qui sera qualificative pour le Mondial féminine 2027 qui se jouera au Brésil. Pour cela, il faudra atteindre le carré d’as.

M.T.

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