25 mai 2026

Bouali : « Mission difficile à El Bayadh, mais on fera de notre mieux »

Fouad Bouali est le nouvel entraîneur du MC El Bayadh. Cette nomination survient dans un contexte particulier pour le club, encore marqué par la tragédie de la saison passée, où un accident de la route a causé la perte de vies humaines et de graves blessures. Cet entretien est l’occasion de rendre hommage à ces disparus, tout en découvrant la vision et les ambitions de Bouali pour le club dans cette période difficile. Dans cet entretien, Fouad Bouali partage avec nous son approche pour relever les défis auxquels le MCEB est confronté, son analyse du football algérien, les performances récentes de l’équipe nationale et des clubs algériens dans les compétitions africaines. Une discussion enrichissante avec un entraîneur passionné et déterminé.

Entretien réalisé par Nasser Souidi

Vous êtes le nouvel entraîneur du MCEB. Parlez-nous de vos débuts à El Bayadh…

Les contacts se sont fait un peu tard, je pense que nous sommes les derniers à avoir repris l’entraînement. On a entamé le travail avec un stage à El Bayadh, on a travaillé surtout sur le plan physique, mais aussi technique et tactique. On a entamé un second stage à Alger, pour parfaire notre condition physique, mais surtout pour jouer des matchs amicaux. Malheureusement, on n’a pas trouvé ce qu’il faut, surtout par rapport au timing avec les élections. On a déjà fait un match contre Rouissat. On a eu confirmation avec Koléa pour vendredi, et aussi avec le Paradou, mais ils se sont désistés. On attend une confirmation du NAHD, sinon on n’a pas trouvé beaucoup de clubs.

Dans quel état avez-vous trouvé le club ?

La saison dernière a été très dure, que ce soit sur le plan sportif, émotionnel ou humain. Cet accident a fait des blessés, mais malheureusement aussi des morts, « Allah yarhamhoum « . L’adjoint du coach et aussi le gardien Zaki. Il y a eu des blessés graves, quelques-uns ne pourront peut-être plus jouer au foot. Et malheureusement, on oublie vite. Mais l’équipe a tenu et a continué à jouer, et a réussi à se maintenir en Ligue 1. Les traces de la tragédie de la saison passée sont encore là, c’est difficile de gérer tout ça. Mais on essaie, avec un autre groupe, avec d’autres joueurs, avec je pense des gens qui veulent pousser le club à un certain niveau. On va essayer de travailler et on verra comment les choses vont se passer.

Comment évaluez-vous les préparations estivales des clubs algériens pour la nouvelle saison ?

Il faut être présent sur les sites de préparation pour avoir une idée. Sinon, chacun a sa méthode et sa programmation, et chaque club a ses moyens. Car chaque club s’est préparé par rapport aux moyens qu’il possède, et aussi par rapport à son effectif. On sait que d’un club à l’autre, la qualité change. Il y a des clubs nantis qui ont des effectifs riches, qui peuvent se permettre d’avoir de bons éléments. Et il y a l’autre palier, celui des clubs moins nantis, où ils font avec ce qu’il y a, à bord. On ne peut pas faire ce qu’on veut, on fait ce qu’on peut. Voilà la différence entre les clubs. Mais c’est comme ça dans tous les championnats du monde, les clubs se préparent différemment.

Quel est votre avis sur les performances des clubs algériens en compétitions africaines ? 

Ce n’était pas facile de gérer tout ça, parce qu’ils sont venus de vacances très tôt et ont repris le travail très tôt. Mais après le deuxième tour, ils ont eu tout le temps de bien se préparer. Est-ce que c’est facile de gagner la LdC ou la CAF ? Ce n’est pas facile, rien n’est facile. Les clubs qui l’ont gagnée ont préparé leur succès quatre ou cinq ans avant. Malheureusement chez nous, on veut tout gagner et tout avoir tout de suite. Gagner la Champion’s League, c’est un projet, et durer dans la gagne, c’est un projet. Malheureusement, chez nous, on ne sait pas ce que c’est un projet sportif, et comment mettre en place un projet de la gagne.

Comment avez-vous trouvé la performance de l’équipe nationale contre la Guinée Équatoriale, et quels ont été ses points forts et ses faiblesses ?

Il y a eu du bon et du moins bon. Une première mi-temps qui n’était pas à la hauteur du standing de l’EN, et une deuxième mi-temps où il y avait beaucoup de bonnes choses. On a eu trois ou quatre occasions, on en a mis deux. L’équipe n’a pas le même statut qu’il y a quatre ou cinq ans. Et les autres équipes nationales ne sont pas là juste pour faire de la figuration, tout le monde a compris que les gens travaillent, comme nous d’ailleurs. J’espère que les choses vont bien se faire à l’avenir, et que les gens qui sont là s’engagent à fond pour cette équipe nationale. Le football, c’est comme le disent souvent les anciens, ce n’est pas une science exacte. Mais le football donne de la joie aux gens qui travaillent.

Quels sont les principaux défis que l’équipe nationale devra relever pour se qualifier à la CAN-2025 ?

Dans notre groupe, aucune équipe n’a le standing de l’EN, logiquement on va être leader. On peut donc arracher cette qualif’. Ce qui est un peu difficile, c’est la conjugaison des matchs de la Coupe du monde, l’engagements des joueurs avec leur club respectif, à chaque fois revenir se regrouper, d’Europe vers l’Afrique profonde. Ce sont des choses qu’on doit préparer et à quoi on doit réfléchir. Et savoir aussi comment gérer nos déplacements en Afrique.

Comment envisagez-vous la prochaine saison footballistique en Algérie ?

Il y aura un groupe de quatre ou cinq clubs qui vont jouer pour le titre, et il y a le reste qui va jouer pour le maintien. Ça c’est clair. Il y a un déséquilibre par rapport aux effectifs des clubs, par rapport aux finances des clubs. La logique veut que ceux qui ont engagé les meilleurs joueurs vont avoir la primauté pour devenir champion, sinon, être sur le podium. Je ne pense pas qu’il va y avoir une surprise d’un club. Je pense que c’est décidé à l’avance quels sont les clubs qui vont être premiers. Après, ça va se jouer entre les moins nantis, on va dire.

Quels changements ou évolutions attendez-vous dans le championnat algérien cette saison ?

Je ne pense pas qu’il va y avoir une évolution. L’essentiel, c’est la qualité de la formation. Chez nous, on ne peut pas améliorer la qualité de notre championnat, alors qu’il n’y a aucune formation qui se fait au niveau des clubs. Je pense qu’on a mis la charrue avant les bœufs. Pour faire évoluer les choses, dans n’importe quel domaine, il faut commencer par la base. Il faut assainir, il faut travailler, il faut former.

Revenons au MC El Bayadh. Comment va le club financièrement et quels sont les objectifs que vous vous êtes fixés avec l’équipe dirigeante ?

Par rapport aux moyens, je pense que le club figure parmi les trois ou quatre clubs les plus pauvres de l’édition 2024/2025. Après, pour les objectifs, c’est clair, ce sera d’assurer le maintien. Bien-sûr, on va tenter de dénicher quelques jeunes au niveau du club, et essayer de les aider, de les faire travailler. Comme ça, au moins, en fin de saison, le club n’ira pas chercher des dizaines et des dizaines de joueurs à chaque fois. On va voir s’il y a de la qualité. Si c’est le cas, on essaiera de la faire travailler et éventuellement rendre service au club.

Avec quels degrés de confiance et de motivation l’entraîneur Fouad Bouali va entamer le nouvel exercice ?

On est motivé, oui. Mais confiant par rapport à quoi ?

Par rapport à ce que vous pourrez apporter comme expérience…

On est là pour travailler c’est sûr, avec mon staff, mais aussi pour essayer d’apporter un peu d’organisation, d’améliorer les conditions de travail, d’habituer le groupe à travailler dur. Parce que ce n’est pas évident, c’est une petite ville située dans un endroit pas facile pour les déplacements. Mais en même temps, je pense qu’il y a des gens qui vont bouger, qui vont essayer de faire quelque chose, pour obtenir ce qu’il faut.

Avant de se quitter, un petit message pour le public d’El Bayadh, qui attend beaucoup de vous et de votre groupe…

Tout ce que je peux dire, c’est d’encourager les jeunes. La plupart des joueurs, c’est des jeunes. Il ne faut pas les détruire, mais au contraire les rassurer par le soutien, les encourager. Il ne faut pas oublier que cette jeune équipe a fait un bon parcours il y a deux ans. La saison passée, il y a eu cette malheureuse tragédie qui les a perturbés. Mais je pense que les supporters vont tout faire pour aider leur équipe pour que, inch’Allah, elle réussisse une bonne saison 2024/2025.

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