Le destin de Belkacem Bouzida au sein de son club formateur ressemble de plus en plus à un rendez-vous manqué. Longtemps considéré comme l’un des produits les plus prometteurs de l’académie, l’attaquant semblait avoir toutes les qualités pour s’imposer durablement dans l’effectif professionnel. Mais les mois ont passé, et les occasions aussi. Aujourd’hui, l’histoire paraît arriver à son terme.
Par Habib Medahi
Un été porteur d’espoirs… mais trompeur
Lorsque la direction décide, l’été dernier, de lui accorder une ultime chance, beaucoup y voient une possibilité réelle de relance. Bouzida sort de saisons compliquées, mais il affiche une détermination nouvelle, bien visible lors de la période de préparation. Son engagement, ses déplacements et sa disponibilité dans le jeu convainquent une partie du staff qu’il pourrait enfin franchir un cap tant attendu. À ce moment-là, rien n’indique que la saison prendra une tournure aussi décevante. Les dirigeants eux-mêmes laissent entendre que l’attaquant a « progressé », qu’il a « mûri ». Certains se prennent même à rêver de le voir marcher dans les pas de Boulbina, un autre pur produit de la formation devenu une pièce maîtresse de l’équipe et a même terminé la saison passée comme meilleur buteur du championnat.
Mais une réalité sportive implacable
Malgré une préparation encourageante, Bouzida peine à convaincre Dziri, premier entraîneur à diriger le groupe cette saison. Le technicien tente quelques ajustements, l’intègre par séquences, mais n’en fait jamais un sérieux candidat au poste de titulaire. L’arrivée de Hidoussi n’a rien changé à la donne.
Sur le terrain, Bouzida semble manquer de confiance, parfois d’impact, et souvent de continuité. Ses entrées en jeu, rares, ne suffisent pas à inverser la tendance. L’écart avec les attentes initiales se creuse. Les comparaisons avec Boulbina, qui avaient accompagné son ascension, deviennent plus lourdes à porter qu’inspirantes.
Un joueur désormais écarté des plans
Au fil des semaines, un constat s’impose : Bouzida n’entre plus du tout dans les plans des membres du staff technique actuel. Les séances d’entraînement confirment que la hiérarchie offensive est figée, et que l’attaquant n’en fait plus réellement partie. Les signaux internes sont clairs : l’option d’un départ n’est plus un tabou, mais une perspective envisagée très sérieusement. Selon les informations recueillies, Bouzida est même désormais le joueur le plus proche d’un départ hivernal, il sera ainsi le second à quitter le navire après Samba Koné. Le club souhaite alléger son effectif et libérer de la marge pour rééquilibrer l’attaque lors du mercato. Dans ce contexte, la situation de Bouzida apparaît comme l’une des plus simples à trancher.
La fin probable d’une aventure entamée avec ambition
Si la séparation se concrétise cet hiver, elle mettra un terme à un parcours fait d’espoirs, de promesses… mais aussi de regrets. Les observateurs s’accordent à reconnaître que Bouzida possède de réelles qualités techniques, mais n’a jamais réussi à s’exprimer pleinement lorsqu’il en avait l’occasion. Entre blessures mineures, concurrence accrue, manque de régularité et confiance fragile, les facteurs de blocage ont été nombreux. Loin d’être un échec définitif, ce départ pourrait toutefois marquer un nouveau départ pour le joueur. À 23 ans, Bouzida a encore le temps de rebondir, à condition qu’il se montre une réelle envie de se relancer, ce qui n’a pas été le cas depuis son retour d’un passage de six mois totalement raté à l’USM Alger.
H. M.
