Son choix a suscité la controverse et diverses réactions. Pourtant, pour ceux qui avaient les tenants et les aboutissants du dossier au milieu des spéculations savaient préalablement que Rayan Cherki n’avait d’yeux que pour l’équipe de France. Retour sur un choix attendu même si, pour certains, il reste frustrant compte tenu de la qualité du joueur et de son talent.
Par Mohamed Touileb
En avril dernier, sur ces mêmes colonnes, nous annoncions que Cherki n’avait aucune intention de jouer pour notre sélection. Et, mercredi dernier, le verdict définitif est tombé : l’international espoir français a été promu chez les seniors par Didier Deschamps en vue des deux prochains matchs des « Bleus » en Ligue des Nations UEFA pour le rassemblement de juin. L’acheminement est quasi-naturel et logique puisque Cherki a fait toutes ses classes dans les jeunes catégories de l’EDF. C’est là une vérité. Après, beaucoup de choses ont été dites sur la tournure qu’ont prise les choses ces dernières semaines. Un pressing de la part des représentants du joueur aurait été exercé. En prolongement, la Fédération française de football (FFF) a poussé pour que Deschamps le sélectionne et le verrouille pour les Tricolores. Surtout que l’Algérie montrait un intérêt pour sa venue chez les Fennecs.
Le contexte politique a probablement pesé
Pour la FFF, voir le pensionnaire de l’Olympique Lyonnais, qu’il a décidé de quitter au terme de cette saison, débarquer chez les Verts aurait été un véritable camouflet. Surtout dans la conjoncture actuelle et les rapports tendus entre la France et l’Algérie. Cela aurait même sonné comme une défaite sur le plan politico-sportif. D’où la démarche de Deschamps qui a décidé de le mettre sur la liste finale. Lui qui ne semblait pas vraiment pressé de l’appeler chez les vice-champions du Monde. En tout cas, pas au moment d’aborder le ‘’Final Four‘’ de la Ligue des Nations UEFA.
Cependant, on a pu lire les propos du camp Cherki sur le quotidien L’Equipe. Son entourage proche a laissé croire que le Gone ne s’est pas servi de la « carte Algérie » pour faire pression. Mais là n’est pas le problème. Le hic est que ses proches ont insinué qu’il n’y a jamais eu d’approche entre les deux parties. « C’est mal connaître Rayan de penser qu’il ait pu exercer une pression sur qui que ce soit ou qu’il ait pu utiliser une autre sélection. C’est aussi irrespectueux à l’égard du sélectionneur dont le discours a été très clair. Rayan n’a jamais eu le moindre échange avec un sélectionneur ou le président d’une autre Fédération. Même s’il aurait pu y prétendre, il ne possède la nationalité d’aucun autre pays », rapportait jeudi le quotidien L’Equipe.
La FAF a fait le job… vainement
Et c’est la partie : « Rayan n’a jamais eu le moindre échange avec un sélectionneur ou le président d’une autre Fédération », qui peut irriter. En effet, Djamel Belmadi a dîné avec la famille de Cherki (sa maman et son frère) en 2022 et leur a fait part de son intérêt. A l’époque, le milieu offensif avait 17 ans et il n’était pas très recommandé de l’approcher directement. Aussi, ces derniers mois, la Fédération algérienne de football (FAF) a repris attache avec le Rhodanien. Mais une source proche du dossier nous a affirmé que Cherki a laissé, d’une certaine manière, entendre qu’il n’a aucune intention de rejoindre El-Khadra. Ainsi, les prétentions du camp Cherki sont infondées et mensongères. La décision du joueur est délibérée et préméditée. Pour lui, il n’a jamais été question de porter une autre tunique que celle des « Bleus ». Et à partir du moment où le choix est assumé, il ne sert à rien de débiter des inepties. A présent, Cherki est à l’Est et l’Algérie à l’Ouest. C’est comme deux traits parallèles qui ne se recroiseront jamais.
M. T.
