Vlad, l’empaleur des cadres
Jeudi, Vladimir Petkovic a rendu publique sa liste finale de 25 joueurs pour les deux prochaines rencontres de l’équipe nationale. Pour affronter la Guinée (06 juin) et l’Ouganda (10 juin) dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du Monde 2026, le sélectionneur des Verts a décidé de se passer de Riyad Mahrez, Islam Slimani ainsi que Youcef Belaïli réputés pour avoir été des joueurs importants durant l’ère de son prédécesseur Djamel Belmadi. Décidément, le Bosnien empale les cadres, sans état d’âme et parfois sans arguments fiables.
Par Mohamed Touileb
A l’approche des deux rendez-vous cruciaux dans les qualifications du Mondial 2026, l’expérience sera un facteur important pour nos Fennecs. Cependant, Petkovic ne voit pas forcément les choses sous cet angle. En effet, l’ancien coach des Girondins de Bordeaux et de la Lazio de Rome n’a pas jugé utile de faire appel aux « briscards ». Il a même décidé de ne pas appeler le capitaine Mahrez, le goaleador Slimani mais aussi l’impactant Belaïli. On peut donc parler de choix forts. D’autant plus que, sportivement, les joueurs précités n’ont pas été mauvais.
Les « portes ouvertes », vraiment ?
Pour justifier son choix, Petkovic a, comme au mois de mars dernier, laissé entendre que « les portes sont toujours ouvertes pour tout le monde. Même pour Slimani. Mais les joueurs convoqués en mars m’ont donné satisfaction et c’est pour ça qu’ils sont là aujourd’hui. (…) ». Par ailleurs, il ajoutera et reconnaîtra que « Belaïli est un joueur intéressant avec beaucoup de talent mais j’ai choisi de ne pas le convoquer parce que d’autres joueurs dans le groupe sont meilleurs. Belaïli a eu des problèmes de discipline, je le sais. Mais la porte reste ouverte aussi ».
Ce choix peut s’expliquer par le fait que Petkovic compte clairement sur Yacine Brahimi, qu’il avait promu capitaine dans la foulée de son retour et après l’avoir vu dans un bref stage, et Saïd Benrahma, revenu en force depuis son arrivée chez l’Olympique Lyonnais. Point commun : ces deux ailiers étaient indésirables du temps de Belmadi. Brahimi n’était pas appelé en dépit de ses statistiques remarquables avec Al-Gharafa SC (Qatar Stars League) alors que Benrahma avait clairement du mal à s’exprimer footallistiquement malgré quelques opportunités qu’il a eues.
Est-ce de l’anti-Belmadisme ?
Et ce qui montre clairement que Petkovic compte sur Brahimi et Benrahma à gauche, c’est la non-convocation étonnante de Farès Chaïbi qui était, pour sa part, un incontournable de Belmadi. Même s’il ne l’utilisait pas forcément sur l’aile où il excelle avec l’Eintracht Francfort. Le concernant, le chef de la barre technique d’El-Khadra trouve que « certes, Chaïbi a bien terminé la saison ». Cependant, il juge que « son niveau a manqué de constance. Autrement dit, il y a eu des hauts et des bas. C’est un jeune joueur avec un avenir prometteur, mais il doit redoubler d’efforts pour revenir en sélection ». Peu persuasif.
Sommes-nous en train d’assister à un management qui prône l’anti-Belmadisme ? On peut en douter. En tout cas, on peut noter que Benzia, qui a eu un clash avec Belmadi, Bekrar, qui n’a jamais été convoqué, Gouiri, qui avait renoncé à la CAN-2023 après avoir su que Belaïli lui serait privilégié, sont tous-là. Et cela vient conforter cette supposition. Les prochains rassemblements nous aideront à y voir plus clair.
M.T.
