31 mai 2026

Chronique d’une déstabilisation annoncée

La saison actuelle du NAHD restera comme l’une des plus révélatrices de la gestion catastrophique opérée par la direction depuis l’entame de l’exercice. Dès le départ, les signaux étaient au rouge. Les tergiversations, les décisions contradictoires et l’absence totale de vision stratégique ont rapidement montré que les dirigeants naviguaient à vue, sans feuille de route claire ni projet sportif cohérent. Un fonctionnement improvisé qui a plongé le club dans une spirale négative dont il peine aujourd’hui à sortir.

Par Omar Yahiaoui

Le faux départ de la saison n’était pas un simple accident, mais le reflet d’un profond malaise institutionnel. Recrutement mal ciblé, instabilité chronique du staff technique, communication brouillonne et gestion émotionnelle des crises : tous les ingrédients étaient réunis pour conduire le Nasria vers une situation sportive délicate. A aucun moment, la direction n’a semblé maîtriser le cap, donnant l’impression d’un club livré à lui-même.

Le grand NAHD, fort de son histoire et de son aura nationale et continentale, méritait incontestablement de meilleurs dirigeants. Cette déchéance ne saurait toutefois être imputée uniquement aux responsables actuels. Les autorités locales à Hussein-Dey portent également une part de responsabilité dans cette situation, pour avoir verrouillé le jeu et empêché le retour d’anciens dirigeants expérimentés, à l’image d’Ighil. Ce blocage systématique a nourri un profond sentiment de suspicion parmi les observateurs et les amoureux du club.

De l’Afrique au simple combat pour le maintien

La chute est d’autant plus brutale qu’elle contraste violemment avec le passé récent du club. Passer des compétitions africaines, notamment la Coupe de la CAF, à une lutte acharnée pour le maintien en Ligue 2 relève presque de l’inconcevable pour ceux qui connaissent la véritable dimension du Nasria.

Il n’y a pas si longtemps, le NAHD faisait jeu égal avec des cadors du continent, allant jusqu’à tenir en échec le géant égyptien Zamalek à Alexandrie, dans un stade hostile et face à une équipe rompue aux joutes africaines. Aujourd’hui, ce même club se contente d’évoluer dans un anonymat pesant, à lutter pour le maintien en L2. Si la gestion actuelle est largement pointée du doigt, certains supporteurs portent également une part de responsabilité dans cette descente aux enfers. Des comportements irréfléchis, des pressions excessives et une volonté acharnée de faire tomber la précédente direction ont contribué à fragiliser encore davantage le club. Ces choix, dictés par l’émotion plutôt que par la raison, ont ouvert la voie à une instabilité durable, dont le NAHD paie aujourd’hui le prix fort.

O. Y.

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