17 avril 2026

Coup de théâtre à Kouba : Messani jette l’éponge !

C’est une décision qui ébranle tout Kouba. Un grand coup de tonnerre sur le club koubéen. Le président du RaedChabab Kouba, Salim Messani, a annoncé sa démission dans un climat tendu et incertain. Après un été marqué par un recrutement massif de 23 joueurs, cette décision soudaine jette un trouble au sein du club, à l’aube d’une saison que les supporters espéraient celle du renouveau.

Par Youcef Mimoune

Derrière ce retrait brutal, un constat amer : le manque de ressources financières, le désengagement des pouvoirs publics, et la pression d’un vestiaire déjà inquiet pour ses dus. La nouvelle est tombée lundi soir comme un couperet et selon une source proche de la direction, la décision a été officialisée après une réunion tendue tenue dans les locaux du club. L’intéressé, usé et déçu, aurait fait part de son intention irrévocable de jeter l’éponge. Une annonce qui a surpris autant qu’elle a alarmé, tant elle intervient après plusieurs semaines d’intense activité, marquée notamment par un recrutement historique de 23 joueurs, dont une majorité de jeunes issus d’autres clubs. Mais cette politique n’a pas été accompagnée de garanties financières. Selon plusieurs sources internes, aucun plan de financement n’a été clairement défini, ni pour les salaires ni pour les primes de signature. Aujourd’hui, les nouveaux venus réclament logiquement la première tranche de leur prime, promise lors de leur signature, mais qui tarde à être débloquée. Nous ne connaissons pas, pour l’instant, la teneur exacte de la discussion qui aboutit à cette décision du président Messani, mais on sait que c’est le nerf de la guerre qui a déclenché l’ire du désormais ex-président.

L’absence d’aide de l’APC, une goutte de trop

Salim Messani espérait, comme à chaque saison, pouvoir s’appuyer sur le soutien de l’APC de Kouba. Or, cette fois-ci, le président de l’APC n’a versé aucun centime malgré les multiples sollicitations. Ce silence a été vécu comme une forme d’abandon par le président Messani. Sans mécène, sans subventions et avec une masse salariale considérablement alourdie par les nouvelles recrues, Messani a vite compris qu’il ne pourrait pas aller au bout de sa mission. Il préfère partir plutôt que de gérer une crise annoncée, comme il l’a confié à ses proches. Désormais, le bras de fer RCK-APC est de nouveau relancé. Mais, la part de Messani dans cette situation n’est pas négligeable aussi. Le président koubéen aurait dû d’abord s’assurer des moyens financiers pour entamer sa campagne de recrutement, or, lui a fait tout à fait le contraire.

Des recrues dans l’incertitude

L’autre conséquence directe de cette démission est la crise de confiance qui s’installe au sein de l’effectif. Les nouveaux joueurs ont déjà exprimé leur inquiétude. Certains n’ont toujours pas perçu la moindre avance sur leurs primes. Le malaise gagne également le staff, qui attend encore son dû, tandis que l’équipe n’a toujours pas entamé sa préparation dans des conditions optimales. Certains joueurs, notamment les plus expérimentés, envisageraient même de demander la résiliation de leur contrat si la situation ne s’améliore pas rapidement. Le départ de Messani met également en lumière les incohérences de la politique sportive mise en place cet été. Recruter 23 joueurs sans même avoir tranché sur l’identité de l’entraîneur principal constitue une première source de tension.

L’avenir du RCK en suspens

Avec le départ de Messani, c’est tout le projet du RCK qui vacille. À quelques semaines de l’entame du championnat, le club n’a pas de président et a un effectif qui doute. La direction intérimaire, si elle existe, devra agir vite et trouver des financements mais surtout rassurer les joueurs.Le spectre d’une saison ratée plane déjà, d’autant plus que les objectifs fixés étaient élevés. Les supporters commencent eux aussi à manifester leur exaspération. «Ce club ne mérite pas ça. Si Messani part, qu’il dise clairement pourquoi. On ne veut pas d’un silence de plomb comme chaque été», s’insurge un groupe de supporters sur les réseaux sociaux. Salim Messani quitte le RCK sur un goût d’inachevé.Mais il a aussi commis des erreurs avec un recrutement hasardeux, ruptures de dialogue avec les entraineurs des jeunes catégories et, surtout, absence de vision à long terme.Ce départ précipité, s’il se confirme, ne fera qu’alimenter les critiques. Certains estiment qu’il a mis en péril l’équilibre du club en s’engageant dans un mercato dispendieux sans avoir les moyens de ses ambitions. D’autres lui reconnaissent néanmoins le mérite d’avoir essayé, malgré un environnement hostile.Le départ de Messani illustre une réalité trop fréquente dans le football algérien. Un président, aussi volontaire soit-il, ne peut pas porter seul les ambitions d’un club. Sans moyens, sans réseau et sans soutien des autorités locales, il finit par se brûler les ailes.Au RCK, ce scénario se répète. Après chaque intersaison agitée, le club repart de zéro, dans l’urgence, avec les mêmes erreurs et les mêmes conséquences.

Quid de la préparation ?

Messani parti, le club ne devrait pas s’arrêter. Il y a urgence aujourd’hui. L’équipe devrait se préparer c’est le moment. Mais beaucoup d’interrogations fusent en cette période cruciale de l’année. Oui, le club continuera à fonctionner, mais avec qui ? Les joueurs ont tous traité leur venue au RCK avec Messani, ceux qui prendront sa place vont-ils assumer les accords passés entre Messani et ces joueurs ? Ces mêmes joueurs sont-ils prêts à rester et entamer la préparation en l’absence d’interlocuteur ? C’est autant de questions que les membres du bureau du RCK vont devoir trancher dans les heures qui suivent faute de quoi, beaucoup de joueurs vont demander à partir. Le mercato étant toujours ouvert, un départ massif des joueurs n’est pas à écarter. Il revient donc aux dirigeants de prendre le taureau par les cornes et rassurer tout le monde. Mais là aussi il y a des questions pertinentes. Rassurer tout le monde, comment ? Avec quoi ?

Y. M.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *