Le NA Hussein Dey traverse l’une des périodes les plus délicates de son existence. Loin des ambitions affichées en début de saison, le Nasria s’est progressivement enlisé dans une crise multiforme, dont l’origine ne se situe pas uniquement sur le rectangle vert. Tiraillements, clivages et règlements de comptes entre «dirigeants» ont fini par gangréner le climat général du club, avec des répercussions directes sur le groupe et les résultats sportifs.
Par Omar Yahiaoui
Au sein de la maison nahdiste, les divergences de visions et les conflits d’intérêts ont pris le pas sur l’objectif suprême : servir le club. Chaque camp a cherché à imposer son agenda, souvent au détriment de la stabilité et de la cohérence nécessaires à un projet sportif viable. Cette guerre d’influence, menée en coulisses, pernicieuse, s’est rapidement répercutée sur le quotidien de l’équipe première, créant un climat délétère, incompatible avec la quête de performances.
Le résultat est sans appel : le NAHD a manqué son premier grand objectif de la saison, à savoir jouer les premiers rôles et se mêler sérieusement à la course à l’accession en Ligue 1. Une ambition pourtant légitime, au regard des moyens consentis en début d’exercice.
Des promesses initiales vite dilapidées
Car tout avait pourtant bien commencé. L’été dernier, la direction du club avait mis les moyens nécessaires pour bâtir un effectif compétitif. Le recrutement avait été jugé globalement réussi, avec l’arrivée de joueurs expérimentés, dont certains sortaient d’accessions avec leurs clubs respectifs. Le Nasria semblait alors armé pour jouer les premiers rôles et retrouver l’élite du football national.
Mais très vite, les fissures sont apparues. Selon le président Hanied, les coups bas et les manœuvres internes ont pris une ampleur inattendue. Le dirigeant n’a pas hésité à évoquer des trahisons endogènes, estimant que certaines parties ont sciemment saboté le projet sportif. Une situation qui aurait, selon lui, largement contribué à écarter le NAHD de la course à l’accession, alors que l’équipe était bien placée lors des premières journées.
Quand le conflit gagne le vestiaire
Le plus inquiétant reste toutefois l’impact de ces luttes intestines sur le vestiaire. Pris en otage dans ce bras de fer entre dirigeants, certains joueurs se sont retrouvés instrumentalisés, perdant leurs repères dans un environnement devenu instable. La conséquence ne s’est pas fait attendre : une révolte ouverte du groupe, matérialisée par des boycotts d’entraînements et des revendications salariales fermes.
Les joueurs ont exigé d’être payés rubis sur l’ongle, adoptant une posture de pression maximale sur la direction. Une attitude qui suscite de vives critiques, d’autant plus que les objectifs sportifs n’ont pas été atteints. Pis encore, l’équipe n’a toujours pas réussi à se mettre à l’abri de la relégation, se retrouvant à lutter pour sa survie plutôt que pour la montée.
Un maillot lourd, des responsabilités assumées à moitié
Pour de nombreux observateurs et supporters, la situation actuelle pose une question fondamentale : ces joueurs mesurent-ils réellement le poids du maillot qu’ils portent ? Le NAHD n’est pas un club comme les autres. Son histoire est jalonnée de figures emblématiques et de légendes du football national, qui ont défendu ses couleurs avec abnégation et fierté. Aujourd’hui, certains estiment que plusieurs éléments de l’effectif ne sont pas à la hauteur de cet héritage. Le manque d’engagement, l’absence de remise en question et la priorité donnée aux intérêts personnels nourrissent un profond malaise chez les supporters, qui peinent à se reconnaître dans cette équipe.
O. Y.
