25 mai 2026

Faouzi Lekjaâ constitue un front pour faire tomber Motsepe

C’est la guerre du trône à la CAF !

À l’approche des élections, prévues en mars 2025, à la Confédération africaine de football (CAF) pour le poste de président, le rififi s’installe dans les couloirs de l’instance confédérale. Patrice Motsepe, actuel homme fort de la structure footballistique, qui essaye de convaincre son monde avec des manœuvres financières, n’est pas certain de regagner la confiance des fédérations. En effet, un front se constitue déjà pour le faire tomber. Dans cette lutte pour le trône, la Fédération algérienne de football (FAF) reste manifestement spectatrice.

Par Mohamed Touileb

Tout prête à croire que Motsepe ne sera pas seul candidat pour cette fois. Pour succéder à Ahmad Ahmad, le milliardaire sud-africain avait eu la confiance de l’ensemble des votants lors d’un « référendum » qui l’a vu être intronisé aux commandes d’une CAF dans une situation chaotique. Notamment sur le plan financier.

Les chèques pour éviter l’échec

Après cela, Motsepe semble avoir réussi son challenge qui était d’aider l’organe footballistique à retrouver sa santé économique. Beaucoup a été fait à ce niveau en matière de sponsoring et d’attractivité avec des contrats avec les partenaires qui ont été annulés et réattribués avec des sommes plus « convenables ».

Derrière cela, il y avait l’idée de se mettre, un peu plus encore, les patrons de fédérations dans la poche. Et cela se concrétise avec la décision d’augmenter les subventions annuelles accordées aux différentes instances du continent. L’idée sera débattue et soumise à approbation le 17 octobre prochain lors de l’assemblée générale prévue en Ethiopie.

Et cette augmentation va concerner l’organigramme de la CAF puisque le vice-président et des membres exécutifs verront, au même titre que les conseillers du président, 20 000 dollars US atterrir dans leurs comptes chaque année alors que les présidents de zone auront 5 000 dollars de plus. Jusqu’à présent, tous ces membres ne se contentent que des frais de missions qu’ils perçoivent en fonction de la durée du séjour.

Le trident de Lekjâa

Mais les « cadeaux » qui coïncident avec la période électorale ne se résument pas aux proches collaborateurs puisque les fédérations membres devraient bénéficier d’une augmentation de 100% voyant leurs allocations annuelles passer de 200 000 dollars US à 400 000 dollars US alors que leurs présidents auront 50 000 dollars US contre 20 000 dollars US actuels. Motsepe a donc choisi sa stratégie : partager le gâteau pour avoir les faveurs des votants.

En parallèle, il y a un trident qui œuvre pour l’évincer des manettes. Et c’est le controversé Fouzi Lekjaâ qui le mène. Ses deux alliés sont l’Egyptien Hany Abou Rida et le Mauritanien Ahmed Yahia. Et c’est Abou Rida qui serait la carte pour se substituer à Motsepe. Seulement, il y a une loi qui empêche d’être président la barre des 70 ans passée. Et Abou Rida aura bientôt 71 ans. Il est donc inéligible pour prétendre à présider la CAF. C’est pour cela qu’une loi d’abrogation de cette limite devrait être soumise au vote lors de la prochaine assemblée générale.

Quelle influence pour la FAF ?

D’ailleurs, on peut noter qu’emmenés par… la Mauritanie, le Botswana, les Comores, le Libéria, le Niger et la Somalie ont soumis une demande pour que l’article 18, alinéa 9 du règlement qui exclut les candidats âgés de plus de 70 ans, soit revu. Il faut désormais attendre sa ratification par l’assemblée générale de la CAF qu’accueillera Addis-Abeba (Ethiopie) au mois d’octobre.

Au moment où l’on assiste à une distribution des cartes, la FAF semble non-concernée. Walid Sadi et son bureau restent en retrait de ce « jeu ». Cela démontre, une nouvelle fois, que l’Algérie n’a, malheureusement, aucune influence nette ou de poids décisionnel au sein de la CAF.

Cependant, dans tous les cas, la FAF devra choisir son camp. Est-ce que le vote sera en faveur d’un Motsepe qui a trahi les promesses en ne permettant pas à l’Algérie de concrétiser sa volonté d’organiser la CAN 2025 ? Est-ce qu’il ira à Abou Rida sachant qu’il est propulsé par Fouzi Lekjaâ ? C’est toute la question. On aura certainement des éléments de réponse d’ici mars prochain.

M. T.

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