29 avril 2026

Hadjar mobilise les rangs : « Ne gâchez pas cette dernière chance »

À l’approche du choc décisif contre l’ASMO, Cherif Hadjar a troqué son sifflet pour un discours de vérité. Face à un adversaire direct crédité de 55 points, le coach du Raed a voulu transformer la pression en un moteur de combat. Plongée au cœur d’une causerie musclée où chaque mot pèse son poids de détermination.
L’air est devenu électrique au stade Benhaddad. Conscient que le talent seul ne suffira pas sur la pelouse d’Oran, Chérif Hadjar a misé sur un électrochoc psychologique pour préparer ses troupes à la « finale » de vendredi. Entre recadrage tactique et appel à la fibre émotionnelle, son intervention dessine les contours d’un groupe transformé en commando, prêt à défier le destin.
« Une mission, pas un match »
L’entraîneur commence par recadrer l’enjeu en éliminant toute forme de pression négative pour la remplacer par un devoir de combat. « Vendredi, on ne va pas à Oran pour jouer un simple match de football, on y va pour une mission. On a laissé des plumes en route, on a fait des erreurs, mais aujourd’hui, le compteur est à zéro. Je veux des bonshommes sur la pelouse, des gars qui ont faim, pas des spectateurs qui attendent un miracle. » Hadjar veut libérer ses joueurs du poids du passé pour les concentrer sur l’instant présent.
« Votre seul univers c’est le ballon »
Il aborde ensuite l’aspect mental en érigeant une bulle de concentration totale pour éviter que ses joueurs ne s’éparpillent à cause des scores extérieurs. « Je sais que tout le monde parle de Tiaret, de Témouchent et des calculs. Votre seul univers, c’est le ballon et le maillot que vous avez en face de vous pendant 90 minutes. Si on ne gagne pas à Oran, ce qui se passe à Tiaret ne servira qu’à nourrir vos regrets. On gagne notre bataille d’abord, le reste, c’est le destin. » Par cette menace directe, le coach impose une discipline de fer. Il sait que la dispersion mentale est le premier pas vers la défaite et veut éviter que ses joueurs ne jouent « à l’économie » en fonction de ce qui se passe ailleurs.
« Chaque duel, une déclaration de guerre »
Hadjar passe ensuite aux consignes tactiques, insistant sur l’agressivité nécessaire pour bousculer le jeu technique des Oranais. « L’ASMO est une équipe qui aime avoir le ballon et construire. Si on les regarde faire, ils nous feront courir jusqu’à l’épuisement. On doit les étouffer dès la première seconde de jeu. Je veux un bloc compact, aucun espace entre les lignes. Chaque duel doit être une déclaration de guerre. Soyez intelligents, ne tombez pas dans l’énervement inutile, mais montrez-leur que pour nous prendre un seul point, ils devront laisser leurs poumons sur le terrain. » Hadjar mise sur l’impact physique pour compenser la fluidité technique de l’adversaire.
« Le football nous donne une dernière chance »
Pour finir, il touche à la fibre émotionnelle en rappelant la chance inespérée de pouvoir encore jouer la montée après les désillusions passées.
« On n’a plus le droit de décevoir les fans après ce qu’on a vécu lors de notre dernier passage à Tiaret. Le football nous donne une dernière chance de nous racheter, c’est un cadeau du ciel. Ne le gâchez pas. Sortez de ce terrain sans pouvoir marcher tellement vous avez tout donné pour ce club. » Hadjar termine sur l’aspect humain en plaçant ses joueurs face à leurs responsabilités envers le public de Kouba. Il transforme la pression populaire en un moteur de dépassement de soi. À Oran, c’est l’orgueil d’un club qui sera mis à l’épreuve. Le vestiaire a désormais les cartes en main pour transformer ces paroles en un exploit mémorable.
Mehdi A.

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