Le RCK a laissé filer une occasion en or samedi après-midi face au CRT. En reculant excessivement, les Koubéens ont subi jusqu’à céder en fin de match. Une défaite frustrante qui coûte cher dans la course au podium et relance le débat autour du coaching.
Par Mehdi Allel
Le déplacement à Aïn Témouchent devait consolider la place du RCK sur le podium. Face au CR Témouchent, les Koubéens avaient les moyens de revenir avec au moins un point, voire davantage au vu de la physionomie de la rencontre. Pourtant, le scénario a tourné en leur défaveur, notamment à cause d’un repositionnement trop défensif imposé par le staff technique. Dès l’entame, le RCK a affiché une organisation cohérente, fermant les espaces et procédant par transitions rapides. Le bloc tenait, les duels étaient disputés, et les locaux peinaient à trouver des décalages nets. Mais au fil des minutes, les lignes ont commencé à reculer dangereusement. Le choix de densifier l’axe et de protéger le nul a envoyé un signal fort, celui d’une équipe plus préoccupée à ne pas perdre qu’à tenter de gagner. Cette approche prudente a fini par encourager le CRT à pousser davantage. Les centres se sont multipliés, la pression est montée, et les Koubéens ont passé de longues séquences à défendre dans leurs trente derniers mètres. À la 81e minute, la sanction est tombée. Sur un coup franc direct, les locaux ont trouvé la faille, concrétisant une domination devenue presque inévitable. Les changements opérés après l’ouverture du score n’ont pas apporté l’électrochoc attendu. Le RCK n’a pas réussi à se projeter avec suffisamment de conviction. Les sorties de balle manquaient de fluidité, les couloirs restaient peu exploités, et la réaction espérée n’est jamais venue. L’équipe a semblé atteinte moralement, incapable de renverser la tendance dans les dernières minutes. Ce revers laisse des traces. Perdre face à un concurrent direct pour le podium a un impact comptable mais aussi psychologique. Le RCK rate une opportunité de conforter sa position et cède du terrain dans une phase décisive de la saison. Les choix tactiques seront inévitablement au cœur des discussions, tant la gestion du match interroge. Dans une course aussi serrée, chaque point compte. Reculer excessivement, c’est souvent offrir l’initiative à l’adversaire et s’exposer à ce type de dénouement cruel. Le RCK devra tirer les leçons de cette défaite amère. L’accession ne se joue pas seulement sur la solidité défensive mais aussi sur l’audace. À force de concéder du terrain, le rêve peut s’éloigner dangereusement. Il est temps de réagir avant que le retard ne devienne irrattrapable.
Une attaque maintenue mais toujours muette
Face au CRT, Hadjar a reconduit son animation offensive malgré un manque d’efficacité persistant. Les choix de départ et les changements opérés n’ont pas permis de débloquer la situation. Pour une équipe qui vise l’accession, l’inefficacité devant le but devient préoccupante. Sur les ailes, Ghazali et Deffar ont été alignés d’entrée, avec Lehbiri en pointe. L’idée était de miser sur la vitesse et la percussion pour déséquilibrer le bloc adverse. Sur le papier, l’animation promettait du mouvement et de la profondeur. Dans les faits, l’impact offensif est resté limité. Les centres ont manqué de précision, les appels n’ont pas toujours été coordonnés et la présence dans la surface s’est révélée insuffisante. Lehbiri s’est souvent retrouvé isolé, obligé de décrocher pour toucher des ballons, loin des zones de vérité. En seconde période, Bougoursa est entré à la place de Deffar, tandis que Meftahi a remplacé Ghazali. Les profils changent, mais le constat reste le même. Les intentions étaient là, sans la justesse nécessaire dans le dernier geste. Les changements n’ont pas modifié le rythme ni apporté cette étincelle capable de faire basculer la rencontre. Le problème ne se limite pas à un match. L’attaque peine à transformer les temps forts en occasions franches. Les décalages existent parfois, mais la finition ne suit pas. Dans une course à l’accession, la différence se fait souvent sur la capacité à convertir la moindre opportunité. Une équipe ambitieuse doit savoir forcer le destin offensivement. Compter uniquement sur la solidité ou espérer un éclair isolé ne suffit pas. Les adversaires directs avancent avec des lignes offensives plus tranchantes et plus efficaces. Le RCK, lui, laisse filer des points faute de réalisme. La prochaine journée offre cependant une perspective intéressante. Le retour de Kermiche, suspendu lors des trois derniers matches, peut apporter une nouvelle dynamique sur le flanc. Son profil d’ailier capable de provoquer et d’éliminer en un contre un a manqué dans les dernières sorties. Face au RCA à Kouba, l’attente sera forte autour de cette animation offensive. Les solutions existent dans l’effectif. Encore faut-il retrouver confiance et efficacité devant le but pour relancer la machine. Le RCK ne pourra viser plus haut avec une attaque muette. Le retour de Kermiche samedi prochain face au RCA représente une opportunité de relance. À Kouba, il faudra des actes et des buts pour prouver que l’ambition d’accession reste intacte.
M. A.
