Au cœur des quartiers populaires d’Hussein-Dey, un seul nom circule sur toutes les lèvres, entre espoir fou et nostalgie nécessaire : Meziane Ighil. Alors que le mythique Nasria traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire, le retour de l’ancien président aux affaires semble se préciser de jour en jour. Ce n’est plus une simple rumeur de café, mais une véritable réclamation populaire.
Par Omar Yahiaoui
Le constat est amer pour les supporters des Sang et Or. Pour la quatrième année consécutive, le club a raté son objectif majeur : l’accession en Ligue 1. Les dirigeants actuels, malgré leurs promesses, ont montré des limites structurelles criantes. Sous leur mandat, le NAHD n’a pas seulement perdu de sa superbe sportive, il semble avoir égaré son âme de «club formateur» et sa place parmi l’élite du football algérien. Aujourd’hui, ce n’est plus seulement de résultats dont on parle, mais de la disparition pure et simple d’une institution si rien n’est fait pour redresser la barre.
Un retour sous conditions
L’été dernier, Meziane Ighil était déjà aux portes du club. Il s’était finalement rétracté à la dernière minute, faute de garanties financières solides. Chat échaudé craint l’eau froide. Cependant, le contexte a changé. Selon des sources proches du milieu sportif, plusieurs personnalités influentes auraient déjà approché l’ancien coach national pour lui proposer une aide concrète. Contrairement à l’année passée, des soutiens financiers se disent prêts à s’impliquer sérieusement, à condition que le «Sage» accepte de reprendre les commandes.
Pourtant, le retour de l’enfant prodige n’est pas encore acté. Ighil reste indécis, et on le comprend. L’homme n’a pas oublié l’accueil glacial et l’ingratitude manifestée par certains lors de la fameuse assemblée générale ordinaire (AGO) du club. Membre de droit de l’AG du CSA, il pèse chaque mot et chaque geste.
L’heure du choix
S’il revient, Ighil sait qu’il n’aura pas de période de grâce. Les fans n’attendent rien de moins qu’une accession immédiate. Dans le même temps, ses détracteurs, tapis dans l’ombre, n’attendent qu’un faux pas pour pointer du doigt son bilan.
Le NAHD est à la croisée des chemins. Meziane Ighil doit désormais trancher : rester sur son retrait prudent ou plonger à nouveau dans l’arène pour éviter au Nasria un naufrage définitif. A Hussein-Dey, on veut croire que l’amour du maillot pèsera plus lourd que les rancœurs passées. Mais une chose est sûre : si Ighil revient, ce ne sera pas pour faire de la figuration, mais pour entamer une véritable opération de sauvetage national. L’horloge tourne, et le peuple du NAHD retient son souffle.
