Face aux interrogations légitimes de son public, la JS Kabylie s’enferme dans un mutisme assourdissant. Ni le porte-parole, ni le directeur sportif, ni l’entraîneur n’ont jugé utile de prendre la parole, installant un flou dommageable pour le club. Dans un club de l’envergure de la JS Kabylie, où la pression populaire dicte le rythme quotidien, l’absence d’une stratégie de communication minimale relève de l’erreur de gestion. Alors que l’actualité exige des explications claires sur la santé de l’équipe, la feuille de route du mercato ou les orientations tactiques, les bureaux du directoire comme le banc de touche partagent la même consigne : le silence radio. Ce verrouillage strict de l’information crée un vide immédiat, rapidement comblé par la rumeur et les spéculations. Privés de discours de vérité et de canaux officiels, les fidèles des Canaris sont réduits à l’incertitude. Comment fédérer un public autour d’un projet dont personne ne prend la peine d’expliquer les contours ? L’absence de cadrage par le directeur sportif sur la politique globale du club, cumulée au mutisme du coach sur les réalités du terrain, installe un sentiment de mépris involontaire envers le douzième homme. Dans le football professionnel, la communication n’est pas une concession facultative, mais une obligation morale et institutionnelle. Gérer un grand nom du football national implique d’assumer le dialogue, particulièrement dans les périodes de flou. En refusant d’affronter les micros, la direction et le staff de la JSK fragilisent leur propre position et entretiennent un climat de défiance stérile. Une intervention rapide, structurée et sans langue de bois s’impose pour désamorcer les tensions et restaurer le fil de confiance rompu avec les supporters.
W. K.
