Formé au PSG, Mehdi Kacem a débuté sa carrière professionnelle à Amiens avant de tenter l’aventure espagnole au Real Murcia CF. De retour en France, il a porté les couleurs de Gueugnon, puis a pris un tournant décisif en rejoignant l’Algérie, son pays d’origine. Là-bas, il a enfilé les maillots de grands clubs de Ligue 1 algérienne : l’Entente de Sétif, la JSM Béjaïa, le RC Arbaâ et l’USM Blida. En sélection, il a évolué en U23, avec les locaux, et a participé à un stage en Equipe nationale A. Depuis trois saisons, c’est de l’autre côté du terrain qu’il vit sa passion du football, mettant sa riche expérience au service des jeunes.

Entretien réalisé par Hamid Si-Ahmed
Qu’est-ce qui a changé par rapport à votre époque dans le championnat algérien actuel ? Comment jugez-vous son évolution ?
Déjà, aujourd’hui, au niveau des structures, je pense que les joueurs sont beaucoup moins à plaindre que nous l’étions. Quand tu vois les infrastructures, les stades, comme celui de la JSK et du Mouloudia. Le 5-Juillet, les stades d’Oran, Constantine, Annaba. Nous à l’époque, on jouait au 1er-Novembre, à Tizi Ouzou, à Zabana, à Oran, sur du tartan. Sur une pelouse, c’est plus agréable, plus à l’aise pour un footballeur.
Comment trouvez-vous le niveau technique des joueurs ?
Le joueur algérien, c’est sa qualité première. Mais ça diffère selon les générations. Nous, notre génération, techniquement et individuellement, on a de très bons joueurs. Aujourd’hui aussi, il y a de bons joueurs. Mais je vais quand même insister sur le fait que jouer sur un gazon naturel, c’est beaucoup plus agréable.
Vous avez porté les couleurs de grands clubs algériens. Quel maillot pèse le plus lourd dans votre cœur, et pourquoi ?
(Rires.) C’est biensûr le Mouloudia. J’y ai joué pendant presque sept années. Six saisons pleines, quand-même. C’est beaucoup de souvenirs, avec des titres. Beaucoup de choses !
Un mot sur la domination du MCA, son sacre…
Je suis content. Le club est en train de travailler, il est sur la bonne voie. Je pense qu’il manque encore certaines choses qu’ils pourraient améliorer, avec les moyens qu’ils ont aujourd’hui. J’espère qu’ils vont continuer comme ça. C’est un club qui mérite d’être à l’échelle internationale. Donc c’est tout le bonheur qu’on souhaite au Mouloudia.
En parlant de moyens, comment expliquez-vous la situation dans laquelle se trouvent plusieurs grands clubs, qui ont justement des atouts financiers considérables, mais qui n’y arrivent pas, comme la JSK, l’ESS, l’USMA… ?
Bon, il y a toujours un seul qui gagne, après, ya toujours six clubs qui doivent jouer la première partie du classement. Après, je pense qu’au niveau africain, on est quandmême aujourd’hui mieux qu’avant. On a quand-même l’USMA finaliste, le CRB qui a atteint les demi-finales. Le MCA a atteint les quarts, la saison dernière…
Je pense qu’on est en train de progresser. Je pense que dans les années à venir, avec la continuité dans le travail, on aura notre mot à dire.
Que représente pour vous la Ligue 1 algérienne aujourd’hui ?
Écoutez, c’est notre championnat. Comme je disais, on a tout pour que le championnat soit de qualité. Ça ne pourra que s’améliorer davantage, avec l’aide de l’État, et les gens du football. C’est tout le bien qu’on souhaite à notre championnat. On a un beau public, tous les clubs ont un bon public. Il faut donc continuer comme ça, voilà.
Quel a été le déclic pour passer de joueur à entraîneur ?
Ç’a toujours été une passion pour moi. Quand tu joues au milieu de terrain et que tu as une bonne clairvoyance de jeu, tu as toujours des idées, comme un entraîneur. Donc ç’a toujours été un choix de vie, même en étant plus jeune. Donc voilà, aujourd’hui je suis en train de débuter, c’est ma troisième saison. On espère un avenir meilleur, c’est déjà pas mal. J’ai commencé à Ain Benian, où j’ai fait l’accession. L’année dernière, j’étais à la JSM Chéraga, on a terminé 2e du championnat. Cette année, j’ai commencé avec Cheraga, après neuf journées, on était premier, mais j’ai quitté le club, malheureusement pour un problème de discipline avec un joueur, et un président qui n’a pas voulu adhérer à la discipline. Après, j’ai rejoint le Hydra AC (Régional 1). Trois journées avant la fin de l’aller, il était relégable, avec 9 points. Aujourd’hui on est 4e avec 48 points. Et il reste deux matchs. C’est une passion, c’est une envie, on est en plein diplôme. Biensûr, j’aspire à atteindre le haut niveau, comme quand j’étais joueur …
Quelle est la plus grande difficulté que vous rencontrez dans les divisions inférieures ?
Pareil, c’est les structures, et c’est un peu le manque de professionnalisme, on va dire. Tout ce qui est matériel pédagogique, des fois, les finances aussi qui ne suivent pas.Au niveau de la qualité des joueurs, ya pas mal à apprendre. On apprend bien, quand on commence d’en bas, pour arriver en haut. Ya beaucoup de choses à apprendre pour progresser, quand tu commences d’en bas.
Avec l’émergence des réseaux sociaux, est-ce plus difficile aujourd’hui d’être entraîneur ? Comment le viviez-vous lorsque vous étiez joueur ?
Biensûr. Aujourd’hui, la première chose que fait un joueur, c’est toucher son téléphone. Il suit un peu ce qui se passe dans le monde. Donc un entraîneur, avant d’être un entraîneur, il a un peu ce côté pédagogique, pour que le joueur adhère au travail, la prise de contact à l’entraînement. Où il arrive toujours à laisser les joueurs, dans le monde dans lequel on vit.
Quelle est, selon vous, la première qualité du footballeur algérien et quel est son premier défaut ?
Le joueur algérien, il est doué techniquement, ya rien à dire. On a tous une certaine technique en nous. Le défaut, c’est un peu le côté psychologique et le côté fainéant. Le manque d’investissement dans le travail. Mais aujourd’hui, je pense qu’on est en train de faire en sorte que ça aille mieux, et voilà.
Vous avez évolué en tant que milieu récupérateur. Êtes-vous rassuré par l’arrière-garde de l’Equipe nationale ?Il ne reste pas beaucoup pour le Mondial 2026. En tant que milieu récupérateur de métier, êtes-vous rassuré par l’arrière-garde de l’équipe nationale ?
Je pense que ça va mieux aujourd’hui. Le sélectionneur a commencé à trouver un échiquier, à peu près à 80% de l’équipe-type. On commence à voir certaines cohésions sur le terrain, entre les joueurs, une certaine complémentarité. Ça reste quandmême un point positif.
Quel conseil donneriez-vous aux joueurs pour gérer la pression et être forts mentalement durant la phase finale du Mondial ?
C’est des joueurs internationaux, ils jouent tous dans des clubs où ils subissent la pression à longueur d’année. Je ne pense pas qu’ils auront plus de pression que d’habitude. Ils jouent quand même pour un grand pays qui est le nôtre, et j’espère qu’ils nous rendront heureux,inch’Allah.
Vous faites confiance à Petkovic ?
Écoutez, si la fédération l’a mis, on est tous derrière lui. J’espère qu’il nous fera une belle Coupe du monde.
Le meilleur joueur que vous ayez affronté durant votre carrière, en Algérie ?
Yen a pas mal. Pas un en particulier, la plupart, c’est des bons joueurs. C’est vrai qu’il y a quelques joueurs qui sont restés ancrés. Les Hadj Aïssa, Belkaïd…
Les meilleurs à votre poste actuellement…
On a Benkhemassa au Mouloudia, qui fait un très bon travail au milieu de terrain. Actuellement, c’est peut-être le meilleur à ce niveau-là.
Quels sont vos projets futurs ?
C’est continuer d’exercer mon métier, et d’aller le plus haut possible. D’essayer de donner notre expérience aux jeunes.
Si vous aviez une baguette magique, quel serait le premier problème du football algérien que vous réglerez ?
La formation. Je la ferai progresser.
H. S-A.
