27 mai 2026
CAN

Le Maroc veut (re)larguer l’Afrique

Il n’y a pas de fumée sans feu. L’Afrique du Sud s’est montrée disposée à prendre le relais du Maroc pour l’organisation de la CAN 2026 dames prévue du 17 mars au 3 avril prochains. Tout cela porte à croire que les Marocains n’ont plus envie d’abriter le tournoi. Ce qui les expose à de lourdes sanctions cette fois à l’encontre de la sélection féminine. Détails.

Par Mohamed Touileb

L’«information» a circulé telle une traînée de poudre dimanche soir. Et c’est depuis l’Afrique du Sud que l’hypothèse de voir les Marocains être suppléés comme pays hôte a germé. La vice-ministre sud-africaine des Sports, Peace Mabe, avait laissé entendre que le Maroc ne veut plus accueillir la messe continentale. «Nous avons les infrastructures et le soutien nécessaire. Quand le Maroc a dit qu’il ne serait pas capable de l’organiser, nous avons dit oui», a-t-elle assuré.

Quelques heures après, le ministre sud-africain des Sports, des Arts et de la Culture, Gayton McKenzie, a remis les choses au clair en notant que «l’Afrique du Sud a seulement indiqué être disposé à soutenir la CAF si des solutions alternatives d’organisation s’avéraient nécessaires. Ces discussions s’inscrivent dans le cadre des plans d’urgence habituels de la CAF. Aucune décision n’a été prise concernant un éventuel déplacement du tournoi, et le Maroc demeure le pays hôte confirmé. La CAF n’a activé aucune procédure d’organisation alternative».

La CAN 2025 a laissé des séquelles

Hôte des éditions 2022 et 2024, les voisins devaient aligner une troisième organisation dès le printemps à venir. Un monopole dont ils n’en voudraient plus après la CAN 2025 messieurs qui a vu la CAF «sanctionner» les Lions de l’Atlas après les incidents de la finale contre le Sénégal.

Manifestement, Fouzi Lekjaâ, patron de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), mais aussi vice-président de la structure continentale où il est très influent, n’a pas digéré que la CAF punit le Maroc «après tout ce que le pays a fait pour l’Afrique». C’est le sentiment commun qui est décuplé par une condescendance désormais manifeste qui va jusqu’à penser à larguer l’Afrique et mettre en péril la tenue d’une manifestation sportive comme ce fut le cas pour la CAN 2015. Sauf qu’à l’époque, l’argument de la pandémie Ebola avait sauvé la mise et fait annuler les sanctions de la CAF.

Toutefois, il faut noter que – pour cette fois – cette démarche orgueilleuse peut avoir de lourdes conséquences. En effet, l’article 88.4 du règlement de la CAN dames stipule qu’un «retrait notifié moins de six mois avant la date du tournoi final» est passible d’«une amende de 250 000 dollars US». De plus l’«association (la FRMF pour le cas) s’acquittera, également de la réparation de tous les préjudices moraux et financiers subis par la CAF et par les participants».

Les conséquences sportives peuvent être lourdes

À cela s’ajoute le fait que «son équipe nationale A (celle féminine du Maroc dans ce cas) sera aussi suspendue pour les deux prochaines éditions de la CAN, sans tenir compte de l’édition concernée». La conséquence est lourde puisque les Lionnes de l’Atlas devraient être bannies du tournoi qui se déroulerait sur le sol sud-africain ainsi que les deux séquences suivantes (2028 et 2030). De ce fait, il ne leur sera pas possible de disputer la prochaine Coupe du monde féminine qui se tiendra au Brésil à l’été 2027. La participation au Mondial 2031 devient – est aussi – menacée

Tout cela sera un véritable coup dur pour Lekjaâ et la FRMF qui misent beaucoup sur la sélection féminine pour montrer que la stratégie footballistique au pays a atteint tous les niveaux et les genres. Est-ce que la CAF appliquera ces sanctions sachant que cet épisode pourrait accentuer les tensions internes à la CAF ? Affaire à suivre.

M.T.

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