La défaite concédée en Coupe face à la JSM Béjaïa (3-0) est venue aggraver un peu plus la situation déjà alarmante du Nasr Hussein Dey. Battus sèchement par une formation sociétaire de l’Inter-Régions, les Sang et Or ont touché le fond, confirmant une spirale négative qui plonge le club dans une détresse sportive profonde et inquiétante.
Par Omar Yahiaoui
Certes, la Coupe d’Algérie ne figurait pas parmi les priorités du NAHD cette saison. L’objectif initial restait centré sur le championnat. Mais perdre de cette manière, sans réaction ni âme, face à une équipe évoluant en division inférieure, dépasse largement le cadre d’un simple accident de parcours. Cette élimination, lourde et humiliante, met crûment en lumière l’ampleur du malaise qui ronge le club.
Sur le terrain, le Nasria a livré une prestation indigente. L’équipe est apparue sans repères, sans engagement et surtout sans solutions. Les joueurs ont semblé évoluer comme des fantômes, incapables d’imposer le moindre rythme ou de rivaliser dans l’impact et l’intensité. Face à une JSMB pourtant prenable sur le papier, le NAHD a été dominé dans tous les compartiments du jeu, donnant l’impression d’un groupe résigné et à bout de souffle.
Avec un tel rendement, les ambitions de montée ou même d’accrochage d’une place qualificative pour les play-offs deviennent illusoires. L’écart de niveau affiché lors de cette rencontre laisse peu de place à l’optimisme. A ce stade, le constat est brutal : le NAHD est trop loin du compte et ne dispose pas, en l’état, des ressources humaines et mentales pour espérer un redressement rapide.
Un grand chantier pour Zemiti
Cette débâcle intervient dans un contexte déjà marqué par des tensions internes, des problèmes financiers et des boycotts à répétition. Autant de facteurs qui fragilisent davantage un groupe déjà en perte totale de confiance. Le club historique du quartier d’Hussein Dey semble aujourd’hui prisonnier d’une crise multidimensionnelle dont il peine à voir l’issue. Pour le nouvel entraîneur Farid Zemiti, la tâche s’annonce herculéenne. Arrivé avec l’espoir d’insuffler un nouveau souffle, le technicien se retrouve face à un chantier colossal. Sonner la révolte dans un tel climat relève presque du miracle. Toutefois, Zemiti n’a d’autre choix que d’imposer une discipline stricte, de remettre de l’ordre dans le vestiaire et de tenter de reconstruire sur des bases saines, même si cela implique de repartir pratiquement de zéro. Plus que jamais, le NAHD se trouve à un tournant critique de son histoire récente. Sans réaction forte, tant sur le plan sportif que structurel, le risque de voir le club s’enfoncer davantage est bien réel. Cette élimination en Coupe, loin d’être anodine, pourrait bien être le symbole d’une saison cauchemardesque, à moins d’un sursaut d’orgueil salvateur qui tarde encore à se dessiner.
O. Y.
