Maroc, la nouvelle « no go » zone
Toutes tensions ont leurs répercussions. Et l’affaire du match de la demi-finale de la Coupe de la Confédération CAF entre l’USM Alger et la RS Berkane n’échappe pas à la règle et n’est pas faite pour arranger les choses. Jusqu’à présent, les footballeurs et entraîneurs algériens ont pu exercer chez les voisins marocains sans trop de problèmes. Cependant, la politique prend désormais de plus en plus de place. Ce qui s’est passé pour Yousri Bouzok et Riyad Benayad au Raja Casablanca confirme ce constat. Détails.
Par Mohamed Touileb

Tout est parti d’une banderole en soutien à la RS Berkane avec laquelle ont posé, dimanche, les joueurs du Raja Casablanca en compagnie de leur adversaire, la RS Zemamra. Y était affiché un message à connotation politique et référant aux incidents en marge du match contre les Usmistes qui n’a pas été joué. « Vous n’êtes pas seuls dans cette bataille. Nous sommes tous ensembles avec le RS Berkane. Notre unité territoriale est une ligne rouge », pouvait-on lire.

Des sanctions abusives
L’allusion est faite à cette carte du Maroc, incluant le Sahara Occidental, floquée sur le torse de la tunique de la RS Berkane. Et deux algériens étaient concernés par cette rencontre. Il s’agit de Yousri Bouzok, considéré comme l’un des meilleurs joueurs de la Botola Pro (2e meilleur buteur avec 9 réalisations et meilleur passeur avec 7 unités) cette saison, et Riyad Benayad, prêté par l’ES Tunis aux Rajaouis.
Évidemment, sachant ce que cela pourrait représenter en termes de récupération, ils n’ont pas voulu faire partie de cette mascarade qui visait directement leur pays de naissance. D’ailleurs, dans leur contrat, il n’a jamais été stipulé qu’ils se doivent de faire ce genre d’opérations extra-sportives.
Pourrissement accéléré

Malgré cela, la direction a décidé de les sanctionner pour leur pourrir la vie. Face à cette situation, les anciens pensionnaires du Paradou AC et l’ES Sétif devraient rompre son contrat et lever le camp du Maroc sachant que l’atmosphère pourrait devenir -de plus en plus- tendue. Bouzok a encore un bail qui court jusqu’à juin 2025. Mais il ne compterait pas aller au bout alors que Benayad peut mettre fin à son prêt et revenir chez l’Espérance.
Et ce n’est pas tout puisque Ilyes Chetti et Zakaria Draoui pourraient, eux aussi, être amenés à quitter le championnat marocain et le Wydad Casablanca. Tout cela dépendra de la tournure que prendra ce dossier géopolitico-sportif. Qu’il semble loin le temps où Abdelhak Benchikha emmenait la RS Berkane au sacre dans la Coupe de la Confédération CAF et la Supercoupe continentale. Pourtant, ce n’était qu’à l’été 2022. C’est pour illustrer à quel point les choses se pourrissent. Affligeant !
M. T.
