6 octobre 2026

Nasria, y a-t-il un pilote dans l’avion ?

La réussite dans le football moderne ne se gagne plus seulement sur la pelouse, dans l’intensité des duels ou la sueur des entraînements. Il se bâtit d’abord dans les bureaux, à travers une assise administrative solide, une vision collégiale et une mobilisation générale de toutes les forces vives d’une institution. Au Nasria, la réalité frappe aujourd’hui avec une impitoyable cruauté. En ce début de saison, le président Athmane Sahbane porte le club à bout de bras, naviguant à vue au milieu de tempêtes financières et institutionnelles qu’un seul homme ne peut raisonnablement plus assumer. S’il a affiché des ambitions élevées et promis aux supporters de retrouver les premiers rôles, le constat est implacable : le NA Hussein Dey a urgemment besoin d’un électrochoc, d’une restructuration en profondeur et, par-dessus tout, d’un soutien indéfectible au sein de son bureau directeur.

La tribune d’honneur de Dar El Beida comme miroir d’une solitude politique

Les événements survenus samedi dernier au stade Omar-Benrabah de Dar El Beida, lors du bouillant derby face au voisin koubéen, ont agi comme un révélateur brutal de cette fragilité organisationnelle. Ce jour-là, les images parlent d’elles-mêmes : une tribune d’honneur entièrement accaparée par les dirigeants et les sympathisants du RCK, affichant une unité institutionnelle et une présence de poids face à un Nasria en infériorité numérique d’influence. Isolé, Athmane Sahbane s’est retrouvé en première ligne, épaulé tant bien que mal par le manager Ali Bendebka. Ce dernier, gagné par la tension ambiante, s’est même accroché vertement avec des responsables koubéens particulièrement expansifs et bouillonnants, une altercation qui a fini par mettre le président hors de lui. Cet épisode tendu dépasse le simple cadre de l’échauffourée verbale ; il illustre la vulnérabilité d’un club où la direction se sent parfois assiégée, manquant cruellement d’un contrepoids institutionnel fort, serein et structuré pour imposer le respect dans les enceintes adverses.

L’impératif de l’union sacrée pour sauver les ambitions du Nasria

Aujourd’hui, la gestion administrative et financière du NAHD ne peut plus reposer sur les seules épaules d’un président abandonné à sa solitude. Le football de haut niveau exige des compétences multiples, des appuis financiers diversifiés et des hommes engagés, prêts à s’investir corps et âme pour redonner au club ses lettres de noblesse. Les supporters et les enfants du club le savent pertinemment : les promesses de jouer les premiers rôles formulés en début de saison resteront de vœux pieux si la structure dirigeante demeure une forteresse assiégée et clairsemée.

L’heure est donc grave et les véritables Nahdistes, les anciens, les compétences prêtes à s’impliquer doivent impérativement sortir du bois pour épauler leur président. Sans un renforcement immédiat du bureau directeur et une cohésion retrouvée en coulisses, le Nasria continuera de tanguer au gré des vents contraires, incapable de transformer ses légitimes ambitions sportives en une réalité pérenne.

O.Y.

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