Si l’élimination de l’Algérie en ¼ de finale de la CAN 2025 (21 décembre – 18 janvier) n’a pas eu l’effet d’un tremblement de terre, la décision d’Oussama Benbot (31 ans/2 capes), gardien des Verts, de mettre brusquement fin à sa carrière a pris tout le monde de court. Ce jet de gants cacherait un malaise grandissant qui a fini par pousser le pensionnaire de l’USM Alger à se retirer.
Par Mohamed Touileb
A vrai dire, l’avènement de Luca Zidane comme principal portier des « Fennecs » était déjà un premier coup dur pour Oussama Benbot qui est en sélection A depuis plus de deux ans mais qui n’a jamais vraiment été dans les grâces du staff technique. Pourtant, il n’avait pas été mauvais lorsqu’il a joué. On pense à son match face au Rwanda à Constantine (2-0) en juin dernier et celui contre le Zimbabwe en novembre (3-1). Constamment appelé depuis juin 2023, il a été recensé à 12 rassemblements se contentant de faire 2 apparitions seulement.
Il pensait être au moins numéro 2
Avec la redistribution des cartes au poste de dernier rempart, l’Usmiste espérait certainement avoir plus d’importance dans les plans de Vladimir Petkovic. Ce dernier a, contrairement à son prédécesseur Djamel Belmadi qui l’avait cantonné au banc, permis à Benbot de faire son baptême international en juin écoulé. L’aboutissement était logique pour celui qui est considéré comme l’un des meilleurs gardiens en Afrique puisqu’il a été nommé aux CAF Awards parmi les keepers les plus performants grâce à ses prestations avec les Rouge et Noir dans les épreuves continentales (Coupe de la Confédération CAF). Arrive alors cette CAN 2025 au Maroc dans laquelle il aspirait à avoir un rôle à jouer. Ne serait-ce comme « numéro 2 » derrière un Luca Zidane au nom qui sonne plus ronflant que celui de Benbot qui n’a pourtant rien à envier « gardienistiquement » au fils cadets de Zinedine.
Le rebondissement qui a fait déborder le vase
Le troisième match dans la phase de poules était anecdotique puisque l’EN avait assuré la première place. Petkovic a aligné la deuxième équipe et Benbot était prévu comme titulaire pour garder les cages face à la Guinée équatoriale. Sauf que le jour du match, il a vu Anthony Mandréa, invité surprise de la liste des 28 après le forfait d’Alexis Guendouz, être titularisé. Les indiscrétions parlent d’un « mini-clash » entre Benbot et Mandi, vice-capitaine lors du match d’application des entraînements. Est-ce que Mandi a fait valoir son poids de cadre pour pousser Petkovic à revoir son plan ? On ne peut rien affirmer.
Toujours est-il que cette mesure est tombée tel un coup de massue sur Benbot. Au point même de vouloir quitter la sélection sur le champ avant de revenir à de meilleurs sentiments afin d’éviter toute polémique en pleine compétition. Il a donc attendu que l’aventure prenne fin pour aller au bout de son intention et faire part de son dégoût de certaines pratiques qu’il juge – et on le comprend – malsaines.
L’anticipation d’un Mondialiste
Malgré ce mal enduré, l’enfant d’Aïn M’lila indique dans sa lettre que « les moments vécus en deuxième famille, notamment les parcours héroïques lors des qualifications des éditions finales de la Coupe d’Afrique des nations de la CAF et de la phase finale de la Coupe du Monde 2026 resteront gravés à vie dans ma mémoire ». En arriver à renoncer à une place de mondialiste prouve quand-même que le concerné ne peut plus affronter certaines « injustices » ou les vivre de plus près à l’avenir au risque d’accentuer les tensions. Et puis, compte-tenu de la tendance, on peut se douter que Benbot aurait même pu se retrouver en dehors des plans pour le rendez-vous planétaire. L’anticipation permet aussi parfois de garder la dignité intacte.
M. T.
