25 mai 2026

Pas retenu par Petkovic en raison de « problèmes disciplinaires »

Belaïli, la discipline et le « talent » d’Achille

C’était une petite surprise quand même. Ultra performant avec le MC Alger, dont il est le meilleur buteur et le meilleur passeur avec 14 réalisations et 14 offrandes en 23 apparitions, Youcef Belaïli ne fait pas partie des 25 Verts qui figurent sur la liste du rassemblement de juin que Petkovic a communiquée jeudi dernier. Souvent sauvé par ses qualités footballistiques, le milieu offensif a – inévitablement –  fini par payer sa star attitude et sa nonchalance.

Par Mohamed Touileb

Lors de la dernière CAN (2023), Belaïli a signé un retour rassurant en sélection. Même si les Verts ont déjoué, le natif d’Oran a été un élément remarquable. Il avait même réussi à justifier son comeback chez les Fennecs. Djamel Belmadi, alors chef de la barre technique d’El-Khadra, avait décidé de le faire revenir dans son squad malgré un choix de carrière qui aurait pu tout plomber.  En effet, l’été dernier, Belaïli a décidé de rejoindre le MC Alger avec tout le boucan que cela a suscité sportivement, mais aussi sur le plan financier avec des chiffres astronomiques concernant ses rémunérations chez le « Doyen ».

Trop de latitude tue l’attitude

Malgré cette pression et les attentes, l’ex-sociétaire de l’AC Ajaccio et du Stade Brestois 29, a réussi à tout absorber et s’imposer comme une plaque tournante des Mouloudéens avec des statistiques qui montrent – si besoin – que Belaïli n’a rien d’un joueur ordinaire et que ce qu’il a dans les jambes n’est pas commun à tous les mortels. Son apport était important puisque les Algérois ont remporté le championnat après 14 ans d’attente et se retrouvent finalistes de la Coupe d’Algérie.

Seulement, ses problèmes dans le comportement ont persisté. Belaïli rouspète, râle et s’en prend même « physiquement » aux arbitres (cas avec Ghada Mahat lors du match contre le WA Tlemcen), quand il est mécontent. Certes, ce ne sont pas des agressions, mais en agissant ainsi il a donné le bâton pour se faire battre. D’autant plus que beaucoup pensent que ses échecs à avoir une carrière stable à l’étranger sont les résultats d’une légèreté et une nonchalance qu’il a toujours assumées et sur lesquelles l’ancien driver de l’EN avait préféré ne pas faire de fixette.

Pourtant, il a un jeu « africanisé »

Mais voilà que la conception change avec Petkovic. Ce dernier a déclaré : «Belaïli est un joueur intéressant, avec beaucoup de talent. Mais j’ai choisi de ne pas le convoquer parce que d’autres joueurs dans le groupe sont de nouveau meilleurs. Belaïli a eu des problèmes de discipline. Je le sais, mais la porte reste ouverte aussi». A ce sujet, on croit savoir que le Bosnien a été mal traduit puisqu’il évoquait ses problèmes disciplinaires avec la FIFA et son différend avec Al Ahli SC (Arabie saoudite) plutôt que son comportement. Mais la balle était déjà partie.

Par ailleurs, quand Petkovic parle de joueurs qui ont retrouvé leur niveau, il fait allusion à Yacine Brahimi et Saïd Benrahma. Sauf que la « hype » de Belaïli est supérieure à ces derniers. De plus, le maître à jouer du Mouloudia a montré qu’il était le plus « africanisé » de nos ailiers. Et quand on voit que Petkovic martèle qu’il cherche des profils adaptés au foot africain, on ne comprend pas trop cette mise à l’écart.

Défendable… dans une certaine mesure

Naturellement, le père de Belaïli, Hafid, a réagi à cette mise à l’écart en disant qu’il «respecte beaucoup l’entraîneur national, Vladimir Petković, mais Youcef est discipliné. Si ce n’était pas le cas, il ne resterait pas longtemps dans l’équipe nationale et ne remporterait pas la Coupe arabe et la Coupe d’Afrique». Selon lui, «certaines personnes ont dû induire en erreur Petković, mais les statistiques de Youcef cette saison parlent d’elles-mêmes». Et Abdelhak Benchikha est du même avis puisqu’il rappelle qu’«actuellement, Youcef Belaili est le meilleur joueur du championnat. Il est le meilleur buteur et passeur. Il rayonne sur son équipe, et son influence sur le jeu du MCA est importante. J’aurais aimé que Petkovic invoque une autre raison pour expliquer la non-sélection de Belaili». Intrinsèquement, Belaïli peut apporter de la percussion aux Fennecs. Cela reste indéniable. Après, en termes d’efficacité avec le maillot Dz, on peut aussi relever qu’il n’a délivré que deux passes décisives, dont une seulement en officiel (face à l’Angola), pour 0 but sur les 13 dernières capes. Trop peu pour le 3e meilleur passeur de l’histoire de la sélection.

M.T.

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