Vladimir Petkovic avait tâché de donner l’air de ne pas être préoccupé par son avenir. La chronologie des faits en atteste. En mars dernier, il avait donné son accord pour rester à la tête de l’équipe nationale. Toutefois, la prolongation ne s’est concrétisée que juste avant le départ des Verts vers les États-Unis pour disputer la Coupe du Monde 2026. A présent, la Fédération algérienne de football (FAF) pourrait se retrouver à vouloir rompre une collaboration difficile à défaire sur le plan contractuel. Chronologie du mode opératoire rusé de Petkovic. Si les Algériens estiment unanimement que le Suisso-Bosnien n’est absolument pas l’entraîneur qu’il faut aux Fennecs et qu’il devrait s’en aller illico presto, la FAF n’a toujours pas scellé le sort du technicien de 62 ans. Ce tâtonnement s’explique par le fait que le driver a obtenu récemment une prolongation et qu’il a atteint l’objectif (qualification au second tour du Mondial 2026). Par conséquent, il n’y a pas de motif juridique clair qui permette à l’instance fédérale de le résilier d’une manière unilatérale.
Parole en l’air
Maintenant, au-delà de l’aspect légal, il y a le côté moral et… oral. Il se trouve qu’avant de rempiler, Vladimir Petkovic et Walid Sadi s’étaient entendus sur une possible séparation si les choses ne se passaient pas comme prévu. D’ailleurs, on se retrouve dans ce cas de figure. Cette prédisposition à partir contre deux ou trois mois de compensation n’est apparemment plus envisageable du côté de l’entraîneur.
Si cela se confirme, on peut clairement dire que le successeur de Djamel Belmadi a trahi sa parole d’homme. Ce qui ne serait pas étonnant car le concerné a recouru à la ruse avant de signer jusqu’en juillet 2028 avec la FAF. Dans un premier temps, il a tâché de donner l’impression qu’il pourrait s’en aller très facilement et que la Fédération polonaise de football (PZPN) a sollicité ses services. Un intérêt finalement ancien et loin d’être avéré surtout que la PZPN n’était clairement pas en position de faire une offre aussi généreuse que celle de la partie algérienne.
Par la suite, en négociateur fourbe, Petkovic a fini par avoir une revalorisation salariale et sécuriser son avenir avec El-Khadra. La première partie du mode opératoire a été réalisée avec succès. Par la suite, il a disputé la CdM 2026 sans pression de résultats si ce n’est cette condition (largement accessible) de passer la phase de poules. La tâche était largement réalisable en considération du mode de compétition qui permettait même à 8 des 12 troisièmes de survivre à l’écrémage.
La théorie du sabordage délibéré et la provocation de Morandi
A partir de là, le natif de Sarajevo avait rempli sa partie du contrat. En plus de la prime des seizièmes de finale (150 000 euros), Vlado ne sera, sauf accord à l’amiable, pas éjectable. Même contre trois mois de compensation. Petkovic – avec son sourire Colgate – le savait très bien. Il se pourrait même qu’il se soit délibérément mis dans cette posture quand on assemble les pièces du puzzle. Cela va de sa composition ambitieuse face à l’Argentine, sa témérité tactique face à la Suisse (en se sabordant avec un schéma inédit qui a plombé les Fennecs) à son rapport envoyé à la FAF dans lequel il accable ses joueurs. Une manière de signifier qu’il a potentiellement perdu le vestiaire. Par ailleurs, on n’oubliera pas de relever les manœuvres provocatrices de son adjoint Davide Morandi qui veut à tout prix se faire remarquer. Ainsi, Petkovic cherche à pousser Sadi à penser à changer d’entraîneur. Pour cela, il faudra que le poste devienne vacant et la vacance implique de licencier l’actuel sélectionneur. Les agissements de l’ancien chef de la barre technique des Girondins de Bordeaux, poussé par son agent Vinicio Fioranelli, qui a la réputation de vouloir faire des casses en matière de dédommagements, ont de quoi faire loucher.
M.T.
