Le rideau est tombé et au RCK, si l’heure est au bilan, elle est aussi à la projection. Deuxième du championnat, une place honorable mais frustrante à la fois, le Raed a une nouvelle fois échoué à accéder à l’élite.
Par Youcef Mimoune
Une déception d’autant plus amère que les erreurs de gestion et le recrutement hasardeux ont souvent été pointés du doigt tout au long de l’exercice. Et voilà que se dresse un nouveau défi pour le président Salim Messani, celui d’éviter une hémorragie de cadres. En effet, Derdar, Bellalem, Boubakour et Kermiche se retrouvent aujourd’hui au centre des préoccupations. Très sollicités par d’autres clubs, ils ont toutefois fait savoir qu’ils accordent leur priorité au RCK, à condition d’être rassurés sur les ambitions du club. Ils réclament un recrutement de qualité et une organisation digne d’un prétendant sérieux à l’accession. Il faut dire que le club koubéen peut se targuer d’avoir bâti un noyau expérimenté et cohérent et malgré un effectif parfois déséquilibré et quelques carences criantes dans certains secteurs, le socle constitué par des cadres tels que Derdar, Bellalem, Boubakour et Kermiche a joué un rôle fondamental dans les résultats du club. Leur départ éventuel serait un coup dur au club, la saison prochaine.
Des joueurs partants mais exigeants
L’un des aspects les plus rassurants dans ce dossier reste que ces joueurs ne ferment pas la porte au RCK. Bien au contraire. Tous ont exprimé leur attachement au club et à ses supporters. Pour eux, rester est une option sérieuse mais à une seule condition. Ils exigent que la direction du club change de cap et souhaitent des garanties sportives et structurelles. Les cadres exigent un recrutement intelligent et ciblé et surtout une gestion plus rigoureuse, loin des improvisations qui ont coûté cher cette année. Dans leur esprit, le RCK doit sortir de la logique de bricolage et de court terme. Pour eux, jouer l’accession ne peut pas être une simple déclaration d’intention, mais le fruit d’un vrai projet avec des moyens et une organisation en conséquence.
Un président à la croisée des chemins
C’est donc vers le président Salim Messani que tous les regards se tournent. Depuis son intronisation à la tête du club la saison passée, il a promis de faire du RCK un club structuré et fidèle à sa réputation de club formateur. Seulement, les résultats de cette saison ont démontré que le club est loin et manque encore de cette rigueur indispensable pour franchir le dernier palier. Pour cela, il devra agir vite surtout que l’intersaison est courte et les négociations s’accélèrent dès les premières semaines de juin. D’autres clubs sont déjà entrés en contact avec les joueurs cités. Si Messani tarde à faire une proposition convaincante, il risque de voir le groupe se vider de sa substance. Cela passe par des discussions rapides et constructives avec les joueurs concernés, mais aussi par une mobilisation générale au sein de la direction. Il faudra aussi convaincre des recrues ciblées de rejoindre le projet sans tomber dans les excès ou les choix de facilité. Avec une ossature fiable et des joueurs expérimentés prêts à prolonger l’aventure, le RCK a une base sur laquelle bâtir sa prochaine saison. La balle est dans le camp du président Messani…
Les supporters veulent des actes
Par ailleurs, la direction koubéenne sait que les supporters n’accepteront pas une troisième saison consécutive sans accession. Du côté des tribunes, les supporters sont clairs. Le temps des promesses est révolu. Ils veulent des engagements fermes et des décisions concrètes. Beaucoup ont exprimé leur soutien aux cadres actuels et considèrent qu’ils méritent d’être valorisés pour leur loyauté et leurs performances. Certains fans ont même publié des messages sur les réseaux sociaux appelant le président à blinder ses cadres en insistant sur le fait que le RCK ne peut pas se permettre de reconstruire une équipe entière chaque saison. Les supporters savent que le championnat de la saison prochaine sera relevé et sans continuité, le Raed risque de repartir de zéro, ce que les Koubéens ne souhaitent guère…
Y. M.
