Sous tension à l’approche du derby face au NAHD, le RCK traverse une zone de turbulences marquée par des primes impayées et un vestiaire agité. Messani se retrouve face à ses responsabilités pour éviter une implosion et relancer un groupe capable du meilleur comme du pire.
La situation devient de plus en plus délicate au sein du RCK. À quelques jours d’un derby capital face au NAHD, la pression est montée d’un cran autour du président Messani, confronté à un groupe de joueurs très remonté qui exige le paiement de trois primes en retard. Une crise financière qui commence sérieusement à impacter le sportif, au point de fragiliser l’équilibre déjà précaire de l’équipe. Ce malaise interne n’est pas sans conséquence sur les performances. Face à l’ESMK, le Raed a montré deux visages. Une première période totalement ratée où l’équipe était méconnaissable, sans repères ni intensité. Il a fallu attendre les ajustements opérés à la pause pour voir une réaction et un renversement de situation. Une victoire qui ne doit cependant rien masquer, tant elle repose sur un sursaut plutôt que sur une réelle maîtrise. Dans la foulée, les critiques ont visé le staff technique. Cherif Hadjar a été pointé du doigt pour certains choix jugés discutables, notamment l’alignement de joueurs en difficulté comme Meftahi ou Aknouche.
Contexte tendu
Des décisions qui ont alimenté la frustration des supporters, déjà agacés par l’irrégularité de leur équipe. Mais en coulisses, la réalité semble plus complexe. Des informations en provenance du vestiaire évoquent un contexte tendu qui aurait contraint l’entraîneur à composer avec des absences inattendues. Le cas de Mohammedi illustre parfaitement ce malaise. Absent de la feuille de match sans être blessé, le joueur aurait boudé les entraînements et refusé de jouer en raison de ses dus impayés. Lehbiri, meilleur buteur de l’équipe avec sept réalisations, aurait lui aussi manifesté son mécontentement en boycottant une partie de la préparation avant de réintégrer le groupe à la veille du match. Un comportement qui a poussé le staff à le laisser sur le banc malgré son importance offensive. Dans ce contexte explosif, la gestion humaine devient aussi importante que l’aspect tactique. Le groupe semble fragmenté, tiraillé entre ses ambitions sportives et ses revendications financières. Une équation difficile à résoudre à un moment charnière de la saison. Le derby à venir représente bien plus qu’un simple match. Il s’agit d’un tournant pour le RCK dans sa course aux play-offs. Mais sans stabilité ni engagement total des joueurs, il sera difficile d’espérer enchaîner les résultats positifs. Messani n’a plus droit à l’erreur. Il doit apaiser les tensions et remettre de l’ordre avant qu’il ne soit trop tard. Car dans un championnat aussi exigeant, les points ne s’arrachent pas dans la confusion et les états d’âme, mais dans l’unité et l’engagement total.
M.A.
