17 avril 2026

Une politique de recrutement à revoir

Il faut le dire sans détour : le RCK a raté ses deux mercatos. Sur le papier, les renforts de l’été devaient apporter l’expérience et la qualité nécessaires pour franchir un cap. Mais dans les faits, bon nombre d’entre eux se sont révélés être des choix par défaut, des paris ratés ou, pire, des erreurs de casting. Certains joueurs n’avaient ni le profil technique, ni l’état d’esprit compatible avec les objectifs du club. D’autres n’ont jamais trouvé leur place dans le système de jeu. Le résultat : un effectif déséquilibré, sans réelle profondeur de banc, incapable de répondre présent lors des moments décisifs. Les conséquences de ces choix hasardeux se sont rapidement fait sentir. L’entraîneur Boualem Charef et, avant lui, Mourad Karouf, ont buté sur la limite technique du groupe. L’absence d’un buteur régulier a aussi pesé lourd, tout comme le manque d’un véritable patron comme leader du groupe. Le recrutement raté a donc été un handicap structurel tout au long de la saison…

Une gestion d’amateurs 

Mais au-delà des limites sportives, c’est la gestion globale du club qui interroge. À plusieurs reprises, des signaux ont alerté sur un fonctionnement trop amateur pour un club qui prétend jouer l’accession. Des retards administratifs, des problèmes logistiques, des tensions internes et des décisions incomprises.  Du coup, la direction du RCK a montré ses limites dans la conduite du projet. Aucune vision claire n’a réellement été définie en début de saison. Entre discours populistes et improvisations, les responsables du club ont navigué sans feuille de route à long terme. Les supporters, fidèles malgré tout, ont eu du mal à comprendre certaines décisions, comme l’écartement de jeunes talents prometteurs ou la reconduction de certains joueurs peu performants. La communication, aussi, a souvent été défaillante. Peu de transparence et peu d’explications de la part de Messani et ses proches collaborateurs. Et lorsqu’une crise éclatait, comme celle de Yahia Cherif et Mhimedatsi, le silence radio prenait le dessus. Même la page Facebook est restée figée tout au long de la saison… 

Une politique de formation marginalisée

Parmi les grands regrets de la saison figure aussi la mise à l’écart quasi systématique des jeunes issus du club. Alors que le RCK a toujours été réputé pour son vivier de talents, cette opportunité n’a pas été exploitée comme elle aurait dû l’être. Très peu de jeunes se sont contentés de convocation en équipe première sans avoir réellement leur chance. Le cas le plus symbolique reste celui de Zouaoui, meilleur buteur de la catégorie réserve avec 19 buts, et auteur d’un but avec l’équipe première en coupe d’Algérie. Ignoré par l’entraîneur tout au long de la saison, ce jeune attaquant est devenu, malgré lui, le symbole d’un gâchis plus large : celui d’un club qui parle de formation mais n’en fait pas une priorité. Ce manque de confiance envers les jeunes est d’autant plus incompréhensible que l’objectif de l’accession avait été compromis bien avant la fin de saison. Charef aurait pu intégrer progressivement les meilleurs éléments de la réserve dans l’équipe première, tout en assurant un encadrement de qualité. Zouaoui aurait pu bénéficier d’un temps de jeu progressif et apprendre aux côtés de joueurs plus expérimentés. 

Un avenir incertain pour Zouaoui et les autres

À l’heure où la saison s’achève, l’avenir de Zouaoui reste flou. Sera-t-il enfin intégré au groupe pour la préparation estivale ? Partira-t-il ailleurs chercher le temps de jeu qu’on lui refuse à Kouba ? Pis encore, le club risque de le perdre gratuitement, sans contrepartie, comme plusieurs autres talents. C’est tout l’enjeu des semaines à venir. La direction doit se pencher rapidement sur le cas de ses meilleurs éléments issus des jeunes catégories. L’affaire Zouaoui doit servir d’électrochoc. Le RCK doit tirer les enseignements de cette saison mal maîtrisée et cela passe par une refonte de la gestion globale du club…

Youcef M.

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