Le NA Hussein Dey traverse l’une des périodes les plus sombres et les plus critiques de son histoire contemporaine. Alors que les supporters espéraient capitaliser sur les quelques lueurs d’espoir de la saison écoulée pour rebâtir une équipe capable de jouer l’accession en Ligue 1 Mobilis, la réalité du terrain est tout autre. Le spectre d’un exode massif plane plus que jamais sur le complexe de Bensiam. Le club s’apprête à vivre une véritable saignée au sein de son effectif, une situation alarmante qui menace directement les fondations sportives des Sang et Or.
La principale menace vient de la perte imminente et continue des cadres et des meilleurs éléments de l’équipe. Le Nasria est devenu la cible privilégiée de plusieurs formations ambitieuses de la division, qui profitent du flou administratif actuel pour faire leur marché en toute impunité.
En première ligne de cette offensive, on retrouve le MSP Batna. Les dirigeants de « Boubiya » ont jeté leur dévolu sur les joyaux du NAHD, multipliant les contacts et les offres financières alléchantes pour attirer les forces vives d’Hussein Dey. Face à cette puissance financière et à l’absence de garanties au NAHD, les cadres plient bagage les uns après les autres. Pour la prochaine direction – qui tarde d’ailleurs à s’installer officiellement -, le constat est d’ores et déjà terrible : il faudra repartir de zéro, reconstruire un groupe intégralement et composer avec la perte d’une colonne vertébrale qui avait pourtant prouvé sa valeur et sa résilience.
L’interdiction de recrutement comme coup de grâce
Si l’obligation de rebâtir une équipe à partir de rien s’apparente déjà à un travail de titan, le plus grand drame du NAHD réside ailleurs. Le club se retrouve pieds et poings liés par une sentence administrative redoutable : l’interdiction de recrutement (interdiction d’enregistrement de nouvelles licences).
Cette sanction, infligée par la Commission de Résolution des Litiges (CRL), découle de l’accumulation de dettes colossales non régularisées. Plusieurs anciens joueurs et techniciens ont en effet obtenu gain de cause après le non-paiement de leurs arriérés de salaires. Parmi les dossiers les plus lourds et les plus bloquants qui étouffent le club financièrement, on retrouve notamment les litiges financiers liés à :Benkedjoune, Mekhazni et Chibane.
Pour lever cette interdiction et espérer qualifier la moindre recrue estivale, la future direction devra impérativement passer à la caisse et débourser des sommes astronomiques pour épurer ces arriérés.
Une crise financière aiguë et une équation insoluble
C’est ici que le bât blesse. Le NAHD est plongé dans une crise financière sans précédent, caractérisée par des caisses désespérément vides et une absence chronique de sponsors majeurs capables de renflouer le club à court terme.
Le paradoxe est aussi cruel que destructeur : le club perd ses meilleurs joueurs, n’a pas le droit d’en recruter de nouveaux pour les remplacer en raison du blocus de la CRL, et n’a pas l’argent nécessaire pour lever ce blocus. Si aucune solution miracle ou intervention des autorités locales n’intervient dans les plus brefs délais pour régler les cas Benkedjoune, Mekhazni et Chibane, le Nasria s’exposera au pire des scénarios : entamer la nouvelle saison avec un effectif ultra-réduit, composé uniquement de jeunes réservistes, et foncer droit vers le mur. Le compte à rebours est lancé, et le temps ne joue clairement pas en faveur des Sang et Or.
Les supporters inquiets du départ du coach Abbas
L’avenir du coach Aziz Abbas sur le banc du NA Hussein Dey s’inscrit désormais en pointillés. Le technicien est de plus en plus proche de s’engager avec le CA Batna, dont la direction a fait un véritable forcing ces derniers jours pour s’attacher ses services. Ce départ imminent suscite une vive inquiétude parmi les supporters des Sang et Or, qui espéraient de tout cœur miser sur la stabilité du staff technique pour jouer à fond la carte de l’accession en Ligue 1 Mobilis la saison prochaine. Il faut dire qu’Abbas avait accompli un travail remarquable lors de l’exercice précédent, redonnant espoir à un groupe en plein doute après une série de résultats catastrophiques. Son audace avait également marqué les esprits lorsqu’il n’avait pas hésité à lancer de nombreux jeunes talents dans le grand bain suite au boycott des joueurs seniors, sauvant ainsi le club d’une situation critique.
Yacoubi temporise malgré les ‘‘sirènes’’ de l’Est
Le gardien de but Mohamed Amine Yacoubi n’a toujours pas tranché quant à sa future destination et préfère prendre tout son temps avant de s’engager. Pourtant, les prétendants ne manquent pas, notamment dans l’Est du pays où le CA Batna et le MSP Batna sont venus aux renseignements et ont initié des contacts concrets avec lui. Passé par le MC Alger et l’Olympique Akbou, le portier expérimenté, mais encore jeune, ne cache pas sa préférence pour un projet sportif basé dans la région Centre, une option idéale qui lui permettrait de concilier ses ambitions professionnelles et sa stabilité personnelle en restant proche de son domicile familial. Toutefois, l’entourage du joueur nuance et précise que Yacoubi ne ferme absolument pas la porte à une aventure plus lointaine si un club de l’Est -ou d’une autre région – venait à lui présenter un challenge sportif et financier impossible à refuser.
O.Y.
