18 avril 2026

Youcef Tazir : « La préparation des JO 2028, c’est maintenant, pas demain ! »                                 

Dans cet entretien, Youcef Tazir, en sa qualité de directeur de la communication du Comité olympique algérien (COA) et également président de l’Organisation nationale des journalistes sportifs algériens (ONJSA), nous donne son analyse et ses réflexions sur certains aspects des derniers Jeux olympiques qui se sont déroulés dans la capitale française du 26 juillet au 11 août derniers. Un regard essentiel pour comprendre la vision et les perspectives de l’Algérie dans le cadre des Jeux olympiques. 

Entretien réalisé par Nasser Souidi

Vous étiez sur place à Paris et avez assisté à cette dernière édition des Jeux olympiques. Pouvez-vous nous dire vos appréciations sur l’organisation de ces JO par rapport aux éditions précédentes ?

Il y a eu quelques problèmes, surtout au début. La qualité de la restauration et de l’hébergement, et le transport aussi. Il y a même eu des plaintes de la part de certains athlètes et responsables des délégations qui ont manifesté leur désaccord. Une équipe de la Corée du Sud a carrément quitté le village. Ce n’était pas l’idéal en termes de condition pour disputer ces Jeux olympiques. Mais concernant la compétition d’une manière générale, c’est normal, il y a eu des hauts et des bas concernant le volet technique. Le niveau des compétitions était très élevé, surtout dans les sports collectifs. On a vu une demi-finale de basket extraordinaire entre les Etats-Unis et la Serbie.  

Quels ont été, selon vous, les points forts et les faiblesses des athlètes algériens ?

Vous connaissez les résultats des athlètes algériens. Tout d’abord je félicite nos trois champions, Kaylia Nemour, Imane Khelif et Djamel Sedjati. La médaille d’or d’Imane Khelif est historique pour la boxe algérienne féminine, de même que Kaylia Nemour. C’est historique aussi pour le monde arabe et le continent africain. C’est une première pour la gymnastique africaine. Peut-être qu’on méritait mieux et qu’on aurait pu gagner d’autres médailles. Mais bon, il faut se contenter de ce qu’on a réalisé. C’était prévisible au départ. On a misé sur trois disciplines, c’est-à-dire la boxe, l’athlétisme et la gymnastique. Je pense que le pari a été réussi par nos athlètes et par le Comité olympique algérien.

Et que pensez-vous, d’une manière générale, du niveau africain lors de ces Jeux ?

L’Afrique aurait pu gagner plus de médailles, l’Ethiopie, l’Ouganda, et même les pays du Maghreb. L’Egypte aussi. Mais attention, ce sont des Jeux olympiques, rien n’est gagné d’avance. Il faut travailler dur. Le continent africain a un potentiel énorme, pas uniquement dans l’athlétisme, mais aussi dans d’autres sports, comme l’ont montré les Tunisiens, dans l’escrime et le taekwondo. Malheureusement pour le handball égyptien, ça n’a pas bien marché, ils ont été éliminés en quart de finale par l’Espagne.

Comment les athlètes algériens et africains ont-ils été accueillis par le public et les médias internationaux ? Y a-t-il eu des réactions particulières à leur égard, notamment après la cabale médiatique contre Imane Khelif ?

La délégation algérienne a été très bien accueillie, et surprise même par l’accueil chaleureux de la part du public, de nos compatriotes et même de la part des autres participants. Pour moi, Imane Khelif, c’est la star des JO. Au village, tout le monde cherchait après le pays algérien, le maillot algérien, tout le monde voulait rencontrer Imane Khelif, Kaylia Nemour et les autres athlètes. On était pratiquement chez nous, que ce soit au village olympique ou dans les sites de compétition.

Quels impacts ont eu ces JO sur le sport algérien en général ?

D’abord, c’est le résultat technique. En arrachant deux médailles d’or et une médaille de bronze, on a égalé notre meilleure performance lors des JO d’Atlanta en 1996. Après pratiquement plus de trente ans, Donc pour le sport algérien, c’est une bonne chose de figurer parmi les meilleurs au monde, mais il faut retenir les leçons, travailler dur et essayer d’améliorer les résultats. Pour préparer les JO de 2028, c’est maintenant, ce n’est pas demain.

Et concernant l’impact sur le sport mondial ?

Le Comité olympique international doit à chaque fois innover vers de nouvelles stratégies. Sûrement, en 2028, il y aura de nouveaux sports, qui entrent dans le programme olympique, et je pense que la présence du public donne des garanties aux organisateurs et aux responsables du sport mondial pour améliorer surtout et élever le niveau en matière de qualifications, de préparation, de logistique aussi. La logistique aujourd’hui est très importante. On a remarqué l’importance des sponsors et des partenaires économiques. Le sport aujourd’hui est considéré comme une machine économique.

Quelles recommandations feriez-vous aux futurs athlètes et aux équipes pour optimiser leur préparation et leur participation aux prochains JO ?

D’abord il faut un climat favorable. La stabilité au sein des instances est très importante. Deuxièmement, il faut détecter les talents à l’avance, et puis les envoyer dans les meilleurs centres de préparation. Parce que l’Algérien a le potentiel. Il suffit juste de mieux s’organiser et s’entourer d’experts, qu’ils soient locaux ou internationaux. Et troisièmement, je crois qu’il faut investir dans la volonté politique qui existe réellement en Algérie. Et quatrièmement, il faut retenir les leçons des récentes manifestations internationales.

Avant de se quitter, dites-nous comment va l’Organisation nationale des journalistes sportifs algériens ?

Elle se porte bien. C’est les vacances, c’est l’été.

De nouvelles résolutions en prévision de la prochaine année sportive ?

Oui, mais il faudra l’implication de tout le monde. Bien sûr, nous on est là pour améliorer les conditions de travail des journalistes, mais il faudra la participation de tout le monde.

Entretien réalisé par Nasser Souidi

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