Et c’est reparti pour un autre tour ! Nous apprenons par le biais d’un communiqué que la DTN, la direction technique national, pour ceux qui ne le savent pas, organise à l’intention des entraîneurs, des stages de formation pour l’obtention de la Licence CAF A. Cette même licence, ou bien ce sésame qui t’ouvre le droit de dénicher un poste d’entraîneur, chez nous et même ailleurs.
Par Mustapha Ouaïl
C’est ainsi que dans un communiqué mis en ligne avant-hier, la DTN nous apprend : « La Direction technique nationale (DTN) de la Fédération algérienne de football, organise des stages de formation pour l’obtention de la licence CAF A d’entraîneur de football pour la saison 2024-2025. Conditions d’inscription :
Etre titulaire d’un diplôme CAF B
Etre titulaire d’un diplôme UEFA A
Le candidat doit être en activité au cours des 03 dernières années »
On va certainement nous dire et alors où est le problème ? Jusque-là tout est correct, la DTN est dans son champ d’action, si ce n’est pas elle qui organise ces stages qui le fera ? Légitimes interrogations. Il appartient à la direction technique nationale d’organiser ces stages afin de permettre à nos coaches d’exercer légalement, en conformité avec la réglementation de la CAF. Seulement, ce qui nous parait « incorrect », pour ne pas dire déplacé, à la limite insultant, c’est la condition suivante « Le candidat doit être en activité au cours des 03 dernières années ». Mais, Monsieur le Directeur technique nationale, messieurs les membres de la DTN, est-ce que vous savez qu’il y a dans notre championnat plus d’entraîneurs étrangers que de membres du Bureau Fédéral ?
Messieurs de la DTN, Directeur et membres, si on postule pour avoir cette fameuse Licence CAF A, pour ensuite aller pointer à l’ANEM, en quoi servira « votre Licence » ? Soucieux comme vous êtes d’appliquer à la lettre la réglementation de la CAF, vous devriez l’être aussi pour la protection du métier d’entraîneur dans notre pays. Il ne vous revient pas d’ordonner une loi, ou une quelconque mesure pour protéger l’entraîneur algérien ceci est connu. Mais il nous parait plus « correct » de faire de cette protection votre cheval de bataille. Etre DTN, ou membre de la DTN c’est d’abord être entraîneur, il est donc de votre devoir de vous mettre en travers du chemin de ceux qui, en dépensant à tour de bras et sans compter, l’argent du trésor public pour faire venir des entraîneurs et envoyer au chômage des contingents entiers d’entraîneurs algériens. Etre DTN c’est avoir un siège au Bureau Fédéral, c’est donc avoir une voix à faire entendre au plus haut niveau décisionnel du football algérien. Si on a cette opportunité de défendre l’entraîneur algérien et qu’on ne le fait pas… a quoi bon pourrait servir cette DTN ? A organiser des stages pour les Licences B, C, et A ? A quoi bon pourrait servir la DTN ? A organiser des tournois de jeunes ? Les inter-quartiers et La Radieuse le font si bien.
A voir ce qui se fait dans les pays qui dominent le football mondial, la DTN est partie prenante dans toutes les décisions qui touchent à l’évolution et au développement du football. Chez nous, nous ne voyons pas cet attachement, ce principe immuable à défendre le football et donc l’entraîneur, pour le commun des quidams, chez nous la DTN, c’est juste une structure dépendante de la FAF dont le rôle est d’organiser des tournois pour les jeunes, et des stages pour les entraîneurs. Dernière précision, ce constat ne concerne pas uniquement l’actuelle DTN, mais bien celui des deux dernières décennies.
M.O.
