17 mai 2026
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Petkovic entre le marteau et l’enclume

Les effectifs officiels des différentes sélections qui disputeront la Coupe du monde 2026 (11 juin – 19 juillet) dans son premier format à 48 participants commencent à tomber. Pour sa part, même s’il n’a envoyé que la liste élargie d’une cinquantaine d’éléments à la FIFA pour l’instant, Vladimir Petkovic pense certainement aux 26 Verts qu’il prendra pour le rendez-vous planétaire. Si ses propos sur les critères de sélection étaient tranchants au mois de mars dernier, le sélectionneur se retrouve appelé à s’adapter à des données qui ne légitiment pas forcément la présence de certains joueurs si l’on se base sur les standards «bruts» que le coach veut appliquer. Décryptage.

Par Mohamed Touileb

Chez les différents sélectionneurs, les choix ne sont pas souvent cohérents ou ceux attendus. Toujours est-il que Petkovic a montré une sorte de « protectionnisme » pour son ossature depuis qu’il a pris les commandes de la sélection. Quand bien même il n’avait pas manqué d’intégrer, d’une manière durable mais parfois aussi éphémère, de nouveaux joueurs dans ses plans.

Conditions : «jouer» et «être dans une bonne forme physique»

D’ailleurs, en mars dernier, il a fait des essais en appelant Achref Abada, FarèsGhedjemis ou encore NadhirBenbouali, pour les voir à l’œuvre. Deux d’entre eux ont pu convaincre. Il s’agit d’Abada et – un degré moindre – Ghedjemis. Le premier nommé a clairement gagné des points dans un rôle de latéral droit où le besoin est immédiat avec le forfait déjà acté de Youcef Atal et la méforme de Samir Chergui qui ne joue plus trop au Paris FC.

Ce dernier risque, selon les critères de sélection avancés par Petkovic, de se retrouver «out» pour le Mondial 2026. En effet, le technicien né à Sarajevo avait prévenu que «ce sera une bataille. Pour être convoqué, je souhaite avant tout que les joueurs jouent dans leurs clubs, qu’ils soient en bonne forme physique et qu’ils évitent les blessures. C’est l’essentiel pour faire les choix. Comme je l’ai souvent dit, la santé est la chose la plus importante.»

La culpabilité et l’apport passé dans la balance

Problème : le sociétaire du Paris FC ne joue plus trop. Même depuis le retour de sa blessure causée par la rechute lors de la CAN 2025 au Maroc face au Burkina Faso. Naturellement, cela ne le rend pas vraiment compétitif pour suivre le rythme d’une compétition aussi exigeante sur ce plan comme la CDM.

Après, la culpabilité de Petkovic pourrait le pousser à le retenir car le fait de l’avoir utilisé lors du tournoi continental avait aggravé son souci physique et plombé sa deuxième partie de saison. La désignation d’Antoine Kombouaré sur le banc du PFC n’a rien arrangé puisque le défenseur n’a fait que 2 petites apparitions depuis la CAN 2025. Quasi-éliminatoire.

C’est dans la même posture qu’on retrouve Jaouen Hadjam qui ne compte que 90 minutes avec le BSC Young Boys. Mais là, il y a clairement une situation exceptionnelle car la présence du gaucher paraît vitale en l’absence d’une doublure fiable pour Rayan Aït-Nouri. De plus, et on l’a déjà relevé sur ce même espace, Hadjam a déjà prouvé ses qualités en montrant une polyvalence défensive intéressante puisqu’il peut aussi jouer central gauche dans une défense à trois. Sachant que Bensebaïni est en délicatesse avec sa cheville, Hadjam est l’option principale en cas de souci. L’ancien pensionnaire du FC Nantes peut donc passer entre les mailles du filet.

Au risque d’être incohérent…

De son côté, l’expérimenté Ismaël Bennacer, assez convaincant lors de ses apparitions à la CAN 2025 avant de connaître un souci à l’ischio-jambier, n’en finit pas avec ses soucis musculaires. Cela l’a empêché d’enchaîner avec le Dinamo Zagreb. Son inconstance dans les apparitions (5 depuis la CAN et aucune comme titulaire) est à préjudice. De plus, il y a la forme étincelante de Nabil Bentaleb (Lille OSC) qui peut pousser le successeur de Djamel Belmadi à faire appel aux services du Lillois.

Est-ce que Petkovic placera l’incohérence devant la constance, remettant en considération sa parole et sa rigueur ? Cela reste à voir. Après, on a déjà vu des entraîneurs fonctionner au «feeling» dans certains cas car ils connaissent mieux la vie du groupe, le comportement des joueurs en interne ainsi que leur apport éventuel dans le système et l’idée de jeu. Wait&see.

M.T.

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