10 mai 2026
Actus / EN

Des joueurs de seconde catégorie bénéficie de l’estampe « international »

La dangereuse baisse d’exigences

Il est évident que l’équipe nationale a besoin de déclic et, probablement, d’une forme de renouveau dans l’effectif. Cependant, cela ne doit pas se faire au détriment de la haute performance et l’excellence qui doivent être des critères non-versatiles pour devenir un joueur de la sélection. Le CV de quelques joueurs présents dans la liste des Verts établie par Petkovic (ou pas) peut laisser craindre une baisse d’exigence qui risque de réduire l’attractivité et le rendement de l’EN dans le futur.

Par Mohamed Touileb

Pour la date FIFA de mars, Petkovic a décidé de faire appel à quelques éléments qui jouent très peu en club à l’image de Badredine Bouanani ou qui évoluent dans des équipes de seconde catégorie et dans des championnats moyens. A titre d’exemple, on peut citer Anis Hadj Moussa, sociétaire de Vitesse Arnhem, avant-dernier de l’Eredivisie (Pays-Bas) qui a même été recalé un temps par le… MC Alger. Il y a aussi Rafik Guitane qui porte les couleurs d’Estoril (Portugal) qui n’est qu’à 2 points de la zone rouge mais aussi Monsef Bakrar qui joue en Major League Soccer (MLS) avec New York City FC qui n’est pas la franchise la plus forte du pays de l’Oncle Sam.

Bennacer, Aït-Nouri et Chaïbi en exceptions

Certes, il y a la qualité intrinsèque de ces joueurs qui peuvent être pleins de promesses. Surtout pour Bouanani et Guitane. Mais le fait est qu’ils ne sont pas encore des joueurs confirmés. Y recourir peut renseigner sur le manque d’alternatives. La crainte de ne pas pouvoir assurer une continuité et une relève fiable pour l’avenir est là. On s’éloigne de plus en plus de la période où l’on avait des Fennecs qui jouent dans les 5 grands championnats quand Slimani et Mahrez évoluaient en Premier League ou quand Feghouli jouait pour Galatasaray et Bensebaïni en Ligue 1 françaises avec le Montpellier HSC et le Stade Rennais avant d’être transféré en Allemagne chez le Borussia Mönchengladbach puis celui de Dortmund. On peut dire que dans liste actuelle, il n’y a qu’Ismaël Bennacer (AC Milan/Serie) et Rayan Aït-Nouri (Wolverhampton/Premier League), Farès Chaïbi (Eintracht Frankfurt/Bundesliga) qui sont vraiment des joueurs confirmés et qui peuvent se vanter d’être des valeurs sûres dans des clubs de premier calibre.

Adli, un « snobing » édifiant

Et quand on voit qu’un joueur comme Yacine Adli, qui n’est pas vraiment un cadre à l’AC Milan, snobe publiquement l’Algérie en disant viser le « haut niveau » en affichant la prétention de joueur en équipe de France, l’inquiétude ne peut que s’accentuer. Qu’à cela ne tienne, Petkovic estime que « les nouveaux méritent d’être là » même s’il admet qu’« il n’a pas été facile, pour moi, de choisir des joueurs. Je ne les connaissais pratiquement pas pour certains. J’ai besoin d’élargir ma vision. D’où les 31 joueurs ». Tout cela sonne expérimental. Mais il faut savoir que cette approche peut « clochardiser » le statut d’international qui ne peut qu’augmenter la cote d’un joueur. Quand un footballeur joue en sélection sa valeur peut tripler et ça lui ouvre aussi des horizons pour un transfert à l’étranger. Et c’est peut-être l’(en)jeu caché pour certains.

M.T.

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