Beaucoup de gens ne la connaissent pas mais pourtant elle est l’une des meilleures karatékas algériennes et la reine dans sa catégorie des moins de 68 kg. Karima Mekkaoui, originaire de la ville de Saïda et de son premier club, le MC Saïda, est aujourd’hui sociétaire du MC Alger.
Par Saïd Lacète
Cette karatéka, âgée aujourd’hui de 25 ans, occupe la 32e place au classement mondial, totalisant 1225 points. C’est impressionnant quand on sait que sur les 9 tournois disputés jusque-là, cette accumulation de points est le fruit d’une efficacité exceptionnelle. Déjà, lorsqu’elle avait été éliminée en huitièmes de finale des Jeux méditerranéens de 2022 à Oran, face à la Française Flamande Natanelli, on avait le pressentiment que cette karatéka pourrait aller loin car, nonobstant, son élimination, elle a montré de belles choses qui peuvent la mener vers la gloire. Et puis, l’appétit est venu en mangeant pour Karima. En 2022 à Durban (Afrique du Sud), elle est médaillée d’or en kumité par équipes aux Championnats d’Afrique de karaté. Une année plus tard, elle obtient la médaille de bronze aux Jeux panarabes de 2023 à Alger. Une autre médaille de bronze en mars 2024 est venue récompenser les efforts de Mekkaoui aux Jeux africains à Accra (Ghana). Le bronze ne la quitte plus puisqu’elle le remporte aux championnats d’Afrique à Abuja (Nigeria) en 2025.
Sans baisser les bras, Karima Mekkaoui continue à travailler sérieusement. Sans relâche. C’est au Mexique qu’elle va connaître le chemin de la gloire. A Guadalajara, elle décroche brillamment la médaille d’or dans la catégorie des moins de 68 kg (kumité), lors du championnat de « Karate One-Series A ». Son parcours était exceptionnel au Mexique. Victoire lors du deuxième tour face à une Brésiienne (8–0) puis sur une Canadienne (8-0) lors du troisième tour. En demi-finale, elle domine une combattante japonaise (5-2) et en finale, elle s’impose de fort belle manière face à la championne égyptienne Jana El Ghafary sur le score de 6-4. Cette médaille d’or, Karima ne l’a pas oublié et elle ne l’oubliera jamais. Sur son réseau social, elle déclare : « Cette médaille représente bien plus qu’une victoire. Elle est le symbole d’un long combat, de la patience et de la persévérance. Après une blessure survenue lors du Championnat du monde, qui m’a conduite à subir une lourde opération de l’épaule, j’ai traversé une période très difficile. Pendant sept mois, je n’ai pas pu combattre ni m’entraîner comme je l’aurais souhaité. Il y a eu des moments de doute, de douleur et de frustration, mais je n’ai jamais cessé de croire que je reviendrais plus forte. Aujourd’hui, retrouver les tatamis, ressentir à nouveau les émotions de la compétition et monter sur la plus haute marche du podium est un moment que je n’oublierai jamais. Cette médaille est la récompense de tous les sacrifices, de toutes les heures de rééducation et de toutes les personnes qui ont cru en moi lorsque le chemin semblait si long ».
A Alger, tout récemment, son palmarès s’est enrichi par une autre médaille d’or aux Championnats d’Afrique de karaté, où elle a dominé sa catégorie des -68 kg en finale face à la Marocaine Hafsa Lahwou. Karima Mekkaoui, celle que l’on peut surnommer aujourd’hui «la silencieuse des tatamis», ne fait aucun bruit, vit loin de la médiatisation mais fait parler son karaté au moment opportun. Le karaté, celui que nous aimons tous !
S. L.
