Le spectre de la crise financière qui a failli couler le Raed avant le RDV contre l’ESMK plane encore sur Kouba. Entre grèves d’entraînement et bricolage tactique, le club a frôlé le chaos. Pour valider les play-offs, la direction doit impérativement régler les primes afin d’offrir une sérénité totale au groupe.
Par Mehdi Allel
Le scénario catastrophe vécu avant la réception de l’ESMK reste gravé dans les mémoires des supporters du Raed. Ce jour-là, le vestiaire avait tremblé sur ses bases lorsque plusieurs cadres du onze de départ avaient décidé de sécher les séances d’entraînement. Un bras de fer dangereux qui avait placé Cherif Hadjar dans une position intenable, l’obligeant à revoir ses plans en urgence. Les changements opérés dans l’équipe type n’avaient d’ailleurs pas eu l’effet escompté, prouvant que l’équilibre technique d’un groupe est indissociable de sa stabilité mentale. Il a fallu un sursaut d’orgueil en seconde période et le retour à de meilleurs sentiments des frondeurs la veille du match pour éviter une déroute qui aurait sans doute enterré les ambitions du club à domicile. Aujourd’hui, le calme semble revenu, mais la plaie reste béante. Les assurances données par les dirigeants concernant le versement des trois primes de match tant attendues ne suffisent plus. Dans cette dernière ligne droite décisive, le flou artistique entourant les virements bancaires devient un poison lent. Le RCK s’apprête à disputer cinq finales où la moindre erreur de concentration se paiera cash. On ne peut pas demander à des compétiteurs de se jeter dans la bataille avec une intensité maximale si leur esprit est pollué par des promesses non tenues. La direction se retrouve face à ses responsabilités car le risque de voir l’histoire se répéter est bien réel. Un nouveau débrayage ou une baisse de régime liée à la frustration financière briserait net l’élan vers les play-offs. La gestion de cette crise ne doit plus être une affaire de gestion au jour le jour. Le club a besoin d’un électrochoc administratif pour protéger le travail de l’entraîneur et l’investissement des joueurs sur le terrain. La concentration doit être focalisée uniquement sur le rectangle vert et les schémas tactiques. Chaque point va valoir de l’or et le moindre grain de sable dans les rouages pourrait transformer l’ambition de montée en un immense regret historique. Le temps presse et les supporters attendent des actes concrets pour sécuriser l’avenir immédiat de l’équipe. Il est impératif de mettre fin à cette instabilité pour ne pas gâcher les efforts consentis depuis le début de la saison. Le Raed n’a plus aucune marge de manœuvre face à l’urgence financière. Ces cinq derniers matchs exigent une union sacrée totale entre la direction et son effectif. Régler ces primes maintenant est le seul moyen de garantir que le rêve des play-offs ne s’évapore pas à cause de coulisses mal maîtrisées.
M. A.
