Le NAHD traverse une période délicate qui pousse aujourd’hui plus d’un observateur et de nombreux supporters à s’interroger sur certaines décisions prises lors de l’intersaison. Avec le recul, beaucoup regrettent déjà la libération de plusieurs jeunes issus de la catégorie U21 la saison passée, des éléments qui auraient pu apporter une réelle plus-value à un groupe jugé aujourd’hui passable, tant sur le plan technique que mental.
Au lieu de miser sur la continuité et sur la promotion de jeunes formés au club, la direction sportive a préféré ouvrir la porte à des recrues venues de l’extérieur. Un choix qui n’a pas porté ses fruits, puisque plusieurs de ces éléments n’ont jamais réellement répondu aux attentes. Pis encore, certains ont donné l’impression de «jouer» avec les sentiments des supporters, sans montrer l’attachement nécessaire aux couleurs du Nasria ni mesurer le poids du maillot qu’ils portent.
Dans ce contexte, l’amertume est d’autant plus grande que certains jeunes libérés auraient pu rendre de précieux services cette saison, notamment dans un effectif en manque de caractère, d’engagement et parfois même de solutions techniques.
Des exemples qui parlent d’eux-mêmes
Parmi les cas souvent cités, celui du jeune Anou, aujourd’hui capitaine au sein d’une formation de la wilaya de Tipasa, revient avec insistance. Un joueur qui a gagné en maturité, en leadership et qui aurait sans doute pu apporter cet esprit combatif qui a tant fait défaut au NAHD cette saison. Autre exemple frappant, Chergui, actuellement titulaire indiscutable au MS Cherchel, un club engagé dans la course à l’accession en Ligue 2. Ses performances régulières démontrent qu’il avait le niveau – et peut-être plus encore – pour s’imposer dans l’effectif du Nasria, surtout dans un contexte où plusieurs postes manquent cruellement de stabilité.
A cela s’ajoute le cas de Aoun, avant-centre et meilleur buteur avant sa blessure. Un profil offensif qui aurait pu représenter une alternative crédible dans un secteur où le NAHD a souvent peiné à trouver des solutions, notamment face aux blocs bas et dans les matchs à enjeu.
Un retour nécessaire à l’ADN du club
Ces exemples renforcent une conviction largement partagée : le NAHD doit impérativement revenir à son créneau historique, celui de la formation. Le club s’est toujours distingué par sa capacité à révéler de jeunes talents, à leur offrir un cadre propice à l’éclosion et à bâtir des équipes compétitives autour de joueurs imprégnés de la culture maison. Vouloir jouer l’accession en Ligue 1 avec des éléments qui ne connaissent pas l’importance des couleurs du Nasria, ni ce que représente ce club pour ses supporters, apparaît aujourd’hui comme une erreur stratégique. L’expérience récente a montré que l’attachement au maillot, la connaissance de l’environnement et la fierté d’appartenir au NAHD sont souvent aussi déterminants que les qualités techniques. A l’heure où le club cherche à se reconstruire et à retrouver un projet sportif cohérent, cette saison doit servir de leçon. Miser sur la jeunesse, encadrer les talents formés au club et leur faire confiance pourrait constituer la base d’un renouveau durable. Car pour le Nasria, l’accession ne pourra jamais être un simple objectif comptable ; elle doit être le fruit d’un projet fidèle à son identité, construit autour de joueurs qui savent ce que signifie défendre ce maillot et porter haut les valeurs du club.
O. Y.
