14 mai 2026

L’heure des comptes pour Yacine Hanied

C’est une atmosphère lourde qui enveloppera, ce jeudi à 13h30, une des salles du stade Bensiam à Hussein-Dey. Dans un contexte de fin de saison marqué par la désillusion sportive et la crise interne, le président Yacine Hanied a décidé de sortir de son silence. Face aux médias, il ne sera pas seulement question de dresser un bilan, mais de sceller un départ et, sans doute, répondre aux questions pressantes sur la gestion financière d’un club historique à la dérive.

Par Omar Yahiaoui

L’image de la dernière journée de championnat restera sans doute comme l’un des points les plus bas de l’histoire récente du Nasria. Voir les couleurs du NAHD portées par une équipe U20, contrainte de finir le travail à la place des seniors, est un aveu d’impuissance terrible. Ce boycott des joueurs de l’équipe première, exaspérés par des mois d’arriérés de salaires et de primes non versées, a agi comme un miroir grossissant, celui d’un club qui s’est effondré de l’intérieur avant même de vaciller sur le terrain.

Pour beaucoup, ce scénario n’est pas une fatalité, mais le résultat d’une gestion qui a manqué de clairvoyance. En terminant à une anonyme sixième place, loin des objectifs initiaux d’accession et des play-offs, le NAHD n’a pas seulement raté sa saison sur le plan sportif, il a perdu sa crédibilité face à ses supporters et ses créanciers.

L’énigme des 18 milliards : où est passé l’argent ?

C’est sans doute le point qui cristallise le plus de tensions et qui devrait animer les débats lors de cette conférence de presse. Avec un budget global alloué de 18 milliards de centimes pour l’ensemble des sections, le bilan comptable et sportif apparaît comme un contraste saisissant. La question brûle les lèvres de tous les observateurs : comment un club disposant d’une telle manne financière peut-il se retrouver dans une impasse salariale et une telle détresse sportive ? 18 milliards de centimes, dans le football amateur algérien, représentent une somme considérable qui, normalement, doit permettre de viser le haut du tableau. Les supporters, qui exigent des comptes, ne se satisferont probablement pas de justifications vagues. Ils attendent de Yacine Hanied une transparence totale sur les dépenses, les priorités budgétaires et, surtout, sur les raisons qui ont mené à ce déficit de gestion. Le président devra expliquer pourquoi, malgré cet investissement, le club a fini par imploser au moment le plus critique de la saison.

Sondépart est acté

La conférence de presse de ce jeudi servira également de cadre formel pour confirmer une décision qui semblait déjà inéluctable : le départ de Yacine Hanied. Déjà annoncée lors de la dernière Assemblée générale ordinaire, cette démission sera, cette fois, solennelle. Hanied, qui a porté le poids de cette présidence durant une période charnière, semble vouloir tourner la page. Mais quels sont les véritables mobiles de ce retrait ? Est-ce une volonté de laisser la place à une nouvelle gouvernance capable d’éponger les dettes, ou est-ce le constat d’échec d’un homme qui se sent lâché par les événements ? Le président sortant est attendu sur ce terrain : il lui faudra expliquer les raisons profondes de son départ tout en garantissant, autant que faire se peut, une transition qui ne laissera pas le club dans le vide juridique.

O. Y.

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