L’euphorie et la grandeur peuvent changer les gens. Mais ce n’était pas le cas pour Nabil Bentaleb. Se voyant promu chez les seniors de Tottenham Hotspurs en 2014 et compte tenu de son potentiel, le milieu de terrain pouvait se faire désirer pour venir jouer en équipe nationale d’Algérie. D’autant plus que son entourage au club a tenté – tant bien que mal – de l’en dissuader. Mais le box to box avait un attachement particulier pour l’Algérie qui l’a incité à venir jouer pour les Verts.
Par Mohamed Touileb
Il y a des choses qui sonnent comme évidences. Et, pour Bentaleb, porter la tunique d’El-Khadra c’en était une. Son arrivée chez les Verts s’est faite loin des réticences que montrent, depuis toujours, les binationaux qui ont la possibilité de jouer pour plus d’une sélection, dont celle de l’Algérie.
La possibilité de jouer pour l’Angleterre
«À ce moment-là (en 2014), il y avait un gros agent qui venait me parler aussi et qui me disait : « Ne choisis pas l’Algérie. Ta carrière ne sera pas la même. Choisis la France ou l’Angleterre et ne t’inquiète pas ». Mais je n’en avais rien à cirer honnêtement. Pour moi, c’était l’Algérie. C’était le Graal de jouer pour l’Algérie» raconte, pour le média Kampo celui qui compte aujourd’hui 52 capes avec les Fennecs. Bien sûr, certains diront que c’est plus facile et qu’il y a plus de disposition à accepter de jouer pour El-Khadra quand il y a une Coupe du monde (celle de 2014 au Brésil) à disputer. Mais Bentaleb assure qu’il avait des garanties pour avoir une opportunité chez les Three Lions de Roy Hodgson. «Pour moi, c’était une évidence. Au moment où l’Algérie m’appelle, il y a mon coach et mon président de l’époque Daniel Levy qui disent, en gros : « Ne choisis pas l’Algérie. Attends, il y a Roy Hodgson qui compte sur toi pour l’Euro 2016. Tu serais éligible avec l’Angleterre »», retrace-t-il.
Bennacer, Bouanani, Maza et Chiakha ont suivi la voie
La suite, on la connaît, Bentaleb a fait partie du commando de Vahid Halilhodzic lors de la Coupe du monde 2014 au Brésil qui a vu l’EN se qualifier au second tour de la messe signant un exploit historique. Celui qui évoluait chez les « Spurs » à ce moment avait pris part aux trois premières sorties contre la Belgique, la Corée du Sud et la Russie alors qu’il avait 19 ans et demi. Plus tard, certains comme Ismaël Bennacer (18 ans), Badreddine Bouanani (18 ans), Ibrahim Maza (18 ans), Amine Chiakha (18 ans) et d’autres débarqueront précocement en sélection. C’est pour dire que Bentaleb était, comme Ryad Boudebouz, des exemples et des inspirations en matière d’appartenance et de sacrifices. On le sait tous, opter pour l’Algérie n’est pas ce qui soigne la cote. Mais les vraies valeurs se trouvent ailleurs pour certains. Bentaleb, revenu sur les terrains en février après un accident cardio-respiratoire survenu en juin dernier, l’a compris. Et on lui souhaite de pouvoir retrouver la sélection prochainement.
M. T.
