C’est dans la langue de De Vinci qu’il s’est exprimé en conférence de presse
La scène était un peu bizarre. Pour la première fois depuis 5 ans et demi, ce n’était pas Djamel Belmadi qui était face à la presse algérienne. C’est son successeur Valdimir Petkovic qui était le nouvel interlocuteur des journalistes à la salle de conférence du stade Nelson-Mandela de Baraki (Alger). Le Bosnien avait un oral à passer. Et il a choisi de la faire en… Italien pour des raisons de pertinence.
Par Mohamed Touileb
Le successeur de Belmadi est conscient que la tâche ne sera pas facile compte tenu des exigences perpétuelles chez les Algériens quand il s’agit de voir leur sélection briller. Et Petkovic veut « repartir à zéro d’une façon positive » car conscient que « l’équipe nationale a réalisé de grandes performances durant les dernières années. Il faut continuer sur cette lancée. Je vais voir les joueurs dont je dispose, ce que j’ai comme joueurs pour décider de la manière de jouer ».
Contacts établis il y a 2 semaines
Par ailleurs, il assure avoir « l’habitude de travailler dans la pression. Travailler sans pression dans le football n’est pas positif. Celle-ci est tout à fait normale. La pression de l’Algérie me rappelle celle de la Lazio ». Avant de signer son contrat hier à Dely Ibrahim, il y a eu des tractations et un contact qui a été établi « il y a deux semaines de cela » quand Walid Sadi a pris attache avec le technicien bosnien. Cette approche a été « prise avec des pincettes. Mais après deux ou trois rencontres, je me suis rendu compte qu’on pouvait atteindre certains objectifs ensemble ».
Il ferme la porte du passé
Le bail paraphé hier au siège de l’instance à Dely Ibrahim marquait le début d’une nouvelle page. « Comme dans tous les processus on peut commencer par des succès comme par des échecs. L’essentiel à présent, c’est de fermer une porte déjà fermée depuis mon arrivée. Par mon travail, j’essaierai d’être à la hauteur de ma mission », explique le nouveau chef de la barre technique des Verts. Et malgré les récente désillusions, Petkovic pense qu’il a pris en main « une équipe soudée et de qualité » se montrant « très optimiste et je compte faire un très grand travail avec l’équipe d’Algérie et réaliser de grands résultats avec l’aide de mon staff aussi ». Pour lui, « ce qui est important c’est se reposer sur l’équipe, la cohésion et la solidité de l’équipe comme entité ».
Il confirme (à demi-mot) Neghiz comme adjoint
S’agissant de son staff, l’ancien driver de la Lazio note qu’il a « des idées très claires. J’ai déjà deux personnes qui m’aideront. Je ne peux rien dire pour l’instant, car il faut qu’ils signent d’abord leur contrat. Vous connaîtrez les noms de mes assistants à partir de la semaine prochaine ». On note, à ce sujet, qu’une rencontre était prévue hier soir entre lui et Nabil Neghiz pour discuter de la collaboration qui devrait se concrétiser si tout se passe bien. En effet, l’ancien adjoint de Christian Gourcuff est annoncé, en grandes pompes, comme second de Petkovic dans sa mission qui sera de qualifier l’Algérie à la CAN-2025 au Maroc mais aussi la Coupe du Monde 2026.
De nouveaux joueurs annoncés pour mars
Le travail concret commencera en ce mois de mars avec le tournoi amical FIFA series (18-26 mars). Pour ce rendez-vous, Petkovic note avoir « déjà élaboré une première liste qui comporte 45 joueurs. J’ai déjà une certaine connaissance du football algérien. Il n’est pas question de faire de différence entre ceux qui jouent ici ou en Europe, l’important est de constituer un groupe de 23 qui se donne à fond sur le terrain ».
Par la même occasion, il révèle qu’il a mis de nouveaux joueurs sur sa liste même s’il compte travailler, dans un premier temps, avec l’ossature qui était déjà là avant de penser à changer les choses dans l’avenir. Dans sa conception, il s’agit de « faire jouer les meilleurs joueurs. J’évaluerai constamment les joueurs. Pour l’instant, aucun des joueurs n’est exclu de mon projet. Mais, parfois, en fonction des données, on décidera de qui peut être convoqué ou pas ».
Il responsabilise les médias pour évacuer la pression
En acceptant de prendre le relais de Belmadi, Petkovic sait que tout ne sera pas facile. En analysant les performances récentes de Riyad Mahrez & cie, le natif de Sarajevo pense en être arrivé au fait que « le problème était plus la pression que la capacité des joueurs ». Dès lors, il est convaincu qu’il est « important de former une seule équipe, non seulement avec les joueurs et le staff mais aussi avec vous les journalistes. Ma tâche sera parfois de créer de la pression, parfois de la diminuer. Exercer de la pression négative n’est pas une bonne chose et je n’aime pas du tout. Je combats ceux qui se comportent de cette manière ». Le message est clair : Il faut repartir sur de nouvelles bases pour atteindre les sommets.
M.T.
