7 juillet 2026
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Verts, cercle vicieux et mauvaises herbes

Et maintenant ? C’est la question que beaucoup se posent. Alors qu’on tentait de se persuader que l’équipe nationale avait retrouvé une certaine quiétude, la voilà qui retombe dans les méandres des incertitudes. Le sélectionneur Vladimir Petkovic est en passe d’être limogé, le président de la Fédération algérienne de football (FAF), Walid Sadi, voit sa tête réclamée et certains Fennecs, comme Riyad Mahrez, ont raccroché ou pensent à s’en aller. Revoilà le cercle vicieux qui rappelle que changer des pions ne permet pas d’éviter les échecs.

Par Mohamed Touileb

La baraque était construite en porte-à-faux. Il fallait s’en faire une raison. Les indicateurs inquiétants étaient là. Vladimir Petkovic est resté deux ans sur le banc. Il a réussi à atteindre les objectifs fixés par la Fédération. Malheureusement, même si les résultats étaient là, il manquait une certaine émotion. Le football marche aux résultats mais les Algériens ont cette tendance à être dans l’affect. Et cela affecte la perception et empêche de faire une analyse juste des situations.

Le « dégagisme » pour changer de la monotonie

L’on se retrouve alors à faire ce qui ressemble à une chasse aux sorcières. Demander le départ des uns et des autres en étant persuadé que cela amènera des jours meilleurs. Petkovic n’est pas émotif. Il est même impassible. Insensible pour ceux qui ont pris l’habitude de voir les Guardiola et les Belmadi s’agiter sur le banc de touche. Même quand cela s’apparente à du théâtral.

Les Algériens aiment le mouvement et l’action. Ils détestent la monotonie. C’est pourquoi ils veulent, à chaque échec, qu’on fasse table rase. C’est ce qui est arrivé dans un passé récent. Même pour ceux qui ont connu des succès à la CAN 2019. On pense à Kheireddine Zetchi, ancien patron de la FAF, et Djamel Belmadi, architectes du couronnement africain. Il est évident, il n’y a pas la capacité de discernement. Ni pour faire la part des choses.

Clairement, tout raser ne sert à rien quand le mal est enraciné. D’ailleurs, Zetchi, Zefizef et Amara sont partis mais l’insatisfaction a perduré. Désormais, c’est Walid Sadi, jouissant de l’immunité ministérielle et qui ne peut pas s’auto-éjecter, qui se retrouve dans le collimateur. En toute objectivité, on ne peut pas dire qu’il a eu un pire départ que celui de Zetchi qui avait consommé deux staffs techniques avant de faire le bon tirage de coach en désignant Belmadi.

Le catastrophisme brouille le diagnostic

Le bilan présenté par l’ancien manager général de l’équipe nationale du temps de Mohamed Raouraoua n’est pas catastrophique car les Verts ont retrouvé les devants de la scène continentale en passant, pour la première fois depuis 2019, le premier tour de la CAN 2025 atteignant les ¼ de finale. En outre, les Fennecs ont pu disputer le Mondial 2026 et passer la phase de poules, avec des critères de qualifications assez faciles (il faut l’admettre), avant de se faire sortir par la Suisse dès les seizièmes de finale. Est-ce catastrophique ? Dans la forme : ça ne l’est pas.

Toutefois, sur le fond, on a cette impression persistante que le sport-roi est en proie au clanisme. Les Verts voient constamment germer les mauvaises herbes autour d’eux. Et ça finit toujours par entraver leur floraison. Que faut-il faire ? Telle est la question. Une chose est sûre : dans l’environnement actuel et compte tenu des scissions au sein même du board de la FAF, on peut craindre que l’envie de se venger mènerait à l’implosion. Une vraie analyse de la situation s’impose. La réforme est de rigueur. Et elle doit se faire en profondeur et non dans la forme.

M.T.

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