Monsieur le Président,
Comme l’avait si bien chanté Matoub Lounès en s’adressant au président de la République de son époque, « Monsieur le Président, c’est avec un cœur lourd que je m’adresse à vous aujourd’hui. »
Et c’est avec ce même poids dans la poitrine que je m’adresse à vous aujourd’hui, en tant que passionné, profondément attaché à l’USM Alger, ce club mythique qui a toujours fait vibrer des générations entières à travers le pays. Ce club est aujourd’hui au bord du naufrage, non pas faute de moyens, mais faute de vision.
L’USMA était en lice sur trois fronts cette saison : la Coupe de la CAF, la Coupe d’Algérie, et le championnat national. Trois compétitions dans lesquelles elle faisait figure de favorite. Pourtant, elle a été éliminée de la scène africaine, écartée de la course au titre en championnat, et s’apprête à disputer une finale de Coupe d’Algérie dans un climat de doute et de crainte. Si rien n’est fait immédiatement, ce qui devait être une saison historique risque de tourner à l’humiliation.
La responsabilité de cette situation désastreuse ne relève pas du hasard. Elle est le fruit de recrutements irréfléchis, à coups de milliards, de joueurs locaux et étrangers dont certains n’auraient même pas leur place dans un club de troisième division. Pendant ce temps, des talents prometteurs issus de notre propre réserve sont ignorés, et d’autres joueurs clés ont été poussés vers la sortie sans explication claire : Naamani, Aït El Hadj, Kanou, Henri Boni… Et que dire de la libération de Belkacemi, l’un des meilleurs buteurs du club ?
Ajoutez à cela un organigramme flou, inexistant, où personne ne sait vraiment qui fait quoi, ni où commence et s’arrête la responsabilité de chacun. Ce manque de structure est alarmant pour une institution comme l’USMA, qui mérite rigueur, professionnalisme et respect.
Monsieur le Président, l’USM Alger ne demande pas l’impossible. Elle demande simplement à être gérée avec sérieux, loyauté et ambition. Les supporteurs, les anciens joueurs, les amoureux du club méritent des réponses, des actions concrètes, et une vraie stratégie de redressement.
Il est encore temps de réagir. Mais cela exige une remise en question profonde et le courage de faire les bons choix — pas pour l’image, mais pour l’avenir du club.
Dans l’espoir d’un électrochoc salutaire, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma considération distinguée.
Un supporteur inquiet, mais toujours fidèle.
