En dépit de la délicate situation financière que traverse l’équipe des Zibans, et des dures conditions de travail, Mounir Zeghdoud et ses troupes pointent au 7e rang du classement de Ligue 1, et joueront demain leur match de coupe face à l’USMA. En somme, un exploit. Dans cet entretien, l’ancien défenseur central et pilier de l’USMA et de l’EN, avec laquelle il a totalisé trente (30) sélections et participé à trois (3) CAN (1998, 2000 et 2002), s’exprime sur son équipe et ses performances, les contraintes matérielles, avant de revenir sur la contre-performance des Verts en Côte-d’Ivoire.
Entretien réalisé par Nasser Souidi

L’US Biskra a arraché sa qualification pour les quarts de finale de la Coupe d’Algérie, face au MC Oran. Dites-nous quels sont les atouts et les facteurs qui vous ont permis une telle prouesse…
En fait, pour nous, le plus important c’est le championnat. On va essayer de grignoter le maximum de points, pour être plus à l’aise et évoluer sans pression. La saison passée, l’équipe l’a sauvée de justesse, il a fallu attendre la dernière rencontre. Notre objectif est donc d’assurer le maintien le plus vite possible. La coupe, c’est autre chose. Hamdoullah, avec la bonne concentration des joueurs et leurs efforts, on a réussi à atteindre les quarts de finale. C’est vrai que c’est historique pour le club… de notre côté, on travaille, on gère match par match, tout se jouera sur un seul match, on doit être prêt sur tous les plans. Il y a aussi le facteur chance… ce sont des matchs de coupe.
En championnat, vous n’êtes qu’à sept (7) points du podium. Une belle performance…
El Hamdoullah… certes, ça nous met à l’aise pour la suite du parcours, mais on doit travailler plus et on doit rester concentrés. Il est important de donner de l’importance à tous les matchs et respecter tous les adversaires. Bon, notre premier objectif c’est le maintien, mais si on peut atteindre le podium, pourquoi pas ?
Vous pensez que le coup est jouable ?
Si on parle football, on a toutes nos chances. Mais on ne doit pas se mentir, la tâche n’est pas facile. N’oubliez pas qu’on va affronter des équipes qui luttent pour leur survie, d’autres qui aspirent au podium, et d’autres qui visent le titre. Mais comme on dit, dans le football tout est possible. On fera donc tout pour réaliser une saison pleine et honorable.
Vous jouez demain en coupe face à l’USMA et vous enchaînez avec le championnat face au CRB le 19 avril, ce n’est pas un peu serré ? Comment allez-vous conduire cette période ?
C’est vrai que les deux dates sont proches… on est obligé de gérer. On va miser sur la récupération, on pourra même faire tourner l’effectif. On avait des difficultés sur le plan effectif en début de saison, les joueurs n’étaient pas qualifiés, on avait des blessés… on complétait le groupe avec les espoirs. Mais aujourd’hui on a le choix. Dieu merci, les blessés sont revenus. Il y a le trajet qui sera très fatigant. On ira à Annaba par route, après, on rentrera à Alger… ce n’est pas facile, mais on essaiera de bien récupérer avant le CRB.
Il reste huit (8) journées, comment se trouve le groupe physiquement ?
On ne trouve pas de difficultés durant les matchs, on termine nos parties le plus normalement du monde, et c’est tant mieux pour nous. C’est vrai que ces deux matchs sont assez proches…mais attendons de voir l’issue du match de coupe, on verra… on choisira les joueurs les plus aptes à jouer.
Vous affrontez l’USMA en quart de finale, de belles retrouvailles, n’est-ce pas ?
Oui, bien sûr… c’est un club où j’ai passé plusieurs années, à chaque fois qu’on affronte l’USMA, c’est toujours l’occasion de retrouver les anciens du club. Ma relation avec l’USMA est toujours bonne, El Hamdoullah… c’est toujours un plaisir. C’est un match de coupe, on va essayer de se donner à fond.
Un match difficile ?
L’USMA est sur une bonne phase, elle fait de bons résultats. Ils sont qualifiés en coupe d’Afrique, moralement ils sont au top. Ils reviennent en championnat et enchaînent les victoires. Un match qu’on doit bien préparer. Nous aussi, on garde nos chances, on n’est qu’à deux pas de la finale. On fera notre maximum Inch’Allah.
Votre victoire en championnat face à la JSK (1-0) a précipité le départ de l’entraîneur Aït Djoudi. Un mot sur cette triste situation à Tizi…
C’est malheureux qu’un club comme la JSK, un club qui a représenté toute l’Algérie. Il est en difficulté, mais il peut revenir… l’essentiel sera de sauver la saison. Il faudra penser dès maintenant à préparer la saison prochaine. Le club a les moyens, mais il reste la gestion, savoir choisir les gens et les joueurs. Même avec Mobilis, pour jouer le titre, il faudra s’entourer de personnes à la hauteur et capables, qui travaillent pour l’intérêt du club. Et il faut surtout de la patience. Il faut aller chercher cette stabilité qui manque depuis des années. La JSK a de tout temps joué pour les titres.
Je comprends les supporters, mais une grande équipe, ça ne se construit pas du jour au lendemain… il ne faut pas mentir et faire de fausses promesses aux supporters. Mais ça va venir « Inch’Allah », la JSK a les hommes pour ça.
Avec cette bonne dynamique, dites-nous comment est l’ambiance à Biskra…
Malgré les difficultés qu’on a connues, les supporters ont été compréhensifs, par rapport à la situation financière très difficile… A vrai-dire, on travaille avec le strict minimum, pratiquement avec rien. On joue avec aucun sponsor sur le maillot, à part les matchs de coupe, avec Mobilis. On attend toujours des aides de la Wilaya et de l’APC. Mais malgré ça, les joueurs sont là, ils sont conscients, travaillent avec sérieux et se donnent à fond. On n’a jamais connu de grève… c’est comme ça qu’on a pu créer une certaine stabilité.
Passons à l’équipe nationale. En janvier, vous aviez déclaré que nous étions capables de remporter la CAN, vous étiez parmi les plus optimistes. La suite a été choquante…
On avait une équipe capable de remporter cette coupe, on était confiants, que ce soit par rapport à l’équipe, l’entraîneur ou le staff. Tout le monde était à la hauteur. Malheureusement, à cause de certains paramètres, les choses ne se sont pas passées comme prévu, Allah Ghaleb. Le manque de rendement… n’oublions pas, aussi qu’on a été lésé par l’arbitrage à plusieurs moments. La VAR… des penaltys qui n’ont pas été sifflés… un penalty, ça change le cours d’un match ! Certains joueurs n’ont pas été à la hauteur… En tous les cas, on a tous été choqués. Le jour du tirage au sort, on a tous dit que c’était un groupe facile. Sur le papier, on était meilleurs, mais on n’a pas joué comme on a l’habitude de le faire. Ce n’était pas la vraie image de l’équipe nationale. On aurait joué avec 50% de nos capacités, on serait allé loin dans la compétition.
Êtes-vous confiant pour la sélection version Petković ?
Le nouveau sélectionneur, je pense qu’il a un CV intéressant et qu’il a le bagage nécessaire… mais il faut du temps. Il vient de commencer, il faut être patient. On a de très bons jeunes qui ont de grandes qualités et qui sont là pour plusieurs années, un bel avenir attend la sélection. Avec le travail, la stabilité et la patience surtout, cette équipe va progresser et revenir à un haut niveau, Inch’Allah.
« Notre premier objectif c’est le maintien, mais on ne lâchera pas le podium. On fera tout pour réaliser une saison pleine et honorable »
« En coupe d’Algérie, mes joueurs sont restés concentrés, c’était leur point fort. Cette qualification est historique pour le club »
« Ma relation avec l’USMA est toujours bonne, Hamdoullah. C’est toujours un plaisir de retrouver les anciens »
« Avec les bonnes personnes, la JSK reviendra Inch’Allah. Une grande équipe, ça se construit, il ne faut pas vendre des rêves aux supporters »
« En Côte d’Ivoire, on aurait joué avec 50% de nos qualités, on aurait fait un meilleur parcours »
« Avec le travail, la stabilité et la patience surtout, l’équipe nationale va revenir à un haut niveau Inch’Allah »
N. S.
