Cette saison, la JS Kabylie vise à jouer les premiers rôles, en s’appuyant sur une reconstruction progressive de l’équipe, un travail collectif et une gestion stable, en exploitant les opportunités offertes par le nouveau stade et les ressources mises à disposition. C’est ce que nous a confirmé l’entraîneur adjoint des Canaris, Farid Zemiti. Dans cet entretien, l’ancien coach du NAHD et de l’ESBA fait le point sur la progression de l’équipe, les attentes du public et d’autres sujets de l’actualité du club kabyle.
Entretien réalisé par Nasser Souidi
Pour commencer, dites-nous quels sont les défis et les objectifs de la JSK cette saison ?
C’est jouer les premiers rôles, ça, c’est clair. Un club comme la JSK ne peut jouer que les premiers rôles. Tout a été fait, tout a été préparé pour atteindre cet objectif. Maintenant, c’est vrai qu’on parle d’objectifs, mais c’est sur le terrain qu’il faut le réaliser. On peut être champion sans jouer, mais sur le terrain, c’est autre chose. Donc la JSK, je le dis et le redis, ne peut jouer que les premiers rôles.
Les attentes sont immenses, surtout avec le nouveau stade…
C’est clair, c’est clair. C’est vrai que c’est un joyau, et ça fait plaisir de jouer dans un grand stade comme ça. Mais un club comme la JSK mérite d’avoir un stade aussi beau que ça. On a treize nouveaux joueurs, il fallait donc être patients, parce qu’on est en plein dedans. On est en train de progresser de match en match, mais c’est vrai que le public est exigeant, c’est normal. Mais bon, c’est notre travail, il faut qu’on se donne à fond, pour inch’Allah atteindre les objectifs tracés. La JSK, c’est un passé que tout le monde connaît. C’est un club à titres, donc il faut tout faire pour réaliser quelque chose cette année.
Comment évaluez-vous le parcours de la JS Kabylie depuis l’entame de la saison ?
Je dirais qu’il est moyen. On a perdu deux matchs, ça nous a fait beaucoup de mal, surtout à domicile, mais hamdoullah on a repris. C’était difficile, mais on a tout fait, on a enchaîné avec une victoire. L’équipe est en pleine reconstruction, il faut du temps, mais hamdoullah, comme je disais, on s’améliore de match en match.
Techniquement parlant, quelles sont les principales raisons de vos difficultés depuis le début de la saison ?
On est toujours à la recherche de la cohésion, ça ne se fait pas du jour au lendemain. C’est vrai qu’on a gagné des matchs, et les victoires amènent la sérénité et la confiance au sein du groupe. On est en train de tout faire pour gagner et inch’Allah aller le plus loin possible.
En parlant de dynamique et de complémentarité avec le coach, comment se passe votre collaboration avec Abdelhak Benchikha et quelles sont les forces de cette relation dans la gestion de l’équipe au quotidien ?
Cette relation ne date pas d’aujourd’hui, ça fait plus de trente ans qu’on est ensemble. Abdelhak, c’est quelqu’un de très sympathique humainement, on est très proche. Là où il est passé, il a laissé son empreinte, ce n’est pas aujourd’hui qu’on va dire quoi que ce soit sur Abdelhak Benchikha. C’est un entraîneur confirmé, il l’a si bien fait en dehors de l’Algérie. Inch’Allah les supporters vont être patients avec nous, et à la fin, on sera tous contents de ce qu’a fait Benchikha.
En termes de ressources humaines et matérielles, comment évaluez-vous la gestion du club ?
La direction nous a mis dans de très bonnes conditions, sincèrement, on ne manque de rien. Justement, je la félicite pour son soutien, son dévouement, elle est constamment derrière nous. Maintenant, c’est une question de temps, inch’Allah, au bout, on gagnera, pourquoi pas, un titre.
La JS Kabylie est aussi un club formateur. Comment gérez-vous l’intégration des jeunes dans l’équipe première ?
Notre souhait, bien-sûr, c’est d’avoir de bons joueurs. On ne peut pas tourner le dos à un bon joueur. On est là, les portes sont ouvertes. Les jeunes joueurs ont toujours eu leur chance, inch’Allah ils l’auront encore, mais il faut qu’ils travaillent beaucoup eux aussi. On donne l’occasion à des joueurs qui ont une marge de progression intéressante. Voilà, c’est comme ça qu’on travaille.
Comment est l’ambiance à Tizi ?
Très bien, très bien. On est serein, on travaille dans la sérénité. On a fait match nul contre l’USMA, mais c’est ça le football. Mais hamdoullah l’équipe commence à trouver ses repères, inch’Allah la JSK fera mal à l’avenir.
Comment allez-vous gérer la trêve ? On parle d’un stage à Alger…
Nous avons six joueurs en sélection militaire, en plus de Lahlou Akhrib en U20. Pour ce qui est du lieu du stage, c’est au coach d’en décider.
Cette trêve est tombée au bon moment ?
Au contraire, on voulait continuer à jouer et enchaîner, parce qu’on a retrouvé le rythme. On a quand-même une quinzaine de jours sans compétition, c’est un peu difficile. Mais bon, on doit s’y faire, on n’a pas le choix.
Quel est votre regard sur cette nouvelle saison footballistique, en termes de programmation ?
Le programme est bien établi et bien respecté, avec un match chaque semaine, mis à part cette trêve forcée, mais on n’a pas le choix…
Que pensez-vous de l’EN version Petkovic ? Êtes-vous confiant ?
Très confiant. N’oublions pas qu’on est déjà qualifié pour la prochaine coupe d’Afrique avant la fin des éliminatoires. Cela veut dire que c’est un entraîneur qui travaille, qui voit juste et sait ce qu’il fait. A chaque fois en seconde mi-temps il y a un changement radical, à chaque fois gagnant.
Comment jugez-vous la participation des clubs algériens en coupes africaines ? Êtes-vous de ceux qui pensent qu’on n’a pas encore atteint le haut niveau africain ?
Le problème est très clair. C’est une question de stabilité. Si à chaque fois tu as deux ou trois entraîneurs par saison, si ce n’est pas plus, c’est difficile. Parce que réellement, il n’y a pas de différence de niveau. Il y a aussi le recrutement, dans les grands clubs africains, on ne recrute pas autant de joueurs, comme cela se fait chez nous. L’Espérance de Tunis, Mamelodis Sundowns, le Ahly du Caire… ne recrutent pas dix, douze joueurs. C’est deux ou trois joueurs ciblés, des joueurs clés. Hamdoullah, aujourd’hui on a les stades, c’est une chose très importante. Maintenant, il faut passer à autre chose, il faut être stable et être prêt à aller plus loin en Ligue des champions, et pourquoi pas la coupe du monde des clubs.
On est également en retard par rapport à ce qui se fait dans la formation, dans ces clubs, n’est-ce pas ?
C’est vrai qu’ils ont progressé et qu’ils travaillent, et à la base ils sont présents. Mais les clubs qui sont à chaque fois en finale en demi-finale, c’est grâce à leur équipe senior, leur locomotive, parce qu’ils ramènent de bons joueurs. Mais c’est vrai que la formation, c’est très important au niveau d’un club qui veut aller loin.
Vous n’êtes pas concerné par ce club, mais étant un enfant de ce club, nous nous permettons de vous poser cette question : pourquoi le NAHD ne parvient-il toujours pas à sortir la tête de l’eau ? Que se passe-t-il ?
C’est très simple, on vient de le dire, il n’y a pas de stabilité au niveau du NAHD. A chaque fois, il y a deux, trois entraîneurs qui sautent. Alors là quand on parle d’effectif, à chaque fois il y a du nouveau. En plus, il y a un problème de gestion et de financement.
Avant de se quitter, un message pour les supporters kabyles ?
Je l’ai dit déjà à maintes reprises durant les points presse : les supporters de la JSK aiment bien leur équipe, ils nous ont toujours soutenus, il faut qu’ils soient derrière leur équipe, parce que leur équipe est en pleine reconstruction, à force de jouer et s’améliorer, inch’Allah on fera tout pour les satisfaire.
N. S.
« La JSK, c’est un passé que tout le monde connaît. Un club comme la JSK ne peut jouer que les premiers rôles »
« Là où il est passé, Abdelhak a laissé son empreinte. Il l’a prouvé même à l’étranger »
« Sans stabilité à la barre technique et sans recrutement ciblé, ce sera difficile d’aller loin en Ligue des champions »
« Petkovic sait ce qu’il fait. Jusqu’à maintenant, il mène bien la barque »
